‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 66 sur 93 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

prenant le parti de représenter séparément chacune des qualités du son , et de ne laisser absolument rien à deviner , que faut-il ?

1* Pour noter les articulations , vingt consonnes.

0? Pour les voix , dix-sept voyelles.

3* Pour les tons , deux accens qui marquent les deux tons extrêmes, et laissent sans signef particulier les tons moyens, qui sont le ton fondamental du discours.

Observez que , dans ce système de tout exprimer , on ne peut jamais avoir besoin de l'accent circonflexe , c'est-A-dire de celui qui marque que le ton s'abaisse et s'élève successivement dans le même son , parce que dès que le ton , comme toute autre qualité, change dans un son, il n'est plus le même ; c'en est un autre qui lui succède j c'est une autre syllabe physique qui a aussi son articula tion , sa voix et sa durée , lesquelles doivent être spécifiées.

4'* Enfin pour les durées , il faut employer les chifTres r , a , 3 et 4 > qui marquent les temps que chaque son doit durer de plus que les sons les plus courts , car il est inutile de donner un signe de quantité aux sons les plus brefs qui sont regardé» comme l'unité de durée.

Ainsi , avec quarante-trois signes on peut noter, jusqu'à la plus extrême précision, toutes le» variations sensibles des sons vocaux, au moins de ceux dont notre langue nous fournit l'exemple ; et certainement il y aurait bien peu de caractères à ajouter à ceux-ci pour rendrel'alphabet absolument complet et universel j car les divers langages des hommes varient beaucoup parla répétition plus ou moins fréquente de certains sons,

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«46 GIUMMAlfiE.

et parPusage qu^on en fait^ mais il ja un bien p^tit nombre de voix et d'articulations réellement distinctes , qui appartiennent ezclusirement à un idiome , et ne se retrouvent jamais dans les autres.

l\os alphabets sont tous formés sur les principes de celui que je viens de décrire ; mais ils ne sont ni si complets , ni si réguliers. La raison en est simple ; ils n'ont point été composés d'après une analyse réfléchie de la parole, comme on s'est plu a l'imaginer. Leurs premiers élémens sont dus à des observations grossières et imparfaites. On y en a ensuite ajouté d'autres à mesure qu'on en a senti le besoin. Souvent même on en a emprunté à des alphabets ^différens , quand on adoptait des mots d'une langue étrangère ; ou on a changé la valeur des caract^Tes dont on se servait , pour imiter l'usage qu'en faisait un autre peuple. Par-la, ces alphabets sont devenus un assemblage fortuit de pièces de rapport prises çà et là, et réunies sans plan , sans vues, et sans système.

Tantôt un caractère manque , et on en réunit plusieurs pour exprimer une seule voix ou une seule articulation ; tantôt 4e même caractère a successivement plusieurs valeurs. Quelquefois une voix ou une articulation n'ont point de signes 3 d'autres fois on peut les rendre de cinq ou six façons différentes.Souvent la voix est sous>en tendue, et on met de suite plusieurs consonnes , en se persuadant qu'elles appartiennent à la même syllabe^ souvent aussi, c'est l'articulation qu'on néglige, et deux ou trois "voyelles qui se suivent forment ce qu'on appelle de» diphtongues et des trîphtongues , qui ne sont autre chose que des syllabes ou

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