‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 18 sur 93 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

PARAGRAPHE lY.

Des yifijectifs et des jirticles.

Nous ayons trouve dans les mots qui composent les langues parlées , les interjections qui ex priment des propositions tout entières : les noms et pronoms qui expriment les sujets des propositions , et les -verbes qui expriment les attributs de ces mêmes propositions. Ainsi, nous avons dëjà reconnu tous les élëmens nécessaires du discours, n nous reste à voir ceux qui , sans être absolument indispensables , sont néanmoins fort utiles. Parmi ceux-là , ceux qui tiennent le premier rang , et qui vraisemblaolement ont été inventés les premiers, ce sont les adjectifs. Ils ont deux fonctions, celle de modifier les noms et pronoms, et, par conséquent, de multiplier le nombre des sujets de proposition réellement distincts ; et celle de se joindre au verbe étant , et , en le modifiant aussi, de former avec lui toutes sortes de verbes composés , toutes sortes d'attributs différens. Ils seraient donc mieux nommét des roodificatifs que des adjectifs^ car ils n'ajoutent pas toujours à l'idée première, souvent ils retranchent ou restreignent, mais toujours ils modifient. Au reste, jomdre à une idée, même une restriction, c'est encore ajouter un élément de

S lus dans sa composition ; ainsi , la dénomination 'adjectif peut être approuvée.

Il est sans doute impossible de déterminer précisément la génération de chacun de ces adjectifs, et d'affirmer positivement s'ils ont été formés d'un nom ; en substituant seulement la forme adjective à la forme subjective, ou d'un Terbe , en

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retranchant Tidec «Texistence. Mais on peut as> siirer , en gênerai , qu^on n^a imagine' les adjectifs qii^aprés avoir fait usage de noms et de verbes ; quoiqu^ensuite de nouveaux noms et de nouveaux verbes puissent être nës de certains adjectifs. C'est ainsi que les langages vont toujours se perfectionnant et se raffinant par une multitude d^additions successives , dont les dernières réagissent sur les premières , en se combinant avec elles pour former de nouveaux composes; et cela en proportion de nouvelles idëes qui s'engendrent dans nos têtes, lesquelles s'y lorment par les mêmes moyens et de la même manière , comme nous l'avons vu dans la première partie.

Les adjectifs ou modificatifs se partagent en deux classes très-nlistinctes; et cette division est fondée sur ce qu'il y a deux manières de modifier une idée, savoir, dans sa compréhension ou dans son extension.

La compréhension d'une idée consiste dans le nombre des élémens qui la composent , dans celui des idées, dont elle est formée ou extraite. Son •xtension consiste dans le nombre des objets auxquels elle est appliquée actuellement, parmi tous ceux auxquels elle convient, et dans fa manière dont ils sont considérés. Ainsi , les adjectifs, pauure , faible ^ maigre, modiQent une idée dans sa compréhension; car, si je les joins à l'idée homme,, j'ajoute à toutes lés idées qui composent cette idée nomme , les idées de pauvreté, de faiblesse , de maigreur , crui n'entrent pas nécessairement dans sa formation.

Au contraire , les adjectifs le, ce, tout , un , plusieurs, chaque, quelque, eertain ( quidam), et autres semblables , modiiient une idée dans

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