PARAGRAPHE Y
Des Prépositions,
£a snivant méthodiquement et gradueUement la gënération des signes de nos ide'es, nous voici amrés â un élément du discours qui est extrêmement remarquable ; non-seulementil joue un rôle très-important qui lui est propre , mais il entre comme élément clans la formation et la signification de presque tous les autres avec lesquels U s'incorpore et dont U devient partie intégrante. n est donc sinon absolument nécessaire, du moins bien essentiel.
En effety avec des noms, le verbe être et des adjectifs, il semble ç^u'à la rigueur on peut rendre toutes ses idées , puisque le discours n'est jamais composé que de propositions , les propositions que de sujets et d'attributs, et qu avec ces seuls moyens on peut former tous les sujets et tous les attributs que l'on veut (i). Cependant, il faut
(1 ) J'obaerve çiu'oii en pourrait dire autant des interieclions elles-mêmes , si on en ayait une distincte pour chacune de toutes les propositions ima^nables. Elles seules suffiraient sans doDte, mais qui les imaginerait, les retiendrait et les comprendrait? ce n'est point ainsi qu'opère Tesprit humain. Avec un petit nomhre d'élémens pnmitu8,il forme successivement tontes ses idées composées et tous ses signes «•inposés , et c'est ce qui Eût que les idées s'enchaînent entre elles et les signes en* tjre cnx j qu'une idée se lie à une autre idée et un signe a un au» tre signe, et que les uns et les autres se nippellent mutuellement.
prendre carde qae si le verbe être a toujours un sens abs<Mu, et n'a jamais besoin d'aucun com-
S liment, et si tous les jautres verbes qui tiennent e lui toutes leurs proprie' tes sont dans le même cas, en tant que verbes, et par conséquent n'ont point ^ece que l'on appelle régime, comme nous l'avons déjà observe , il n'en est pas de même des noms et des adjectifs. Beaucoup des uns et des autres expriment des idées qui ont tantôt un sens absolu, tantôt un sens relatif, c'est-à-dire nn sens quT indique le besoin de leur adjoindre le nom d'une idée pour former -ensemble une idée complète. Par exemple, on peut bicai dire, un bonjrult est une bonne chose , et le sens est complet; mais on peut vouloir dirt, le fruit de tel arbre est bon k telle chose , et n'avoir pas un nom pour dire d'un seul mot le fruit de tel arbre y ni un adjectif pour dire d'un seul mot bon a telle chose en particulier. Pour rendre ces deux idées, ii faut donc avoir un moyen de lier le nom de cet arbre au mot fruit , et le nom de cette chose au mot bon» Ce besoin a dft se faire sentir de trèsbonne heure . lors de l'origine du langage , et suivre immédiatement l'invention des premiers noms et des premiers adjectifs.
Il Y a des langues^ qui remplissent jusqu'à un certain point cet objet, comme elles marquent les genres et les nombres par le moyen de ce qu'bn appelle les déclinaisons; c'esl-à-dire que, pdr certams ehangemcns de désinence appelés cas , elles indiquant quelques-uns des rapports des noms et