CHAPITRE V
iêmentje regarde Taspiration comme' une articulatien , mais je pense que cette espèce d'articulation a toujours lieu plus ou moins , quand il n'y en a pas <ï'autre dans Tëmission du son. Je crois que quand noili nous figurons prononcer une voyelle toute seulb , nous nVmettons pas plus une Toix sans une articulation quelconque que sans un ton quelconque , et que cette articulation est une aspiration faible qui ne diffère que du plus au moins d'une aspiration forte et reprësente'e par un h. Cela est si vrai, que , dans beaucoup de langages , les simples voyelles sont aussi fortement prononcées , aussi fortement articu-lées , que le sont dans d'autres celles que l'on nomme aspirées , et qui dans l'écriture sont prëcëde'es par un n. Cela dépend uniquement des habitudes des diffe'rens peuples. Je pourrais d'ailleurs appuyer mon opinion de détails an atomiques qui la confirmeraient, mais il me suiEt de dire que je ne conçois pas plus un son dépourvu d'une manière quelconque de commencer a nous affecter, que je ne conçois ce qu'il serait, dépourvu de toute voix ou de tout ton quelconque^ et je crois que tout le monde est comme moi.
J'observe, en finissant, que l'articula lion est, de toutes les qualités , de toutes les circonstances du son, celle sur laquelle l'habitude a le plus d'inflncnce, et qui acquiert le plus de variétés et de perfectionnemens par l'effet de l'usage et de l'exercice , parce que c'est celle qui dépend d'un plus grand nombre de mouremen s organiques. On remarque dans toutes les langues naissantes, peu de consonnes différentes, et un usage rare de ces consonnes; elles sont toutes en Toy elles j et en voyelles fortement prononcées , fortement aspirées. Ces as*
n% QUAymAàit.
piratiôûs Yeh^mentes , ces articulations gutturale» soqt d'autant plus fréquentes , que Forsaiie est moins assoupli, et que les autres articulations ,. labiales, linguales, dentales, palatales, etc., sont plus pénibles et plus raresvCes langues sont articulées d'une manière risMe et uniforme par les mêmes causes qui fout qu'elles sont fortement accentuées et fortement cadencées. Tout cela tient également à la rigidité de l'organe. Petit à petit, tout s'adoucit, s'efface , s'assouplit , s'organise , et se lie par des articulations plus yanées et plus composées , produite» par des mouyemens plus compliqués et plus agiles, résultats d'un exercice plus long>temps prolongé et plus fréquemment répété. X'usage des signes permanens j contribue aussi beaucoup , en ce qu'ils représentent plus exactement les différences des diyertes articulations que les degrés de l'articulation
Sutturale; en sorte que pendant que la tradition es premières se conserye , celle des nuances de celle-ci Ta toujours en s'afiaiblissant, ce qui nécessite toujours plus d'ayoir recours aux autres. C'est le même effet que nous ayons yu , que ces signes permanens produisent sur le ton et sur la durée du son.
Ici se termine ce que j'avais à dire de l'articulation ; et cela complète l'analyse' des sons qui composent le langage oral, ou plutôt Texamen des circonstances qui accompagnent toujours chacun d'eux, et dont nous deyoUs tenir compte,
3uand nous entreprenons de les représenter par es figures tracées.
Cet examen était fort nécessaire ponk* nous faire une idée juste de ce que c'est que Tartici»lation, la yoix, le ton, e^ la durée du son. Vu.