‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 38 sur 93 · PARAGRAPHE III · texte numérisé non relu

PARAGRAPHE III

Des Déclinaisons des Verbes.

On appelle ordinairement conjugaisons les déclinaisons des verbes. (7est , dit-on , parce que Ï»lusieurs d'entre eux se conjuguent les uns comme es autres , sont rangés sous le même joug. Mais cette raison conviendrait tout aussi bien ou tout aussi mal aux déclinaisons des substantifs et des adjectifs: et elle ne me paratt pas suffisante pour donner des noms différens à des cboses aussi analogues. J'appellerai donc aussi déclinaisons les variations des verbes , et je comprendrai sous ce nom générique tous les cnangemens qu'éprouve leur forme primitive , soit par des syllabes ajoutées à la fin ou au commencement, soit par des lettres intercallées dans le corps du mot, comme cela est usité dans certaines langues.

Les déclinaisons des verbes sont des moyens de syntaxe, c'est-à-dire de coordination, comme celles des noms et des adjectifs ; mais «lies ont des particularités remarquables qui naissent de la nature de cet élément de la proposition.

Le propre du verbe est d'exprimer Texistence, soit 1 existence abstraite et en général , comme fait le verbe être , soit une existence particulière, une certaine manière d'être déterminée , comme font tous les verbes adjectifs. Quand ces verbes expriment purement et uniquement cette exis-

ience gënërale ou particulière, sans ajouter aucmi accessoire à sa simple énonciation, ils ne sont rien que le noih de cette existence; ils sent ce qu'on appelle au mode infinitif, JEtre est' le nom de cette qualité, de ce^tê propriété qui consiste à être, à exister, à n'être pas le néant. Aimer est le nom de cet état particulier «ide cette manière spéciale d'exister qui consiste à être aimant ,

Si l'on modifie ces noms , ces infinitifs , si on leur donne une terminaison adiective , qui représente la manière d'être qu'us expriment non plus comme isolée et indépendante , mais comme

lelconmode Ijectif , il en Dût les' fonctions, et n'en remplit pomt d'autres^ lenlement , comme les autres adjectifs , il est sourent enrploy é substantivement.

Si an neu de donner au nom verbal, à Vinfinitif du verbe , une forme adiective , on lui en donne une qui marque qu'il est le second membre d'une proposition , que l'on prononce expressément que la manière d'être quàconque qu'il exprime appartient à un sujet , alors il n'est plus ni nom , ni adjectif; il est un véritable attribut; iL remplit me fonction que le verbe ne remplit pas toujours, mais que lui seul peut remplir ; il est à ce que l'on appelle un mode défini. Aussi avons-nous vu qu'il y a toujours proposition , énoncé de jugement dans le discours , quand il s'y trouve un verbe à un mode défini, et qu'il n'y en a jamais , sans cela. Nous examinerons plus loin les dàîSérentes nuances des modes définis.

Voilà donc une première partie des déclinaisons du verbe qui n'a pas pour objet de marquer

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ses rapports arec les autres signés arec lesqaek il est en relation (i) , mais api est destinée à changer ses fonctions , et qui fait successiTement du même mot trois élëmens difiFërens da discours. Observons seulement que ce que nous Tenons d'expliquer , en partant du simple pour arriYer au composé , dans la pratique , les nommes, qui commencenttoujonrs parles masses. Font opéré en allant du composé au simple. Hous avons d^à vu qu*â l'instaiftoù, par Finvention d'un nom. Pinterjection cesse d^exprimer à elle seule la proposi* tion tout entière , par cela même elle devient un attribut ; et ce n'est qu'ensuite qu'on en ùlt un adjectif, et puis un nom (3)%

Quoi qu'il en soit, dans ces trois états d'attribut , d'adjectif et de nom , le verbe est susceptible d'une seconde espèce de déclinaison , descelle destinée à marquer ses rapporta avec les autres si-

Saes du langage. Seulement ces rapports étant 'une nature différente dans les trois cas , on sent bien que cette seconde déclinaison ne doit pas s'appliquer de la même manière au verbe, dans ses trois différens états.

(1) C'est oe qui fait direà Beansée qtn !•» modêt tf«t v*rbe$ , «r^ cêptë l«9 •ukjonetift , ne sont pas des moyens de syntaxe ; mais il aurait dû en dire aatant des temps des verbes, et des nomlireset des genres des substantifs, et il aurait dû excepter tous les modes elliptiques, comme le subionctit; car ils marquent des rap; ports avec des phrases soua-entendues ; ainsi, Us sont aussi des moyens de ^ntale.

• (s) Aussi , des grammairiens savans dans les langues ancien* nés , ont prâsé que la vraie racine , la f(urme primitive des va*bes latins , est la seconde personne du présent de llndicatif , et Leibnita prétend crae c'est la seconde personne du présent de l'impératif, laquelle, le ^us souvent» nediflb» pas beaucoup de l'autre.

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