DE XA SYNTAXE
Si nous avions un signe unique et distinct , pour chacune de nos impressions reçues, pour chacun de nos jugemens portes , et pour chacune des affections de plaisir ou de peine qui résulte en nous des unes et des autres , il est bien certain que toutes, nos idëes seraient, dans nos discours, isolées , indépendantes , et sans liaisons entr'elles^ il est en outre bien vraisemblable qu'elles seraient de même dans nos têtes. Car nous avons tu(i) que la plupart n'ont de consistance dans notre esprit, que celle qu'elles doivent aux signes sensibles qui les représentent. Dans cette supposition, nos perceptions fussent-elles nombreuses , nous seraient bien peu utiles , puisqu'il serait à peu prés impossible d'en faire aucune combinaison , d'y apercevoir le moindre rapport, et les progrès de notre intelligence seraient tien faibles, ou même absolument nuls. Heureusement , un tel ordre de choses n'est, ni ne peut être. IVous
(i)'yoy. la premièn partie, chap. i6.