‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 20 sur 93 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

atfec politesse , parce que dans ce cas Pextension des noms soin et politesse est indifférente j on f eut dire seulement , un homme élei^é d'une manière soignée , pai été reçu d'une façon polie. Aussi, comme nous le verrons bientôt, a-t-on inventé des mots pourexi)rimer ces circonstances par un seul siene invariable , dont Fextension n'est susceptible ni d'augmentation ni de diminution. l>>utefois, si ces noms employés comme parties d'un sujet ou d'un attribut Œïivent être eux-mêmes modifiés dans leur compréhension, ils rentrent dans la régie générale , et il faut auparavant que leur extension soit déterminée.

Ainsi , on ne peut pas dire , un homme élef^é auec soin recherché t y ai été reçu at^ec politesse qui nCa charmé : il faut avec un soin , avec une politesse. Voilà ce que nous avions à remarqueiT sur l'extension et la compréhension des idées.

Il y a donc des adjectifs de deux genres trèsdifférens : ceux qui modifient les idées dans leur compréhension , et ceux qui les modifient dans leur extension. Les premiers, outre qu'ils modifient les noms, peuvent aussi modifier le verbe être , et former avec lui tous les verbes composés^ mais les derniers ne peuvent modifier que les noms , parce que les noms sont les seuls signes qui aient une extension qui leur soit propre.

Je sais que parmi ces adjectifs que j'appelle déterminatifs, il y a beaucoup de mots que Ton range orcknairement dans difl'érentes classes ; le* uns sont nommés des pronoms , d'autres des noms de nombre, d'autres des adjectifs tout simplement, d'autres, enfin , des articles, et ce sont ceux-là seuls à qui l'on attribue les .propriétés que je reconnais dans tous. Mais , encore une fois,

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peu m'importe les d^ominations. 'Puisque tous remplissent des fonctions du même genre, et n'en remplissant pas d'autres , ils sont de même nature , et je me sens obligé de les réunir.

Cette manière d'envisager les adjectifs déterminatifs décidé tout d'un coup cette grande question, de savoir si les Latins avaient ou n'avaient pas d'articles ; car, comme il est évident que souvent leur pronom ille sert & déterminer l'extension d'un nom , et non pas à le remplacer, •et que beaucoup d'autres de leurs adjî^ctifs ou pronoms font le m^me effet, ainsi que les nôtres, il est manifeste qu'ils avaient des articles, si l'on appelle cela des articles; et toiit se réduit a dire que dans l'usage , souvent ils négligeaient de déterminer l'extension de noms qui peut-être en avaient besoin , tandis que nous , nous prenons souvent cette précaution dans des cas où nou; pourrions nous en passer. Quelquefois les uns manquent d'une exactitude rigoureuse, et quelquefois les autres disent des mots inutiles ; mais les uns et les autres emploient les mêmes procédés principaux pour exprimer leurs pensées , et ont les mêi&es élémens du discours pour y parvenir.

Quoi qu'il en soit, voilà je crois la naissance , l'usage et la distinction des deux espèces d'adjectifs qui existent dans toutes les langues ; il reste seulement à remarquer que la plupart de ceux de la seconde espèce ont dû être les derniers inventés, car la grande justesse de l'expression ne peut être que l'effet de perfectionnemens succes- «ifs ; et il nous sudira d'ajouter que tous ces adjectifs doivent également suivre toutes les variations de genre de nombre et de cas des noms auxquels ils se rapportent ; car les idées qu'ils expri-

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