CHAPITRE y. s
li^aucune autre voix , comme raspiratlon faible est une yraie articulation qui se trouTe ioëvitablement avant toute Toix qui n^est prëcëdëe d'aucune autre articulation ) qu^en un mot , ce schéma est un Véï-itablee muet, seulement plus bref que les Yoyelles reconnues les plus oréves. Or^ Beanzëe , et plusieurs autres qui^ ne comptent pourtant pas le schét^a pour une'voix ( comme si ce pouTait être autre chose) , nous disent qu'il n'y a point de langue où il nV ait des brèves plus brèves et des longues plus longues que d'autres. Mais aucun grammairien , que je sache ^ n'établit sur ce point de distinctions plus ri" goureuses.
D'après ces données » je pense que le sché^'a est tout'à-fait propre à être pris pour unité de durée, et que pour compter suffisamment les temps dans le discours , il suffit d'y remarquer des Voix qui 4uk'ent autant que deux , trois , quatre ou cinq «c^Va.
La\)oix, iHous n'avons que cinq voyçUesj; mais il est bien notoire que nous avons plus à^ tinq voix. En même temps je pense qu'il en est de cette qualité du son comme des autres., qu'il faut renoncer à tenir coinpte des nuances qui deTiennent trop «fines pour être appréciables. En consultant avec som mon oreiUe, encore plus que les autorités , je trouve que le milieu entre le trop et le trop peu est d'admettre seize ou dix-sept voix difi'érentesj faisons-en l'énu-^ mération.
D'abord je reconnais deux a , parce que , in-^ dépendamment du ton et de la durée , la voix me semble réellement différente dans pdté et dans patin. Certainement l'ouverturç de J*
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•4o GRAMMATR£.
bouche n'est pas la même. 'D'après celte circonstance , j'appelle l'un ouvert et l'autre fermé , et non pas grave et aigu ou long et bref, parce que les voix ne doivent pas plus être distinguées par des diffe'rences de ton ou de dure'e , que les tons ou les durées par des différences de voix.
J'admets d-e plus trois e, tête, tète, té, que par les mêmes raisons j'appelle ouvert, moyen et fermé.
Ensuite je reconnais bien un autre e, un muet dans rose et tombe, qui est plus marqué encore dans 7e, me, te, et autres mots seAiblables; mais , comme Beauzée , je pense que cette voix estplutôt un eu muet ou faible, qu'un e. Je trouve donc trois eu ; un fort dans les mois jeu , jeûne y qui, suivant moi, ne diffèrent que par la durée, et non par la voix i un moyen dans beurre , jeune , peuple ; et un faible ou muet dansée, me, rose et tombe (i).
Observez que, fidèle à mes principes , quoiqiie je regarde le schéua comme une véritable voix qui mérite d'être écriïe autant que toute antre, cependant je n'en fais pas une voix particulière, parce que je trouve qn ilne diffère de Veu ^ible que par la durée. Duclos a fait la même observation à la fin de ses remarques sur le chapitre des consonnes de la Grammaire gén^'rale de Port- Royal.
Je distingue encore deux qui diffèrent entre eux comme les deux a ; tels sont ceux des mots hotte et hâte ; mais je ne puis distinguer qu'un i, un u et un ou.
(.i)Peut^lrescrait-ii mieux déclasser y« ei m* avec/cuM et ptupU ; car \e crois au'iis ne dififercat guère que par i'efielde llnfloenoe du son aui suitr '