‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 56 sur 93 · CHAPITRE V. ttr · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. ttr

La durée du son est ce qui fait qu'il est long ou bref. Tout son émis est en soi également susceptible d'être plus long ou plus bref; cependant» ceux qui mettent Forgane dans une situation difficile à changer , ont, par cela même , plus de dispositions à se prolonger. Tels sont , en général, les sons que nous appelons graues , et ceut qui sont précédés ou suivis d'une articulation pénible. 11 n'y a point de langues où il n'y ait des syllabes longues et brére» , et même des longues plus longues et des brèves plus brèves que d'autres; et encore , outre cela , de ces schéva ou e muets que l'on »'a pas toujours assez remarqués entre les articulations qui paraissent se suivre, parce qu'ils sont plus brefs que les plus brèves des syllabes plus sonores. Mais souvent ces différences de durée sont si faibles , qu'elles sont presque insensibles et tout-à-fait impossibles à noter. Ce sont elle» qui constituent la mesure et la cadence du discours; plus elles sont marquées, et plus la langue est mesurée et cadencée. En général , elles le sont d'autant plus que l'on remonte plus prés de l'origine du langage. Gela doit venir de deux causes : la première , c'est que quand l'organe n'est pas assoupli , il s'arrête nécessairement davantage sur les sons qu'il a de la peine à produire , et glisse sur ceux qui sont faciles. La seconde, c'est que ces différences de durée étant in^possibles à représenter exactement par l'écriture, elles doivent insensiblement s'affaiblir a mesure que les signes permanens étant plus employés, la proiionciation* est influencée par l'usage de la lecture. Ce qu'il y a de certain , c^est que les brèves et les longues sont extrêmement marquées dans les langues anciennes et dans celles des peu-

tu OBAMMAIBE.

S les sauvages , 6t qu'elles sont presque insensible» ans la plupart des langue» modernes.

Les brèves et les longues doÎTent aussi , toutes cjboses égales d'ailleurs , se eonserrer plus marquées ches un peuple où l'on parle beaucoup à fiante voix en publie $ car elles contribuent puissamment à rendre la parole plus distincte et plu» susceptible d'être entendue à une grande distance f et aussi elles sont plus aisées à «^serrer dans la prononciation soutenue qu'exige un semblable emploi du discours.

Le ton d'un son est ce qui fait qu'il est ce que nous appelons Mgu ou gra^e y qu'il occupe un rang plus ou moms éleré dans l'échelle de la gamme. C'est la note qui marque le ton^ comme c'est la Toy elle qui marque la voix» Mais ces différences de ton , qui sont assez grandes dans la musique pour être appréciées par toute oreille sensible et eacercée y sont souvent à {leine assignables dans le discours , et toujours impossibles à marquer avec exactitude; on ne peut que les indiquer à peu prés par certains signes accessoires , qui ne sont jamais rigoureusement comparables entre eux comme les notes. Ces signes sont les accens , et ceuxr-là seuls méritent Traiment et complètement le nom d'accent, accentusy qui vienjb de ad cantum , et signifie serrant au chant.

11 ne faut pas confondre avec ces accens , de» signes auxquels on a donné abusivement ce nom y et qui y dans beaucoup d'écritures y remplissent des fonctions absolument difftârentes, comme de modifier l'articulation ou la voix qui est écrite , ou de su}>pléer une lettre supprimée , ou démarquer , soit l'étymologie, soit la nature grammaticale d'un mot , etc. Tels sont , suivant moi y

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