CHAPITRE ni
jonctions : a Cette conjonction ( que ) fut emc prunt^e du primitif 4jhe ou ^uAe , qui signifiait ' « lien , cordon , puissance unitiye », et il aj(Aite : « On ne pouvait mieux en désigner la Taleur. » Cette réflexion est très-juste , et elle prouve que Gebelin regardait comme nous la conjonction ijue comme la conjonction par excellence. Mais quand même l'origine qu^il lui suppose serait incontestable , nous n'en serions pas plus avancés. Ce n'est pas Fétymolo^ie du mot qu'il s'agit de trouver, mais l'mvention de cette espèce Qu'élément du discours j et c'est ce dont les grammairiens paraissent ne s'être jamais occupés.
Condillac seul l'a cherché , dans le dernier chapitre de la première partie de sa Grammaire j et il croit l'avoir trouyé , parce qu'il dit que cette conjonction que vient de l'adjectif conjonctif oui , ^t que , pour l'avoir telle qu'elle est , il n'a lallu que prendre l'habitude d'omettre
3uelques mots. Mais ce n'est là que reculer la ifficulté et non pas la résoudre; car il resterait à expliquer comment on a ima^né un adjectif •conjonctif où un mot conjonctif .quelconque. Cest même renverser l'ordre des idées , puisque nous avons fait voir qu'un mot , quel qu^il soit , n'est jamais conjonctiïF que parce qu'il renferme cette conjonction fondamentale , base de toutes les autres. C'est donc la création de celle-là qu'il faut expliquer avant tout (i).
(i) Observes d'ailleurs qu'il nVst pas de Tessence de la conjonclion aue d'être un mot dé la même fan il le que r:id}cctif conionctii'; cela e»t toufours en français , mais cela n'est en latin (|Ucc|uandon se sert des conjonctions quod et fui'n. cl cela ne se trouve plus dans les occasions où Ton emploie les muts ut ou
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. On deyrait trouver des lumières , à cet égard dans les rudimens , où l'on donne des règles sur ce que Ton appelle le que retranché. H semble que Ton ne deVrait pas enseigner par qoellea rormes grammaticales dans telle langue ou dans telle circonstance on supplée à l'usage de la conjonction que , sans expliquer auparavant la nature et Peffet de cette conjonction. Mais aucuns ' ne remontent jusc[ue-4à : moins encore se mettent-ils en peine de rendre raison de la manière dont elle a pu être inventée.
Pour moi y je présume que c'est l'invention des prépositions qui a conduit â celle de la conjonction que. Il me paraît que ce mot conjonctif est une véritable préposition , à la Mule différence près que son antécédent et son conséquent sont toujours une proposition toute entière , au lieu d|étre simplement des parties de<|>ropo8ition. Des hommes accoutumés à dire, le Iwre dm Pierre f ou je vais à Paris , ayant à dire , je vois, vous étes'lh, ont dû facilement imaginer de dire, je vois que vous êtes là, pour marquer la liaison de vous étes^lk avec je vois. Peu importe de quel nom ou de quel adjectif primitif ils aient tire ce signe deliaison.Ce premier signe de liaison , entre deux propositions une fois trouvé, il a été aisé d'en imaginer d'autres qui ajoutent à sa sigifification principale et • fondamentale , celle d'une phrase accessoire sous-entendue qui y est jointe { or, ce sont-là toutes nos différentes conjonctions. Ensuite on en aura fait mille usages divers.
Au demeurant, quelle que soit la génération
ium. Dans une autre langue , cela peut fort bien ne jamais être ainsi ; et pourtant dans toutes il y a un ou plusieurs mots qui font les fonctions de notre mot f««.