‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 41 sur 93 · TEMPS DES VERBES · texte numérisé non relu

TEMPS DES VERBES

inTariablement à im instant prëcia de la série des siècles , qui servît ëtemellement de point de comparaison, il y a long-temps que non»

serions inévitablement plongés dans Vaveni^, et que nous ne pourrions parler de rien de ce que nons voyons et éprouvons , que comme de choses plus ou moins futures. Il est même vraisemblable qu*aucun de nos souvenirs ne remonterait jusqu'au temps présent , et encore moins jusqu'au passé , qui l'aurait précédé. Cette idée peut paraître bizarre j cependant je Pexpose , parce que je la crois propre à bien faire sentir le mécanisme du discours relativement à la durée, et aux temps des mots qui en désignent les époques.

Heureusement il n'a pas pu venir dans la tête des hommes de réaUser cette supposition. Quand on parle, c'est toujours pour exprimer ce que l'on pense à l'instant où l'on parle : il était donc indispensable que tout le discours se rapportât â cet instant, et que les temps qui y sont destinés à représenter le présent, s'appliquassoit à ce moment-là. Le présent, 4ans le discours, est donc toujours l'instant de l'acte de la parole; et cette ^oque est toujours la même dans tous les discours. A la venté , elle est perpétuellenient variable; mais cela est indifie'rent, parce ({ue toutes les autres qui sont énoncées sont toujours relatives à celle-là , et se groupent autour d'elle.

L'idée de présent n'est susceptible ni de plus ni de moins : ainsi, il ne peut^j avoir qu'un temps présent a chaque mode des verbes (i). Le

(i) Cette senle réflexion suffirait pour in*einpécber d'adopter le sjitème des temps de Beausée. Je respecte ses lumières plus

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passé et le fatur , au contraire , adnettent diyers degrés. Aussi les verbes , dans chacune de leurs manières d'être , ont>-ils , ou du moins peuTentils avoir plusieurs temps passés et plusieurs temps futurs. La question est de savoir combien Ton doit admettre de ces temps , quelle est leur véritable signification , quels sont leurs rapports entre eux , quels sont ceu» qui sont réellement distincts , et s'il n'y en a pas oai ne soient qu'illusoires et de purs abus de l'esprit qui s'égare dans ses combinaisons. Or , cela n'est point aise a démêler , parce que nos langues sont excessi« Tement compliquées , parce qu'elles sont trèsirrégulières , et surtout parce que beaucoup de temps de leurs verbes ne se forment que par le secours d'autres verbes qui viennent mêler' leur si^ifîcation propre à l'e&pression qui résalfcerait naturellement de la formation du temps dans lequel ils entrent , et que par là la véritable valeur^ de ce temps se trouve d^nisée.

Néanmoins, je crois avoir trouvé un moyen sûrde réussir dans cette rechercbe.

Je remarque que le verbe être est vraiment le verbe auxiliairç , universel et nécessaire ; qu'il entre forcément dans la composition de tous les autresj qu'il se retrouve dans tous leurs temps, même dans leurs temps simples, quand on les décompose 5 et qui plus est, que c'est de ' lui seul qu'ils tiennent la possibDité d'avoir des

même venait de très-bien prouver que c'est i celle-là que l'on doit rapporter tous les temps desverhcs.

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temps , puisque c'est à lui seuj qu'ils doivent la preprie't^ d'exprimer l'existence. J'en conclu»

3ae ce sont les temps du verbe être que nous evons examiner; qu'ils nous donneront la clef Je tous les autres , et que nous ne pouvons trouver dans ces autres verbes aucuns temps rdels qui ne soient danë celui-là. En conséquence, je rais présenter au lecteur le tableau complet des temps du verbe étr^fet afin que l'on voie mieux

mglaii

utile f Qu», dans trois de ces langues , la déclinaison du verbe être lui-même est encore altérée par le mélange d'autres verbes , dont il emprunfe le secours. Mais au moins dans le latin , nous verrons tous ses temps absolument simples, et formes uniquement par des changemens de désinences, qui, en les distinguant, indiquent leurs rapports ; et dans l'italien , nous les trouverons souvent composés , mais composés uniquement d'autres temps du même verbe qui en montrent clairement la vraie valeur, etqui présentent i^aoalyse exacte des temps corrcspondans du verbe latin , â peu prés comme quand après avoir i^it j'aime, on explique que c'est la même chose ({ùeje suis aimant.

Les ouvrages dont je me suis servi pour dresser ce tableau , sont , pour le français , ceux de Coodillac , de Girara , et la nouvelle méthode de Devienne ; pour le latin , le rudiment de Lhomont (i); pour l'italien, les Grammaires de

(i) J'y ai trouva avec plaisir une réflexion pleine de aeoa , dont j'aimc a Lui fdire hommage; c'est que dans une Grammaire pnr-

Corticelli et de Bencirechi ; pour Pallemaad y celles dé Gottschedt et de Juxiker , et pour Tan— glais; celles de Siret et de Mather-Flint. Il est aise de voir déjà que dans rarrangement de ce tableau, je nVi distribue ni les modes ni les temps suivant mes principes. Il ne m'a ;pats été possible non plus de suivre complètement aucun de ces grammairiens , parce qu'ifs différent beaucoup entre eux. Je me suis borne à recueillir exactement tous les temps dont ils parlent , et à, les arranger à peu prés suivant la méthode qui m'a paru la plus générale ni'ent suivie , et qui ne diffère pas beaucoup de celle suivax^t laquelle nous les présente CondiUac. J'y ai pourtant fait quelques légers cbangemena., qui ont pour but de rendre certains rapprocbemens plus sensibles ; mais ce seront nos propres observations sur ces modes et sur ces temps , qui nous apprendront ce que nous devons en penser , et qui nous conduiront à en dresser un tableau vraim^t méthodique. Commençons donc par jeter un coup d'oeil sur celui-ci.

( Voyez le tableau ci-joint. )

La seule inspection dé ce tableau fait naître une foule de réflexions. Je remarque d'abord que tous les temps de ces verbes ( à quelcpies exceptions près , dont nous expliquerons les irrégularités ) , quand ils sont composés, le sont

ticulière , dans un rudiment , on doit enseigner comment l'on s'exprime dans une telle langue , et dans une Grammaire gënértle , on dmt montrer comment l'on doit s'exprimer. C'est là bien déterminer la nature de ces deux sortes d'ouvrages , que leurs auteurs mêmes confondent trop souvent. Je voudrais pou* voir ne pas étendre ce reproche iusqu à Gondilla^.

Secondi

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