‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 14 sur 93 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

Se comprends néanmoins qu^en convenant de tout ce que je Tiens de dire de ces pronoms , et qui me semnie incontestable, on pourrait soutenir avec avantage que de tels mots ne sont ni des noms ni quasi des noms; que leur fonction étant d'ajouter aux vrais noms des idées une détermination qui leur manque , celle de leur relation avec l'acte de la parole, ils jouent le rôle de modifîcatifs j que ce sont des adjectifs de personne , comme d'autres sont des adjectifs de qualité ou de quantité ; qu'à la vérité , l'usage autorise de sous-cntendre, le plus souvent, le substantif, quand on emploie les adjectifs de la première et de la deuxième personne, et, au contraire, à sous-entendre l'adjectif personnel quand il s'agit de la troisième personne^ mais que, dans tous les cas, l'un et Tautre sont suppléés par la pensée , et tous deux nécessaires à son expression complète ; qu'ainsi les noms ou pronoms personnels sont de vrais adjectifs.

J'avoue que je ne m'éloigne pas de cette conclusion, et je répète que peu m'importent les classifications, pourvu que les fonctions soient bien connues; mais ce qui m'a fait parler de ces mots dans cet article , et ce qui me fait préférer de les classer parmi les noms, c'est que dans l'usage ordinaire ils en ont le caractère réellement essentiel , celui de représenter des idées isolées et désignées comme ayant dans notre esprit une existence propre et absolue, et de pouvoir par conséquent être les sujets de nos propositions. •

11 y a plus, c'est que si l'on recherche la filiation des idées , il me paraît extrêmement vraisemblable que ces noms de personne ont été des premiers, et i>eut-étre absolument les premiers qui

aient été inventés. En effet , dès qu^on a eu eiprimé par un cri , par une exclamation , un sentiment , une passion , un niouTement de Tâme quelconque , il me semble que le premier besoin qui s'est fait sentir a dû être de spëciGcr qui réprouvait et à qui il s'adressait j et je suis trèsporté à croire qu'on a dû inventer un cri, na geste, un signe quelconque, en un mot, quelque chose d'analogue à je et k tu, avant d'avoir songé à donner des noms à la plupart des objets environnans, peut-être même avant d'en avoir nommé aucun.

Quoi qu'il en soit , voilà que nous avons examiné le second élément de la proposition , ou plutôt le premier qu'on découvre quand on la décompose. C'est le signe qui en représente le sujet, c'est Itf nonif et sous cette classe nous avons renfermé, outre les noms ordinaires, les noms des personnes , ou pronoms personnels , et nous avons reconnu ce qui leur est particulier. Passons actuellement au second élément de la proposition qui est nécessaire à sa décomposition. Nous avons déjà vu que c'est le verbe , et que lui seul , avec le nom , est élément réellement nécessaire. Cela va devenir encore^ plus clair.

PARAGRAPHE m.

Des p^erbes et des Participes^

Continuons la décomposition delà propoiition. Elle renferme un sujet et un attribua , c'est-àdire une idée sentie exister dans netre esprit , et une idée sentie exister dans celle-là; son premier état est d'être exprimée toute entière par un seul signe j l'interjection comprend le sujet %t

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