CHAPITRE IV
Ainsi, dansTetaUtte nom , le verbe est suscep* fible d'être d'un genre ^ et de marquer les "nombres et les cas , non pas pour s'accorder arec les autres <51emen8 du discours, mais pour, ainsi que les autres noms, exprimer ses propres modi' fîcations , et, quand cela est nécessaire , un rap" port de de'penaance. Cependant , dans aucune langue, je crois , les infinitifs n'ëprouT.ent ces sortes de variations , peut-être parce que ce sont des substantifs si abstraits , et. toujours employtfs d'une manière si indéterminée , qu'on a jugé ces spécifications- inutiles. Toutefois est-il vrai qu'ils en sont susceptibles (i).
Quand le verbe est dans l'e'tat d'adjectif, il doit , comme 'les autres adjectifs , marquer les nombres et les cas, et il doit avoir les trois genres : et cela , pour pouvoir .s'accorder avec les substantifs , dans toutes les circonstances. Aussi les participes éprouventr-ils ces modifications dans les langues où les autres adjectifs sont de'clinables.
Enfin , quand le verbe est attribut , il faut qu'il exprime le rapport de concordance stvec son sujet.
Pour cet effet , il doit marquer les nombres ;
Ci) J^ajouterai qup je pen^e, comme Beatizëe , que les gërondi6 latins sont de véritables cas de l'infinitif , et qu'il en est de même de ces phrases françaises , «n éuànt , en fauant , que nous appelons des gérondifs , à moins au'ov ne préfère de les regarder comme des cas dn participe employa substantivement. — Gela revient au même , car il est indiUerent de dire que c'est lo
tou|ours l'ëqnivalenC de ceci , pendant l'action din , pendant Taction faire , par le moyen de Taction iir* , par le moyen de l'action faire. , ^
C'est là sans doute la vraie raison pour laquelle les infiniUf s sotit indéclinables dans toutes les langues ; c'est que les déclinaisons des participes pris substuntivemcnt y suppléent.
116 GRÀMMAIHE.
aussi ]^s marque>l-il toujours dans les langues un peu perfectionnées.
Il est très-peu utile qu'il marque les genres ; aussi n^y a-t-il*, que je sache, que la langue hébraïque , et , je crois , la langue suédoise , dans lesmielles il les marque.
Il n'a pas besoin de marquer les cas , car il est de sa nature de n'avoir jamais à s'accorder qu'avec des noms au nominatif. Aussi ne les marquet-iliamais.
£n revanche , il doit marquer les personnes , et c'est une fonction qui lui est exclusivement réservée . aussi la remplit-il dans toutes les langues. Je crois même que d^avoir des personnes est le signe caractéristique que le verbe est attribut y et que quand on remploie , on prononce actuellement que l'idée qu'il exprime est jugée appartenir à un sujet.
l*elles senties modifications que le verbe , dans ces différens états , peut recevoir « pour indiquer ses relations avec les autres parties du discours. Mais les verbes ont encore ime autre cause de variations ^ et cette troisième branche de déclinaison n'est plus destinée à marquer leurs rapports avec les autres signes , mais à exprimer ae» modifications qui leur sont propres, et particulières à eux. En effet , qu'ils soient attributs , adjectifs , ou substantifs , ils sont toujours susceptibles de temps , puisque toujours ils expriment une manière d'être, d exister ^ que l'existence est susceptible de durée , et que la durée a nécessairement des époques et des périodes qu'il peut être utile de <]esigner. Aussi, dans toutes les langues , les verbes ont-ils des temps à tous lès modes. Seulement ils en ont beaucoup plus aiii
CHAPITBEIV. i»7
modes d«finis , parce que c^est surtout lorsquUJs sont attributs j qu'il est nécessaire qu'ils expriment des nuances fines dans ce genre.
Voilà doAc lé tableau de tous les motifs des variations des yerbes qui composent leurs déclinaisons. A|outons y seulement, pour en rendre l'enomération plus complète , quelques éclaircis-
F semens sur les prétendus modes appelés de'finis.
I On a pu voir déjà , par ce que nous venons
de dire , combien sont vagues et insignifians ces noms dHnfînitifs, de participes, de modes définis et indéfinis. En effet , quoiqu'un verbe à Fêtai de substantif ne puisse pas avoir un sujet ,
; son expression n'est ni infinie ni, indéfinie; la
i preuve en est, ^u'il peut lui-même être le sujet d'une phrase : et quand un participe s'accorde en genres , en nombres et en cas avec le nom auquel il sert d'adjectif, il est tout aussi défini qu'un temps del'indicatif qui s'accorde avec son sujet en nombre et en personne. Ces dénominations n'ont donc aucun motif plausible. Au contraire, puisqu'un verbe devient successivement substantif, adjectif, et attribut, sans cesser d'être verbe , sans cesâer d'exprîmer l'existence , sans perdre la propriété d'avoir des temps , qui est celle qui le distingue essentiellement de tous les autres élteens du discours , il me semble ^ue ces trois fonctions sont bien des manières d'être différentes qui lui appartiennent, des modes distincts de son existence, et que ces modes seraient très-bien nommés, mode substantif) mode adjectif, et mode attributif»
Ensuite , il s'aurait de déterminer quelles subdivisions l'on doit admettre dans le mode attributif. Mais nous avons déjà vu , dans l^e cha-
is8 GRÀMMAinr.
pitre II, que tous ces soi-disaas modes oplatif, im--
{»eratif, interrogatif , dubitatif, ne sont que des ocutions abrégées, dans lesquelles, lorsqu^on remplit les ellipses , on ne retrouve toujours que les modes indicatif, conditionnel et subjonctif. Reste donc à examiner ceux-là.
Le Terbe , dans ces trois modes , joue également le rôle d'attribut j il .signifie également ^ue ride'e qu'il exprinïe est comprise Saub un sujet. Dans le premier , il le dit positivement et absolument; dans le second, il y ajoute une idée d'incertitude , et dans le troisième , une idée de dépendance d'un autre verbe. J'en conclus^ 1** que le mode conditionnel n'est qu'une nuance, un usage particulier du mode indicatif, nuance qui est plutôt un changement de temps qu'un changement de m^ode; car le conditionnel a foujours quelque chose de futur , ou du moins d'éventuel ,- puisque ce qu'il énonce doit être, mais ne sera que quand une telle chose aura lieu^ a^ que le mode subjonctif est absolument le mode indicatif à un cas oblique, précisément comme Pétri est le même nqm que Petrus , en y ajoutant seulement l'idée de dépendre d'un autre nom. Car quand je dis, je suis et je sois, je dis exactement la même chose , à cela près que , dans le second cas , j^exprime qiie ce jugement dépend d'un autre. Cela est si vrai , que quand l'usage permet de négliger cette circon* stance, en général peu intéressante^ on se sert de la première expression dans les mêmes occasions où l'on emploierait l'autre. En français , on dit , il fout que je sois , et je sens que je suis , et assurément dans les deux cas, cela veut bien dire l'idée être est l'attribut de l'idée je.