CHAPITRE PREMIER
Qu’est^ce que penser ?
La faculté de penser consiste à éprouver une foule d’impressions, de modifications, de manières d’être dont nous avons la conscience , et qui peuvent toutes être comprises sous la dénomination générale d’idées ou de perceptions.
Toutes ces perceptions , toutes ces idées , sont des choses que nous sentons. Elles pourraient êtres nom-
de l’idéologie. 5gt
niées sensations ou sentimens, en prenant ces mots dans un sens très-étendu, pour exprimer une chose sentie quelconque. Ainsi, penser c’est toujours sentir quelque chose, c’est sentir.
Penser ou sentir, c’est pour- nous la même chose qu’exister -, car si nous ne sentions rien , nous ne sentirions pas notre existence; elle serait nulle pour nous, bien qu’elle pût être sentie par d’autres.
De ces idées ou perceptions , les unes sont des sensations proprement dites, les autres des souvenirs, d’autres des rapports que nous apercevons, d'autres enfin des désirs que nous éprouvons.
La faculté de penser ou d’avoir des perceptions renferme donc les quatre facultés élémentaires appelées la sensibilité proprement dite, la mémoire, le jugement et la volonté.
Et si de l’examen de ces quatre facultés il résulte qu’elles suffisent à former toutes nos idées, il sera constant qu’il n’y a rien autre chose dans la faculté de penser.