CHAPITRE II
progressive , de sa décomposition dans nos lan çuesj en quoi consiste précisément Ténoncé du jugement; comment il se trouve effectué sans qu'il y ait de siçne destiné spécialement à cet usage ; pourquoi 1 adjectif est insuffisant pour produire cet effet , et pourquoi il est produit dés que le verbe est à un mode aéGnil En un mot , ce peu de pages renferme toutes les bases de la théorie du discours, et la solution positive ou implicite d^une foule de questions qai ont partagé les grammairiens et qui ne les ont tous embarrassés que parce qu'ils n'avaient paj parfaitement démêlé ce que c'est que'l'acte intellectuel appelé jugement. Dans notre manière de le considérer, tout s'explique de soi-même et sans embarras , et cela prouve , je crois y que nous avons atteint la vérité sur ce point capital fi). Résumons-nous donc, et rassemblons les princi])ales conséquences que nous avons tirées de ce premier fait.
L'acteintellectuel appelé jugement, consiste à sentir une idée et à sentir une autre idée dans celle-là.
L'énoncé du jugement , la proposition , doit donc renfermer l'expression d'une idée représentée comme existante par elle-même, c'est-âdire sous forage substantwe ou nominale , et l'expression d'une antre idée représentée comme existante dans celle-là , c'est-à-dire sous forme adjectwe ou attributive, Cest le sujet et l'attribut.
Ce seul exposé nous montre que l'expression de chacune de ces deux idées , pour être complète,
(i) Noos en aurons encore de nouvelles preuves dans la Jogiqocp où nous verrons que tette juste appréciation du jugement nous fera trouver tout de suite les caractères et les causes de la eertitude . et les moyens d'y parvenir.
Joit ivnferïner l'idée d'existence, puisque Tune doit être reprësente'e comme existante d'une matmère , et l'antre comme existante d^une autre.
Pour le sujet , point de difficulté'. La forme substantiye ou nominale renferme toujours l'idée d'existence; car dire qu'une idée a tel nom , est nommée de telle manière , c'est dire implicite-' ment qu'cllp est, qu'elle existe. D'ailleurs, dans nos langues scrupmeusement exactes, jamais un siTbstantif n'est employé comme sujet d'une proposition , que l'étendue de l'idée qu'il représente , si elle est susceptible d'augmentation ou de diminution, ne soit déterminée par un article. Or, dire avec précision comment existe une idée, c'est dire encore plus positivement qu'elle est existante , que si on ne faisait que la nommer. Si donc nos substantifs, ou noms, n'ont pas différens modes et difierens temps comme nus verbes, c'est qu'ils sont toujours au mode énonciatif et au temps présent. Le signe d'une idée existante par-elle-méme n'est susceptible que de ce mode et de ce temps.
Pour l'attribut, il y a une remarque a faire. Nos mots appelés adjectifs représentent une idée comme privée de l'existence propre et absolue qu'elle a dans le substantif dont ils émanent ; mais ils ne disent pas positivement qu'elle ait une existence relative. Par la ils se trouvent ne plus renfermer l'idée d'existence 5 ils nous mon* trent l'idée particulière qu'ils signifient conune destinée a exister dans un sujet , comme devant y exister , mais non comme y existant positivement. Ils ne sont donc pas l'expression complète d'un attribut j ils ne peuvent pas à eux seuls exprimer un attribut. On a raison de les appeler