CHAPITRE y
Enfin j'admets les quatre nasales an , ein , un , fin ; ce qui fait en tout dix-sept voix , comme Duclos et Beauze'e ; mais ayec cette différence , que ce n'est ni par le ton , ni par la durée que je les distingue, et que je pense que toutes sont, quoique plus ou moins facilement, susceptibles de toutes les nuances de ton et de dure'e. J'ajouterai que sans l'autorité de ces grands maîtres, je crois que je n'aurais admis que deux eu ; car le moyen ne me paraît différer re'ellement du faible que par la dure'e , puisque ce dernier devient toujours semblable à l'autre des qu'il se prolonge , comme on ûe s'en aperçoit que trop dans le cnant français; mais je n'ose nie fier absolument à mon oreille sur ce point délicat. Comptons donc dix-sept voix, a , a, é, è, ê , i, o, 6, e, eu, ez/, q, ouj an, ein, on, un, et passons aux articulations.
L* articulation, (Jiand j'examine avec attention toutes nos articulations , je trouve que Bcauzëe lésa parfaitement distinguées et^classe'es 5 seulement il me paraît qu'il a eu tort de retrancher du nombre des articulations réelles , la mnuille'e nazale gn , dans règne , et la mouillée liquide il/, dans paille, que MM. de Port-Royal avaient admises ; et j'avoue que toutes les raisons qu'il donne à l'appui de son opinion ne me persuadent pas: commn aussi je trouve qu'il a raison de ne pas faire, comme Duclos, irae articulation de Vi tréma du mot païen , et autres semblables, et de ne pas admettre difierens gue etdiife'rens ka.
En outre je pense , comme on l'a vu , que , pour conserver l'analogie, et bien fixer les idées sur le mécanisme de la parole , nous devons absolument marquer une aspiration faible devant
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i4> eRABIMAlRE.
toutes les Voyelles que nous écrÎTons satis aucune articulalioni car, encore une fois, il ne peut pas plus y avoir de Yoix sans articulation, que d^articulation sans Toix.
C'est parce qu'on a méconnu cette yérite' , que Ton n'a écrit ni les schéua après les consonnes , ni les aspirations faibles avant les voyelles ; et c'est cette double négligence qui a perpe'tué l'erreur , laquelle a jeté beaucoup de louche sur le inécai quence mi "
Ïiiration faible par un caractère quelconque , si 'on veut par une espèce de demi h y tel que ce signe (I-), et je présenterai ce tableau de Beauzée , comme on le voit ici , renfermant vingt articulations simples et distinctes^ au l\eu de dix.- 0ept.
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Telles sont , suivant moi , les yëritables articulations quijexistent dans notre langue.
Voilà donc que par une première analyse, nous avons reconnu que chacun des sons de l'organe vocal a nécessairement quatre manière»
différentes d'afTecter Torgane auditif, est ddaé de quatre qualités distinctes , mais inséparables , qu'on ne doit ni confondre, ni supposer existantes l'une sans l'autre ; et, par un second examen, nous avons trouvé qoc de ces auati*e qualités, la première , est susceptible, dans le dis^ cours , de trois variations sensibles , la seconde de cinq , la troisième de dix-sept , et la quatrième de vingt. Ainsi , le même son vocal peut varier de quarante-cinq manières difi'érentes perceptibles à notre oreille j ce qui, en les multipliant les unes par les autres , produit cinq .mille cent combinaisons rigoureusement possibles, si l'on fait abstraction de l'affinité que certaines voix ont plutôt avec tel ton ou telle durée, qu'avec telle ou telle autre. 11 y adoncmsqu'à cinq mille cent sons vocaux réellement dinérens pour notre oreille ; et par conséquent pour les représenter scrupuleusement chacun par un signe particulier, par un caractère vraiment syllabique, il ne faudrait rien moins que ce nombre efi'rayant de caractères, ce qui serait excessivement incommode. D'où l'on voit que si l'écriture purement syllabique a jamais été employée, ce n'est qu'en demeurant extrêmement incomplète qu'elle a pu éviter de devenir compliquée à un point insupportable.
Au contraire, en suivant la méthode à laquelle a dû conduire la notation du chant , mais à laquelle on n'a pas été assez strictement fidèle en