CHAPITRE m. ' lox
de CAS et de personne. Dans cette phrase, moi que vous aimez , je vous le rends , moi que vout €Ûme:z retient à ceci : moi que le moi vous aimez. Le premier moi est au nominatif et marque la première personne , et le second est à l'accusatif et est regardé comme étant un être dont on
Sarle, par «conséquent à la troisième personne ; 'où il arrive que qui se conforme en genre et en nombre à ce premier moi , qui appartient à une proposition j et en cas et en personne au second moi qui appartient à une antre proposition. G'est-là ce que ne fait aucun autre adjectif ou pronom.
D'ailleurs , qui par lui-même ne modifie ni la compréhension ni l'extension du nom auquel il se rapporte. C'est la proposition à laquelle il le joint qui produit cet effet , et qui est le véritable adjectif de ce nom. Qui n'est que le lien qui les onit; et en cela il est conjonction, avec les restrictions que nous avons vues.
De ces observations, je conclus que le conjonctif est un être à part ( sui generis ) \ que j'ai eu raison d'en faire un huitième élément du discours, et que j'^ai dû le placer après tous les autres, puisqu'il est formé de la réunion de deux d'entre eux, dont l'un (la conjonction) a dft être des derniers inventés, et n'est pas même strictement nécessaire, n'étant pas élément de la proposition. Je. ne sais si l'on goûtera ces motifs ^ au reste , permis à chacun de laisser le conj onctlf ^^arrni les adjectifs, de l'appeler même, si l'on veut, pronom, relatif. Je suis content si l'on trouve que j'ai bien démêlé son caractère , ses fonctions et sa génération ; si l'on reconnaît que tout cela dérive de l'observation que j'ai faite sur la conjonction que , et si l'on convient avec moi que cette con-
lO» GRÀMMAtRE.
jonction est le germe de toutes les autres (i). Ici finit ce que j'avais à dire sur la génération de» élcmens du discours ; il ne me reste pkis tpi'à me résumer.
Conclusion de ce Chapitre,
Je viens de faire une longue revue de tous le»: c'iémens du discours. Ce n'était point pour prea* crire des règles au langage, ni pour dissertes
(i) Je prie le lecteur de femarquer que quand je dis que la coD'ionction que est renfermée dans toutes les autres ; que les adjec* tifs-conionctifs sont formés de sa réunion avec le pronom on adjectif 1/ ou /« , et que tous ces mots lui doivent leur vertu con-jonctive , cela ne veut pas dire que la conjonction aue ait ët« \atpremière inventée, ni qu'elle ait <^ té en usage avant les adjectifsconionctifs. Les é^mologies grecques et latines prouvent le contnure , et cela citoit être : car on commence toujours par les comimsés avant d'arriver à leurs élémens.
Ainsi , il y a eu des interjections avant des verbes adjectifs , et des verbes adjectifs avant le verbe simple et les adjectifs amples ; mais cela n'empêche pas qu'il n'y ait un verbe 'renfermé dans une interjection , etnn verbe et un adjectif simples renfermés dans un verbe adjectif. De même, il y a i!u des interjections conjonctives et des adjectifs conjonctifs avant la conjonction fut , maiselleexiste dans les une» , réunie à une interjection simple, et dans les autres , réunie à un adjectif déterminatif simple ; du moins cela me parait évident.
dit des prepositions .qu'elles n* sont que des adjectifs rendns invariables ; et cela rend manifeste Ja similitude que j'ai établie entre elles et la conjonction fue, que j'ai regardée comme une proposition de prt'posilion. Ainsi , cette dérivation , bien loin d'être une objection contre ma manière de voir , est une preuve que j'ai bien uéméléia nature oe tous les mots'conjoncUfs.
Je demande grâce pour Ja longueur de cette note- C'est une réponse que j'ai cru devoir aux observations d'un savant très-estimabic . doDt les lumières m'ont souvent éclairé , et à l'avis du> quel jo suis fâché de ne pouvoir pus me rendre dans cette occa- {Pon-d.
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CHAPITBl: tll. io3
^yainiiient sur les difTerens usages qu'on en a fait : assez d'autres se sont occupes de ces objets. Je Tonlais rechercher ce que les signes sont aux idées , et comment ils naissent de nos opërattons intellectuelles; car c'est, ce me semble, ce que l'on n'a point encore assez fait. Voici , en peu de mots, le riésultat de ce que j'ai trouve'.
Certaines actions des hommes sont des suites nécessaires de leurs perceptions. Elles deviennent les signes certains de ces perceptions , aux ^e\t,\ des autres hommes.
Ces signes sont , ou des. gestes ou des cris. Nos perceptions sont , ou des impressions di-» rectes , ou des rapports perçus entre elles j ainsi , les gestes et les cris représentent, ou des idc'cs. isole'es , ou des propositions.
! Mais ce n'est point en commençant à sentir ^
I aa'on démêle ses idées et qu'on les isole. Ce sont a'abord les affections que nous causent nos s<ïn- I salions, dont nous sommes émus, et auquel noua ' obéissons. Ces affections sont des espèces de ju- I gemens que nous portons, et que nous maniies- I tons, sans en distinguer les parties. Ainsi, les ' ' premiers signes représentent des propositions tout entières : ce sont de véritables interjections.
Bientôt les hommes ont distingué dans ces perceptions composées , Tagent et le patient , la cause et l'effet , leur individu et les objets sur lesquels il agit, ou qui agissent sur lui; en un mot , le sujet et l'attribut. Ils ont représenté par > des signes les différens êtres et leur propre per» T sonne. Ces signes , ce sont les noms substantifs. < et les noms de personne ; ils ont exprimé les sujets des propositions , et les interjections n'en ont I plut représente que l'attribut ; elles sont de-
Tenues verbes . Voilà les noms et les verbes trouvas.
Giss yerbes expriment tons , que le sujet existe d'une certaine manière; ils disent donc tous qu'il existe. On en a imaginé un pour dire cela seul, sans exprimer aucune manière en particulier. C'est le verbe être. Avec ces moyens , on pouvait, à la rigueur, exprimer tous les sujets et tous les attributs possibles , c'est-à-dire toutes les idées existantes dans notre esprit, et toutes celles affirmées de celles-là , senties existantes dans celles-là. Ces signes sont les seuls absolument nécessaires , et les seuls qui renferment l'idée d'existence positive.
Cependant , au lieu de créer continuellement de nouveaux noms et de nouveaux verbes , on s'est avisé de se servir de certains noms, pour les adjoindre aux autres et au verbe être , et modifier par leur moyen , tous les sujets et les attributs des propositions. On leur a donné une nouvelle forme, pour marquer leur nouvelle fonction. Dans cet état, ces âiots n'expriment plus une idée comme existante , mais seulement comme pouvant exister dans une autre ; ils ne peuvent plus être ni sujets ^ ni attributs , mais seulement modifie atif s. Ce sont nos adjectifs.
Les premiers ont été imaginés pour modifier la comprébension des noms. Ensuite, on en a inventé d'autres pour modifier leur extension , et l'on s'est trouvé posséder tous ceux que nous connaissons, et tous ceux dont on peut jamais avoir besoin.
Voilà donc déjà un élément du discours audelà de l'absolu nécessaire. Cependant, on a encore trouvé commode d'avoir des mots, qui expri-
CHAPITBE m. tes
matsent certaines relations entre un nom et un antre nom ou un adjectif. On a destine â cet nsaçe des adjectif dont la signiGcation propre avait quelque rapport ayec cette fonction. Mais, par-là , ils ont change de nature. Ils ont cessé de se rapporter uniquement à un nom. Ils n^ont plus été liés à leur antécédent plus intimement qu'A leur conséquent. Ils ont dû demeurer invariables. Ils sont derenus ce que nous appelons des prépositions,
G*est donc encore un nourel élément du discours dont nous ayons trouvé la génération ; on s'en passe dans plusieurs langages, ou totalement ou en partie. On y supplée par des syllabes désinentielles , qui forment ce qu'on appelle des cas. Mais ces syllabes , ainsi que tontes celles .
3oi indiquent les variations de genre , de nombre, e mode , de temps , de personne , des noms , des adjectifs et des verbes , et toutes celles qui forment tous les dérivés des mots primitifs , ont la même origine que les prépositions proprement dites \ elles rendent un service presque semblable. Cest pourquoi nous les avons reeardées aussi comme des prépositions, à la seule différence prés, an*étant inséparables des signes qu'elles modioent , elles ne deviennent pas un élément du discours distinct des autres. Quoiqu'il en soit, voilà la naissance des frrepo«<<io/u expliquée ^ et leur» fonctions déterminées.
Bientôt , pour abréger, on a voulu exprimer par un seul signe une préposition avec tout son régime* On y a réussi le plus souvent , en ajoutant à certains adjectifs une des syllabes composantes cfue nous avons regardées comme des prépositions inséparables, et elles en ont fait des-
loS , GRAMMAIRE.
mots nouYçaux. Ce sont les adi^erbes. Us ne sont plus susceptibles de modifier directement les noms, mais bien les verbes, les adjectifs, et méme> d^autres adverbes. Par conséquent , ils sont derenus invariables, comme les propositions.
, Parmi ces mots devenus invariables , il en est un , le mot que , dont la signification oropre consiste à exprimer qu'un verbe dOpena d un autre. Par là , il joint nécessairement ensemble les deux propositions dont ces deux verbes sont les attributs. Le mot que est donc , par sa nature même, et sans convention expresse, une conjonction ; c'est lui qui donne naissance a toute cette classe de sisnes.
Les autres conjonctions sont de véritables interjections, des mots qui expriment des propositions tout entières ^ mais des propositions telles ^ -que la conjonction que s'y trouve toujours renfermée deux fois ; en sorte que c'est de cette conjonction que toutes les autres tiennent leur qualité de conjonction.
Enfin, cette conjonction que , réunie dans un seul mot avec l'adjectif déterminatif le, produit encore un autre élément du discours , que j'ai appelé conjonctify ou adjectif-conjonctif. Ces cobjonctifs cumulent , Jusqu'à un certain point , les propriétés des conjonctions et celles des adjec-r. tifs , de manière que ce sont eux qui servent de lien entre toutes les propositions incidentes et le nom qu'elles modifient. On sent bien qu'il doit y en avoir dans tous les langages un peu perfectionnés .
^ Tels sont, non-seulement tous les élénieuâ du discours dont nous faisons usage; mais encoro