‹ Elemens d'ideologie (volume 3)Chapitre 64 sur 203 · CHAPITRE VII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. l

voit aussi s’agiter quand ils éprouvent de' la douleur; et ils se dépitent violemment si quelque chose les en empêche. Enfin, on les voit s’agiter encore lorsqu’ils désirent quelque chose, parce que tout désir non satisfait est aussi une souffrance. Mais leurs mouvemens n’ont pas d’abord une direction plus déterminée dans ce dernier cas que dans les deux autres. Ils ne commencent à prendre une tendance marquée vers l’objet de leur désir, que qUancEils ont appris à démêler et à. distinguer les différens corps, à les reconnaître pour les causes des impressions qu’ils reçoivent, et à sentir que ce h’est pas vaguement telle impression qu’ils désirent éprouver, mais tel objet, cause de cette impression, qu’ils veulent posséder et dontils veulent jouir. Or, je crois qu’ils n’arrivent à ce degré de connaissance que par la route que nous avons indiquée.

On pourrait dire, il est vrai, qu’indépendamment de la sensation interne que cause tout mouvement, ces mouvemens fortuits peuvent leur faire rencontrer par hasard une sensation externe qui leur plaise, une sensation visuelle par exemple ; que ces mouvemens peuvent mêrqe se trouver di-

rigés de manière à prolonger cette sensation prête à échapper; à suivre, par exemple, unie lumière qui passe devant leurs yeux; et que cette expérience répétée peut les conduire à faire avec intention ces mêmes piouvemens exécutés d’abord au hasard.

Ou pourrait même le soutenir avec plus davantage des sensations tactiles. Un enfant étend son bras uniquement pour l’étendre. Il rencontre une chaleur douce qui lui fait plaisir ; il retire ce bras et l’étend de nouveau, il retrouve cette même chaleur; ou bien il le laisse étendu et il ressent constamment cette sensation agréable.

De cet effet, répété plusieurs fois, il peut résulter, dira-bon , qu’il apprenne à étendre son bras dans l’intention d’éprouver cette sensation, ou à le laisser dans la position où il l’éprouve afin qu’elle continue. Je n’oserais pas affirmer qu’il soit absolument impossible que cela arrive ; mais je crois que c’est extrêmement difficile, parce que je ne vois pas quelle liaison cet enfant, ignorant tout, peut établir entre cette sensation qu’il éprouve et le mouvement de ses organes nécessaire pour se la procurer, à moins qu’il ne s’aperçoive du mouvement

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