‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 46 sur 93 · CHAPITRE lY. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE lY. l

cernent et la fin de chaque phrase , et celles qui , en appuyant sur le mot principal, le font remarquer, sont encore des moyens de syntaxe du même genre.

L'utuité* de ces pauses et séparations est si sensible , que , même dans les langages composes de signes transitoires , elles sont souvent marquées par des signes exprès. Dans les langages de gestes; il n^est pas rare que chaque phrasé soit terminée par un signe uniquement destiné à en marquer la fin : et même quelque chose d'analogue se retrouye dans les langues parlées par des peuples grossiers. Ces mots , je dis et j'ai dit , par lesquels les sauvages commencent et finissent si fréquemment leurs discours, et même chaque partie de leurs discours , n'ont guère d'autre objet.

A l'égard des langages composés de signes permanens , et des langues orales , quand elles acquièrent cette propriété par le moyen de l'écriture , pour peu que leur Grammaire soit perfectionnée, ces séparations y sont toujours notées avec soin. C'est a cet usage que sont destinés nos virgules , nos points , et nos divisions en alinéa , paragraphes, chapitres, sections, etc.

n est pourtant à remarquer que l'écriture de la langue hébraïque, celle de plusieurs manuscrits anciens , et celle de nos langues modernes , dans les tempsxl'ignorance, n'avaient pas de ponctuation , ce qui en rend, souvent la lecture trèspénible , et ce qui prouve, en même temps, que cette invention est une des dernières dont les hommes se soient avisés pour porter la clarté dans leurs discours; invention qui est même encore loin d'être aussi perfectionnée qu'elle pourrait

rétre. Cependant ,' je n^entrerai point dans le de^ tail des règles de la ponctuation. On ponctue toujours suffisamment bien en écrivant, comme on marque toujours convenablement les repos en li-^ sant et en parlant , quand on entend ce qu'on dit. C^est même ce qui prouve encore que cela sert a le faire comprendre aux autres. J Vi donc dû faire mention de la ponctuation pour comple'ter Pénumération de tous nos moyens de syntaxe.

C'est ici que finit ce que nous avions a dire de la Grammaire vraiment générale, c'est-à-dire ce qui est commun absoluipent à tous les langages possibles , de quelque nature que soient les signes qui les composent. Maintenant, nous devons considérer ces langages comme divisés en deux grandes classes j l'une, formée de ceux qui sont coniposés de signes fugitifs et transitoires, l'autre de ceux composés de signes permanens et durables^ et il nous reste à voir comment les premiers ont produit les derniers ( car il n'est pas douteux qu'ils les ont précédés) ; quels sont les efiets et les propriétés de ceux-ci, et quelles sont leurs relations avec ceux dont ils émanent. Quand nous aurons encore éclaii^ci ces dificrentes questions , nous aurons , je pense , traité toutes les parties de notre sujet -y et nous pourrons en tirer quelques

achevé l'histoire de l'expression de nos idées. Si nous l'avonh bien faite , celle de leur déduction s'ensuivra tout naturellement^ parlons donc a.ctuellement des signes durables et permanens.

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