CHAPITRE y
kne paraît impossible que l'asage d'ane langue
Seinte ait été abandonne autrement que par Faolition de la langue parlée à laquelle elle correspond. Au reste , il serait encore plus impossible qu'un peuple ayant joui des avantages d'une ▼e'ritable écrîlure, y renonçât pour adopter une langue peinte; et c'est sans doute cette considération qui a établi l'opinion que ce dernier procédé est le plus ancien , quoique je ne Yoie aucune raison de le croire.
Quoi qu'il en soit, le jour où une nation a choisi entre ces deux manières de rendre permanens les signes de ses idées , le jour où elle a adopté l'une des deux , elle a décidé de son sort â jamais. Si elle a préféré les hiéroglyphes , elle s'est ôté à elle-même tout moyen d^ccroltre ses connaissances , et même de conseryer dans leur pureté celles qp'elle pourrait recevoir d'ailleurs; elle a prononcé que son existence, quelque longue qu'elle fût, serait presque aussi inutile aux progrés ultérieurs de l'esprit humain , que si elle n'avait point du tout de signes permanens de ses idées ; elle a fait de son histoire comme de celle ' des peuples sauvages > une lacune plus ou moins longue aans l'histoire du genre humain. Elle s'est fait un rameau inutile de ce grand arbre , pouvant porter quelques feuilles , mais incapable de produire aucun fruit. IVous ne chercherons donc pas à pénétrer plus avant dans la connaissance de l'écriture hiéroglyphique , et â en déterminer les régies et les procédés. Il nous sufEt d'aigoir montré son origine et ses propriétés , ou plutôt sa privation absolue de toutes propriétés utiles : et nous allons nous occuper exclusivement de l'écriture proprement dite , de celle qui note
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les sons sans songer à représenter leS) idées , de celle en un mot qui est la langue parle'e ellemême rendue permanente , et non pas une autre langue qui aspire à lui correspondre, et n^ réussit jamais comjplétement (i).
On <UTise ordinairement récriture proprement dite en deux branches , la syllabique et Palphabé* tique. On regarde la première comme la plus ancienne^ il semble que ce soit le premier pas dans •Part de décomposer les sons ^ il paraît qu on commence par distinguer dans un mot les différons sons qui forment les syllabes , et que ce n'est que par une seconde analyse que l'on découvre oans chacune de ces syllabes Une articulation et une Toix , et qu'on les représente par des caractères séparés. Mais le yt^ est que ces deux procédés seretrouYcnt bien souTent mêlés ensemble dans toutes les écritures , comme nous le Terrons bientôt. Au reste , l'écriture syllabique a absolument les mêmes propriétés que l'écriture alphabétique^ seulement eUe exige un bien plus grand nombre de caractères , parce qu'il y a bien jplus de syllabes différentes que d'articulations et de voix distinctes , puisqu-il résulte une syllabe de chacune des nombreuses combinaisons que l'on
Ï)eut faire de ces articulations «t de ces voix , en es réunissant.
La manière d'écrire l'hébreu , dont nous par-
(i) A{(mtons eiiotMv que c'est réeritnre proprament dite qui , à niaop du petit nombra de aes caractères ,, se prèle presciue exclusivenient à nous fiiive {omr du Uanfait immenae de llmprimerie ; car llneitimable in^vention des caractères mobiles ne peut être d'aucune utilité réelle goand il en faut autant mie die mots. Aussi dit-on que les Chinois savaient depuis long-{ein(is en graver et en fondre , et n'en faisaient aucun usaae. Je le crois d'autant plus aisément , que c'est moins là une âute de leur esprit qu€ des moyens qu'ils ont entre les mains.