‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 37 sur 93 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

ces autres noms, de ces adjectifs et de ces Terbes. Voilà une troisième raison pour leur donner diffër^ites désinences y que l'on appelle des cas , du mot latin casu* ( chute).

Cest ici le lieu d'obserrer que tous les rapporte entre les mots dont la manifestation est Tobjet de la syntaxe se réduisent à deux » que l'un a y suiyantmoiy mal nommes , rapport et identité , et rapport de détermination / car aucun mot n'est identique arec un autre , et tous déterminent la signification les uns des autres. Ainsi , Fune de ces^ dénomiitations est inexacte , et l'autre est yasue. Mais il est Trai de dire (]ue tout mot employé dans une phrase est étroitement lié , intimement uni avec un autre mot , représente une idée qui vient se confondre arec celle représentée par cet autre mot , et former arec elle un noureau tout; et , dans ce cas, il a avec ce mot un yéritable rapport de concor^ dance; ou il n'est destiné qu'à lui servir de complément , à exprimer une conséquence de sa .signification ^ et , dans ce cas , il en est un appendice , il en dépend , il a avec lui un rapport que j'appellerai rapport de dépendance. C'est ainsi que l'on dit : les verbes et les adjectifs Raccordent avec leurs sujets et leurs substantifs, ^t gouvernent leurs régimes.

Maintenant, il est aisé de voir que les noms ne peuvent jamais avoir besoin d'exprimer ce rapport de concordance ; car c'est avec eux que= les autres mots qui en sont susceptibles viennent s'accorder et se réunir ^ mais ils peuvent , comme nous l'avons dit , avoir besoin de manifester le rapport de dépendance, puisqu'ils peuvent être complément ; et c'est ce qu'ils font par le moyen

*^o GRAMMAIRE.

des cas. Les seales Tariations possibles des noms sont donc les nombres, les genres et les cas. Cependant ce n'est pas à dire qu'ils ëprouirent toutes ces yariations dans toutes les langues ^ ils IwuTent même n'en éprouver aucune. Leurs nombres et leurs genres peuvent, si cela est nécessaire , être marqués par des adjectifs; et môme les genres qu'on leur donne sont souvent si arbitraires , et toujours si inutiles , qu'il vaut mieux qu^ils n'en aient pas. En effet, quoi de plus ridicule que de donner le genre féminin pu masculin nu nom d'une chose qui n'est susceptible ni de l'un ni de l'autre ; ou de donner l'un des deux ou le neutre , également au mâle et à la femelle de la même espèce d'animal. Assurément c'est introduire dans les langues des difficultés bien inutiles. Quant au rapport de dépendance des noms , il n'en est pas de même ; il faut qu'il soit marqué : mais il l'est souvent , et il peut l'être

qui ont autant de cas différens que les autres ont de prépositions. Depuis cette extrême multiplicité des cas, qui doit être très-embarrassante , jusqu'à leur manque absolu , leur nombre varie dans les différentes langues; maisjenem')r arrêterai pas. Ce détail appartient aux Grammaires particulières. Il me suffit d'avoir dit les causes et les effets dee déclinaisons des noms. L'ordre des idées exigerait que nous traitassions ensuite de leurs attributs , des verbes ; mais comme elles sont compliquées par des circonstances relative» il l'idée d existence qu'ils renferment , nous examinerons d'abord celles des adjectifs.

CflAPITREIV. 191

PABAGRAPHE U.

Des Déclinaisons des jidjectifs.

L'idée ({u'exprime un adjectif, nous l'avons déjà dit, il ne nous la représente que comme \ioxk- Tant exister dans celle exprime'e par un nom , et non comme y existant réellement et effectiyement, ainsi que le fait le verbe. Mais il ne s'ensuit pas.moins que cette idée n'a point d'existence propre , qu'elle ne peut avoir de réalité que dans celle dont le nom est le signe. Il faut donc que tout adjectif fasse sentir son rapport de concordance avec un nom exprimé ou sous-entendji ; et il ne saurait jamais indiquer trop clairement à quel nom précisément il sç rapporte. 11 est donc utile qu'il marque les nombres , les genres et les cas , si les substantifs les marquent. Il est même . absolument nécessaire qu'au moins quelques-uns d'eux marquent les nombres , si les substantifs ne lés indiquent pas ; sans quoi, dans beaucoup d'occasions, rien ne les ferait connaitre. Au reste, les adjectifs n'ont jamais à exprimer un rapport de dépendance qui leur soit propre. Le seul qui leur appartienne essentiellement , est celui de concordance. S'ils changent de cas , c'est toujours pour se conformer au substantif exprimé ou sous-entendu auquel ils se rapportent. Aussi ils ne peuvent jamais avoir plus de cas différens que les substantifs de la m<^me langue n'en marquent, soit par des désinences, soit par des prépositions. Par les mêmes raisons , ils doivent pouvoir passer successivement à tous les genres , puisqu'ils sont unis suc-

iM GBAIUIAIBE.

cessirement à des substantifs de tout genre. A ce peu de mots se réduit tout ce que j'avais à dire »ur les déclinaisons des adjectifs. Il est temps de passer à celles des verbes.

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