‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 22 sur 93 · CHAPITRE m. 7 S · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. 7 S

sont extrêmement multiplies; ainsi, les cas ne peayent exprimer qu'en général les priocipaux de ces rapports. Par exemple , le génitif indicmera généralement le rapport de génération et d'appartenance, le datif celui d'attribution et de donation, l'accusatif celui de tendance et de dépendance, etc. f etc.; mais cela ne suffît pas. Aussi, dans toutes les langues, même dans celles qui ont des cas, on a senti le besoin de mots distincts, séparés des autres, et expressément destinés à cet usage (i). Ces mots sont un élément particulier du discours ; ils sont ce que l'on appelle des prépositions. EUes.sont en grand nombre, ces prépositions , et encore , dans aucune langue , il n'y en a autant que de rapports divers entre les noms ; mais chacune d'elles , par dérivations et par métaphore , a reçu une multitude de sens différens , quoicjue analogues, et elles suffisent ainsi à l'expression. 11 j a donc dans toutes les langues,. une ou deux exceptées, des prépositions telles que nous les connaissons en français , dont la fonction est d'unir un nom ou un adjectif à un autre nom qui lui sert de complément.

D^ailleurs, dans tes langues mêmes qui opèrent cet eâet par des déclinaisons, comment devonsnous considérer ces syllabes désinentielles qui forment ce qu'on appelle des cat? Pour moi, il m'est tré»-évident que ce sont de v éritables prépo-

(i) Exceptes cependant les langues hiaque et pëmrienne, dont les noms ont des cas si variés , qu'elle» n'ont point de prépoéitions, et qu'elles marquent, par des changemens de aésinenœ , tous le» rapports qui , -dans les autres langues , sont exprimes par des mots particuliers. Voyes le supplément à la Grammaire générale, par Froment, et IXncyclopédis méthodique, par Beausée.

Àtions : elles en ont le caractère et la fbnctîon , puisqu'elles marquent le rapport du nom auquel on les ajoute ayec un autre nom ou un adjectif. On me (ura que ces syllabes n'ont point de compWment ou de régime , comme les prépositions ordinaires ^ d'accord : du moins elles n'en ont point d'apparens, mais eUes en ont un réel : leur Téritable régime est le nom auquel elles sont jointes. Assurément , dans cupiâo dignitatum , di^nitas est vraiment le mot que la finale tum jomt avec cupido (i).

n / a plus; si l'on remonte à Tétat primitif de toutes les langues , que trouyera-t-on à leur origine ? Quelques cris plus ou moins articulés , que nous avons appelés interjections; quelques mots, la plupart monosyllabes , formés le plus souvent par onomatopée et servant de noms , voilà ce que nous y voyons (a). Comment considéreronsnous toutes ces syUabes qui ont été successivement sur-ajoutées aux signes originaires, qui forment tous les dérivés de ces radicaux primitifs, et au moyeu desquels les uns et les autres sont

(i) n n'est pas inutile d'obserfer ane c'est là le mofea que les honunes paniaaent aYoir imaginé le premier pour marqvr le rapport d'un nom avec nn autre; du moins, plus les langues sont anciennes et primitives, plus on y Toit des déclinaisons, et moins on y trouve des pn^sitions séparées. En effet, cet usage des syllabes désinentielles est un artifice tout-à-fait semblaole à celui par lequel on unit deux mots primitifs pour Uxmer un dérivé ou un composé, moyen dont on a dû se servir dès Torigine du langage.

(3) S'il s*agit de tout autre langage «{ne les langues vocales , on trouve de même quelques signes primitifs faisant les mêmes fonctions, dont ensuite tous là autres dérivent suivant les mémes lois.

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