‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 50 sur 93 · CHAPITRE V. i8S · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. i8S

Ids résultats de la fréquente ré^tition d*uii assez petit nombre de sons. Les toix, les tons et les articulations différentes qui constituent ces sons sont faciles à distinguer jusques à un cèrtaiti point. Il est donc aisé de représenter, par des figures tracées , chacun des sons qui émanent de l'oi^ane humain ; et s'ils le sont exactement et fidèlement, il n*en faut pas davantage pour rendre sensibles a la Yue, d'une manière durable, non-seulement tous les mots actuels d'une langue parlée, et tous ceux qu'elle peut adopter dans la suite, mais encore tous ceux de toutes les langues parlées pos^ sîbles , passées , présentes et A Tenir. C'est la ce que font plus ou moins bien nos écritures proprement dites , soit syUabiques , soit alphabétiques. C'est là ce que l'on appelle sjpécialement écrire; et c'est une opération à laquelle les langues orales seules peuvent donner lieu , puisqu'il sy agit uniquement de représenter les sons.

J& parlerai bientôt de la différence de l'écriture syllabique et de l'écriture alphabétique , des causes de la supériorité de cette dernière, de l'inutilité de nos différens alphabets , de la nécessité d'en ayoir un seul qui soit complet , des vices de toutes nos orthon-aphes, et de la possibilité de les améliorer. Pour le moment , je m en tiens à l'idée fondamentale.

Celle de l'écriture proprement dite est de copier les sons , et ceUe de l'écriture hiéroglyphique est de représenter les idées. L'une est la copie hgurée de la langue parlée , et rien de plus. L'autre est une nouvelle langue et une langue secondaire qtii n'a point de valeur propre, et dont la si • gbification n'est jamais déterminée et manifestée que par les sienes fugitifs de la langue usuelle.

Malgré ces différences , auxquelles même on ne

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fait pas toujours attention , il paratt , an premier coap d'oeil , que ces deux moyens de peindre 1% parole reTienttent à peu près 'au même, et doivent rempUr à peu prés également le but

3u'oB se propose , qui est de rendre l'expression e nos idées durable et transpm^tahie , si l'on peut parler ainsi. Gependnnt, si nous les examinons ayec attention , nous tronyerons qu'ils diffèrent iput la nature de l'opération à laquelle ils doim«nt lieu , par la manière de l'exécuter , et par les effets qui en résultent : nous reconnattronsque ces différenecs , auÔLquelies on n\i pas assez pris garde, ont des conséquences si prodigieuses , '' <^'eues sniisent p<mr décider du destin des nations, et pémr esjdiqoeir des phénomènes moraux et poutiqaes dont on n'a jamais bien rendu Maison ; et nous serons ^atmh qn'un secd j>ettt fait , en apparence bien peu remarqnaMe, puisse aroir tanl d'inâuence sur le sort cies hommes : ce qui prouTebien que les moindres observatioiis sur les opérations de notre esprit sont de la plus haute importance, et portent une vive lumière sur l'histoire du genre humain.

Parlons d'abord de Fopération en elle-même.

Avec l'écritnre alphabétique y elle est purement mécanique et de la plus grande simplicité, si l'on fait abstraction de Timperfection de nos alphabets et de l'irrégi]darité de nos orthographes. Elle se réduit , ouand il s'asit d'écrire , a oien noter les sons que l'on entend prononcer; et, quand il s'agit de lire , à prononcer exactement ceux c^ l^n Toit écrits. Il n'y a pas chanj«ement de signes; il n'y a que deux représentatitxA difiR^ rentes des mêmes signes conTeniis et usités. 11 fte peut pas y avoir Heu à erreur ; la preuve en est que , pour écrire un discours prononcé , et pour

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