‹ Eléméns d'idéologieChapitre 10 sur 43 · PARAGRAPHE T · texte numérisé non relu

PARAGRAPHE T

ire ; mai» il ne doit pas noos empêcher de fiiire des combinaisons des effets de nos facultés , en prenant les précautions convenables; car puisque les variations de notre nature sensible sont renfermées dans certaines limites, nous pouvons toujours y appliqueir les considérations tirées de la théorie des limites des nombres. Mais cette observation doit noua apprendre comUien le calcul de toutes les quantités morales et économiques est délicat et savant , combien il exige de ménagement, et combien il est imprudent de vouloir y appliquer indiscrètement Téchelle rigoureuse des nombres.

. Quoi qu'il en soit, puisque ce coup d'œil rapide sur les idées de richesse et de dénuement dérivées du sentiment de nos besoins nous a menés à parler sommairement de tous nos biens, nous ne devons pas passer sous silence le plus grand de tous, celui qui les renferme tons, sans~ lequel aucun d'eux, n'existe, qu'on peut appelerTe bien unique de l'être voulant, la liberté. Elle mérite un article à part.

f}e la faculté de vouloir naissent encore les idées de liberté et de contrainte.

Rien ne serait plus aisé que d'inspirer quelque intérêt à toutes les âmes généreuses , en comment çant ce chapitre par une espèce d'hymne à ce pre-r Ô^ier de tom les |»iej|ft de la nature seneible, la U-*

herté* MaU ces «xplosioas de «cntiàieni h'oot ponlr objet que de s'électriser tei-raénie , on tlMoiouvoîr ceux à qui l'on s'adresse^ Or, un hoinme qui se voue sinccreraeDt à la recherche de k vëritë est suffisamment anime par le but qu'il se {iropoise , et compte sur la m^me disposition daiis tous ceux par qui il est bien aise d'être lu. L'amour dti bien et du vrai est une TëritabJe passion. Cette passion est , je crois, assez nouvelle f du moins il me semble qu'elle n^a pu exister dans toute sa foi'cé que de— puis qu'il est prouvé par le raisonnement et par les faits , que le bonheur de l'homme est proportionne à la masse de kcs lumières , et que l'un et Faulre s'accroissent et peuvent s^accroltre indéfiniment. Mais depuis que ces deux véi*itës sont dt^montrëes , cette passion nouvelle qui caractérise l'époque où cous vivons n'est point rare, quoi qu'on en dise ; et elle est aussi énergique et plus constante qo'aucnne autre. Ne chéichons donc pas à l'exciter, mais à la ^tisfaire, et parlons de la«liberté aussi froidedoent que si ce mot seul ne mettait pas en mouvement toutes les puissances de l'âme.

Je di^ que l'idée de Uherté natt de la faculté de vouloir; car, avec Locke, j'entends, par liberté, la puissance d^exécuter sa volânkté, d^agir conforméftaent à son désir; et je soutiens qu'il est impossible d'attacher une idée nette à ce mot, quand on veut lui donner un autre sen^. Aittsi, il n'y aurait pas 'de liberté s'il n'y avait pas de volonté; et il ne peut pas exister de liberté avant la naissance de la volonté. C'est donc ua véritable iwn^^ens de préébfidlTe que la yolonié

est iibre de nattre (i); et telles étaient f^escpie toutes les Êimeuses décisions qui subjugaaient les esprits ayant la naissance de la véidlable étude de rinteUigence humaine. Aussi les conséqnetioes c|ue J'on tirait de ces prétendus principes, et nomiiiément de celui-ci , étaient-elles la plupart d'une absurdité complète ; mais ce n'est pas le moment de nous en occuper.

Sans foiul doute y on ne «autant trop le vedire , l'être sensible ne peut youloir sans motif; il ne peut Toujoir qu'en vertu de la manière doiit il est affecté : ainsi sa volonté suit de ses impressions antérieures, tout aussi nécessairement qde.tout effet suit de la cause qui a les propriétés nécessaires pour le produite. Gitte nécessité n*est ni un bien ni un mal pour i'étre sensible : c'est la conséquence de sa nature, c'est la condition de son existence ; c'est la donnée qu'il ne peut changer, et de laquelle il, doit toujours partir dans toute ses spécu-latious.

Mais lorsqu'une yolobté est née dans l'être ani* mé, lorsqu'il a conçu une détermination quelconque, ce Intiment de vouloir, qui est toujours une flOufiranflPïtant qu'il n'est pas satisfait, a, en récompense, l'admirable propriété de réagir sur le» organes, de régler la plupart de leur» mouyemens^ de diriger l'emploi 4e presque toutes^ les facultés , et par -là de crées tous les moyens de j[Qui6sance cl

il) Yoyca t. »«r,càap.l3 » de/Elcin«M d'Wéolo^a^

de puiaianee de Vétre sensible, quand aucime forae «étrangère ne l'en empêche, c'estrà-dire quand TétrB foulant est libre»

*La liberté, prise dans ce sens le plus général dm tous (et le seul raisonnable), signifiant la puissance d'exécuter notre volonté, est donc le remède à tous nos maux, Taccomplissement de tous nos désirs, la satisfaction de tous nos besoins, et, par suite, le premier de tqus nos biens, celui qui les produittous, qui les renferme tous. Elle est la même chose que notre bonheur ^ elle a les mêmes limites; ou plutôt notre bonheur ne saurait avoir ni plus ni moins d'ëtendue que notre liberté, c'est-à-dire que notre pouvoir de satisfaire nos désirs. La contrainte, au contraîre; quellequ'elle soit, est l'opposéde la liberté; elle est la cause de toutes nos souffrances ; elle est la source de tous nos maux; elle est même rigoureusement cotre seul mal ; car tout mal est toujours {a contrariété d'un désir. Nous n'en aurions assurément aucun si nous étions libres de nous en délivrer dès que nous le souo» haitons: c'est là vraiment Oromaze et Ahriipane.

La contrainte dont nous souffrons, ou plutôt que nous soufirons, puisque c'est elle-mém^Mui constiTtue toute souffrance, peut être de différaK degrés: elle est directe et immédiate, ou seulement médiate et indirecte; elle nous vient d'êtres animés ou d'êtres inaminés; elle est invincible ou peut être surmontée. Celle qui est l'effet de forces physiques qui enchaînent l'action de nos facultés est immédiate; tandis que celle qui est le résultat de diverses com» ()inaisons de notre intelligence, ou de certaines coo^

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