CHAPITRE VI* i
et de symboles , dont nous avons Ta les iocon- Tenions monstrueux.
Si Ton Toulait créer une langue , il faudrait donc qu'elle pûl devenir usuelle ; qu'elle fût composée de sicnes dérivant directement des signes naturels du langage d'action ; que ce fût une langue d'attoucheroens , de gestes ou de sons. Or, les sons sont préférables, par toutes les raisons que nous avons dites, et par une au~ tre sur laquelle nous n'aTons pas assez insisté, quoique très - importante, mais que M. Maine- Biran a le premier très -bien saisie, et supérieurement expliquée dans son excellent Mémoire sur les effets de l'habitude. C'est l'étroite correspondance qui existe entre l'organe auditif qui reçoit les sons, et l'organe Tocal cui les prodoit; correspondance qui, rendant les sons plu» Srofondément babitueh qu'aucune autre espèce e signes , les lie bien plus intimement aux idées qu'ils représentent , et secourt 'merveilleusement la mémoire. Si l'on voulait composer une nouvelle langue, je voudrais donc qu'elle lût orale.
Ensuite , pomme le plus grand avantage exclusivement propre aux sons , est de pouvoir devenir des signes permanens , sans la moindre alté' ration, sans obliger à aucune traduction, à aucune translation de 1 idée sur un autre signe , je demanderais , pour jouir de cet avantage dans toute sa plénitude, qu'elle fût écrite avec un alphabet régulier, et une orthographe correcte, suivant les principes que nous avons exposés dans le chapitre de l'Elcriture. £Ue deviendrait par là très-facile à lire et à écrire , et très-consta»te dans sa prosodie et dans sa prononciation.
>70 GBAMMAIAE.
* les trois modes , adjectif, substantif, et attributif, et point de subjonctif; qu'il eût au mode adjectif les huit temps que nous avons reconnus nécessaires, ou tout au plus les douze que nous ayons tu pouvoir être utiles; et qu'il n'eût au mode substantif et au mode attributif que le temps pre'sent , lequel temps présent aurait au mode attributif six terminaisons différentes, pour marquer les trois personnes des deux nombres singulier et pluriel.
Enfin , à l'égard du troisième moyen de syntaxe, les signes uniquement destinés à marquer la liaison des autres signes entre eux, on voit, par ce que je viens de dire des déclinaisons , que j'admets l'usage des prépositions. J'admets aussi les conjonctions comme mots elliptiques fort utiles: mais je voudrais c(ue toutes eussent, pour syllabe radicale , la conjonction que ,• afin de oien marquer qu'elle est la conjonction unique, et que c'est d'elle seule que toutes les autres tiennent leur vertu conjonctive. Par la même raison, et pour ne pas déranger la construction directe des phrases incidentes où l'adjectif-conjonctif est le régime du verbe, je voudrais que dans les adjectiis-conionctifs cette conjonction que ne fût point unie a 1 adjectif délerminatif ; c'est-andire qu'il n'y eût pas proprement d'adjectif-conjonctif , et qu'au lieu de dire , Vhomme qui vous aime , Vhomme que vous aimez ; on dit, t homme que U aime vous, Phomme que vous aimez le. Je n'ai pas besoin d'ajouter que je conserverais les repos dans le discours, et les signes de ponctuation dans l'écriture. ,
Tels sont les moyens de syntaxe que je désire- Tau dans notre languie imaginaire.