CHAPITRE III
son extension ; car si je les joins à cet le même idée homme , ils la de'ferminent à être a|>plique'e aux iniiiyidus à qui elle peut convenir * ou d'une manière indéfinie, ou avec pre'cision , ou collée* tivement, ou distributivement, ou en totalité, oo partiellement.
Il est même à remarquer que dans nos langues exactes on ne modifie point une idée dans sa compréhension , qu'auparavant on ne l'ait modifiée dans son extension , c'est-à-dire que l'on n'ait scrupuleusement déterminé l'étendue et le mode de cettf extension , dans le cas particulier dont on veut parler. Ainsi, vous ne joindrez pas l'adjectif pauurm à l'idée homme, avant d'avoir exprimé a quels individus ce mot s'applique; TOUS ne direz pas homme pauvre , mais Vhomme pautnvy ovt tout homme pauvre , ou certain homme pauvre^ etc., etc.; car avant de rien ajoutera une idée, il faut l'avoir rigoureusement cifconscrite , .sans quoi ni l'idée première, ni celle qu'ion y ajoute ne peu vent faire un tout bien déterminé.
De même , et par la même raison , il faut également prendre cette précaution avant de faire d'une idée le sujet d'une proposition , avant de lui donner un attribut; car cet attribut pourrait fort bien lui convenir dans un certain mode de son extension , et ne lui pas convenir dans un autre. Ainsi on peut dire cet Iiomme est m.alade, et -on ne pourrait pas dire tout homme est malade; aussi voyez-vous qu'aucun nom n'est le sujet d'une proposition sans être accompagné d'un de ces adjectifs de la seconde classe , a moins toutefois que Textension #e ce nom ne sôit su.sceptible d'aucune variation, comme celle des noms propres
OU des noms de personne , qu'on appelle pronoms personnels (î).
Par une conséquence des mêmes causes, un nom peut être quelquefois employé dans un attribut, sans qu'il soit besoin de déterminer son extension, parce qu'alors l'extension du sujet décide de l'extension de l'attribut. Ainsi l'on peut dire Vhomme est animai, cet homme est planter^ certains hommes sont machines , car l'extension Tague de ces mots animal, plante , machines , est déterminée par le sujet. Ces noms sont alors dans
qui leur soit propre ; ils n'en ont pas d'autre que celle du nom auquel ils se rapportent.
Par une suite des mêmes considérations , il y a encore une circonstance où un nom peut être employé comme partie d'un sujet ou d'un attribut, sans aucune détermination de son extension, c'est lorsque cette extension ne fait rien au sens et que sa compréhension seule y contribue. Ainsi on dit , un homme éleué av^c soin , fai été reçu
( i ) Le nom propre ne «loit jamais être accompagné de aemlilables adiectifs. Il v a cependant deux cas dans notre langue où cela lui arrive;! un, quand on remploie au pluriel, comme quand on dit : les Desga.rtes , les Newton i mais alors il est reellement employé comme nom général, comme nom de classe.
L'autre, quand il est modifié par un adiectif de la première classe ; ainsi on dit : ANTOlifi; A DIT cela , et on dit : le bon Antoine, le pauvrc Antoine a dit cela; mais dans ce second cas , il me semble que c'est vmiment sans raison que l'usa^ le décide ainsi ; car quoique la compréhension du mot Antoinesoit modifiée , son extension n'en ei$i>as moins fixe , et n'a pat, pour cela, besoin d'être déterminée d'une manière plut particulière que dans toute autre cii'constance.