‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 57 sur 93 · CHAPITRE V, atS · texte numérisé non relu

CHAPITRE V, atS

tous les prétendus âcoens dont noas nous servons en français. Par exemple , nous mettons ce quet nous appelons un accent aigu sur le troisième e de ■ fermeté, pour indiquer qu'il est ferme; un accent grave sur le premier e ééil tète^ pour indiquer qu'il est bref, et un accent circonflexe , c'est-à-dire aigu et grave successivement sur le premier e de tête , pour indiquer qu*il est ouvert. Aucun de ces signes n'est un véritable accent ; le second est purement un signe de quantité. Le premier et le troisième mocufient uniquement la voiX| et, suppléant au manque d'un caractère, - ils font que la même voyelle représente successivement deux voix différentes ; mais aucun d'eux n*a aucun rapport au ton de la' syllabe , et n'est par conséquent ni aigu , ni grave , ni circonflexe, n en est de même de celui que nous mettons sur le mot à quand il est préposition. Celui-là est purement grammatical , il ne fait rien du tout à la prononciation; il est vrai qu'il y a^ des cas où l'effet de ces accens peut induire à erreur : et voici pourquoi. De même que nous avons remarqué que certains sosis sont naturellement plutôt longs que brefs , de même il y en a qui ont plus d'analogie avec les tons graves qu'avec les tons aisus , et réci* proquement. Ainsi , par exemple , l'o de eoUe , espèce de Juppé , et celui de câte , espèce d'os , sont bien réellement deux voix différentes ; et , à la rigueur , toutes deux peuvent se cbanter sur tous les tons de la gamme. Il en de même de l'a de patin et de celui de pdtée. Cependant , il est vrai dédire que le premier de ces o et le premier de ces a ont plus de disposition à être brefs et aigus , et que les deux derniers sont plus naturelle^ment longs et graves. Ainsi , les accens qui dé-

GRASmAlBE.

terminent ces vo« paraissent en fixer le ton f mais on roit q"« ^^ n'est qu'accidentellement , comme ils en filent la durée; ct,8i l'on youlait ayoir égard à ces effets secondaires , on pourrait tout aussi-bien regarder ces signes comme des signes de quantité que comme des signes de chant , de» accens. Quoi qu'il en soit, Touà ce que c'est que le ton ; et c'est une circonstance des sons tout-àfiut différente de la voix et de la durée , quoiqu'elle n'en soit pas absolument indépendante.

Remarquons , en finissant , qu'il en est du ton des sons comme de leur durée. Il est d'autant plus remarquable , que l'on se rapproche davantage de l'institution du langage. Plus les langues sont prés de leur origine , plus eUes sont accentuées et chantantes , comme elles sont plus mesurées et cadencées. La raison en est la même ; elles tiennent encore beaucoup des cris primitifs. L'or^ gane n'est pas encore assoupli ; l'homme chante plus qu'il ne prononce; il soupire ou s'écrie plutôt qu'il ne parle j ce n'est que petit à petit qu'il se pue à toutes les nuances nnes et difficiles a saisir des Toix et des articulations , et qu'il s'habitue à y attacher plus d'importance qu'au ton. li'usage des signes permanens fortifie toujours de plus en plus cette habitude , parce que , comme nous l'avons vu , ces signes ne peuvent représenter que trés^imparfaitement le ton , tandis qu'ils peignent beaucoup mieux la voix et l'articulation. Ainsi, avec le temps, la tradition de l'un s'obscurcit et s'affaiblit , tandis que celle des autres se perpétue et se répand. Ajoutons cependant que l'usage de parler en public doit faire , sur les tons des sons , le même effet que sur leurs durées y c'est-à-dire faire qu'ils demeurent plus

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