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CHAPITRE VII. l

de ces mêmes organes ; et alors nous voilà revenus à la nécessité du mouvement senti. La sensatiqn externe n’est plus que la cause occasionnelle de l’action de sa volonté ; la sensation intérne du mouvement est seule cause de la connaissance du moyen de se procurer cette autre sensation desirée.

D’ailleurs, je vois bien notre nouveau-né arrivé à desirer une sensation et à savoir, dans quelques cas , se la procurer en commençant par s’en donner une autre qu’il a reconnu conduire a celle-là. Mais je ne vois pas du tout comment il parviendrait a apprendre que la sensation qui est son but, et que celle qui est son moyen, sont causées par des êtres distincts de son moi, et à découvrir qu’il y a des corps et qu’il en a un. Il me semble qu’il ne peut y réussir pour son propre corps que par l’observation de la souplesse oii de la rigidité de ses organes; et, pour les corps étrangers à lui, que par l’application immédiate de ces mêmes organes sur eux ; et alors nous voilà encore revenus, non -seulement à la nécessité d’un mouvement senti et voulu, mais encore à celle d’un sentiment de résistance éprouvé; à quoi il faut ajouter qu’on ne saurait corn-

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prendre comment le mouvement d*un organe pourrait être senti si ses parties n’étaient pas douées d’une certaine force de résistance au mouvement.

Il me paraît donc prouvé, i° que nous sommes très - assurés de l’existence des corps , c’est-à-dire d’êtres qui ne sont pas notre moi sentant et voulant, et qui lui obéissent ou lui résistent plus ou moins; 2° que c’est à la faculté de vouloir, jointe à celle de nous mouvoir et de le sentir, que nous devons la connaissance de ces corps et la certitude de la réalité de leur existence ; 5° que, pour que ces facultés produisent cet effet, il faut que ces corps soient doués d’une certaine force de résistance au mouvement. Action voulue et sentie d’une part, et résistance de l’autre ; voilà, j’ose n’en pas douter, le lien entre les êtres sentans et les êtres sentis ; c’est-là le point de contact qui assure très-certainement ceux-là de l’existence de ceux-ci, et je ne leur en vois pas d’autre qui soit possible.

De cette vérité, si c’en est une, comme je le crois très-fermement, il résulte deux conséquences singulières; l’une, qu’un être complètement immatériel et sans organes,

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