CHAPITRE m
des conjonctions , je crois que nous avons bien m queue est la nature , le caractère et les fonctions de cet élément du discours ; quelles sont ses ressemblances et ses différences avec tous les autres , et qu*il doit être de la classe des mots inyariables , puisque comme eux il n'est ni un nom , ni un mot qui s'unisse directement à un nom en particulier dont il puisse suirre les variations. Je n'ai donc plus rien à remarier sur ce sujet : il ne me reste qu'à parler des qonjonctifs.
PARAGRAPHE Vm.
Des Conjonct\fs , ou Adjectifs^Conjonctifs,
Dé tous les hommes qui ont écrit jusqu'à pr^ sent sur la Grammaire , je crois être le premier qui se soit avisé de faire des conjonctifs un élément 'particii)ier du discours. Cependant , s'il est vrai que l'objet de toutes les classifications est de -reunir les choses semblables et de séparer celles qui différent essentiellement^ il me semble qu'on ne devrait grouper avec aucun autre un signe qui a des qualités et des fonctions aussi remarquables et qui lui sont aussi exclusivement propres..
Premièrement , les conjonctifs ne sont point des élémens simples et prunitifs du discours ; ils sont composés de deux elémens trés^stincts , et même extrêmement différens entre eux , et ils cumulent lesfonctiousdel'un et de l'autre, mais avec des modifications très-considérables.
Lé mot français qui , et tous ses dérivés , ainsi que tous ses analogues dans les différente^ langues , tient toujours la place de la conjonction
r)8 GRABIBIAIBE.
que et du mot le , soit qu'on yeuilie appeler celui-ci article ou adjectif déterminatif, supposant toujours un nom sous-entendu quand il n^st pas exprime, soit qu'on veuille le nommer prcnom , c'est-à-dire remplaçant de ce nom sousentendu (i).
Qui , c'est quelle , l'homme qui vous aime « c'est l'homme que-le ( homme ) tous aime.
Dontf de qui, c'est de que-le ; l'homme dont tous êtes aimé, c'est l'homme de que-le ( homime ) TOUS êtes aime.
Que ( conjonctif et non pas conjonction ), c'est que-le. L'homme que tous aimez , c'est l'homme que-le ( homme ) tous aimez.
Je considère dont et que comme le gé^nitif et l'accusatif de qui. Si cela est , c'est le seul mot français qui ait des cas j encore cette dëcHnaison est-elle hien irreguliéreet hien défectueuse^ mais je crois qu'on ne peut la méconnaître (a).
Lequel, laquelle ^ duquel, de. laquelle , etc. ,
fi) N'oublies pas que U e% H , le pronom et rarticle, sont la même chose ; c est le même ad|ectif d^rminatif. L'homme , c'est /« homme ; c'est l'idée komm» exprimée et déterminée dans son extension. Il , c'est la même idée homme , non exprimée, mais sous-entendue, et déterminée de mémel
(3) Effectivement , ((ui est ée tous les mots celui qui a le plus hesom de cas , puisque sa qualité de conjonctif fait (ju'il est né-^ cessairement placé au commencement de la phrase incidente , qu'il en soit le sujet ou le complément. Ainsi , ce ne peut pas être la plactt qu il occupe qm mapileste son rapport avec le verbe.
Cette remarque prouve bien ce que nous verrons par la suite, cQie les déclinaisons sont un moyen de syntaxe que Ton a inventé pour suppléer à la construction , et pour marcjuer les rapports que celle-ci n'indiquerait pas asses.