PARAGRAPHE V
sidëratkms morales, n'est qu'indirecte et médiate # quoique trùs-rëelle aussi. L'une et l'autre, suivant les circonstances , peuvent être insurmontables , ou susceptible^ de céder à nos efforts.
Danstous ces cas divers,' nous avons différentes manières de nous conduire pour échapper à la souffrance de la contrainte, ipour effectuer V accomplissement de nos désirs } en un mot^ pour parvenir à notre satisfactiony'à notre bonheur \ car, encore une fois, ces trois choses sont une seule et même. De ces différentes manières d'arriver à ce but unique de tous nos efforts comme de tous nos désirs, de tous nos besoins comme de tous nos moyens, nous devons toujours prendre celles qui sont les plus capables de nous y conduire. C'est là aussi notre de-^ Yoir unique, celui qui renferme tous les autres. Le iDoyen de le remplir, ce devoir unique, p'est premièrement, si nos désirs sont susceptibles d'être satisfaits, d'étudier la nature des obstacles qui s'y op« posent, et de faire tout ce qui dépend de nous pour les surmonter; secondement, si nos désirs ne peuvent être accomplis qu'en nous soumettant à d'autres maux, c'est-à-dire en renonçant à d'autres choses que nous désirons, de balancer les inconvéuiens, et de nous décider pour le moindre ; troisièmement , si le succès de nos désirs est tout-à-£iit impossible^ il faut y renoncer, et nous renfermer sans murmures dans l'étendue de notre pouvoir. Ainsi tout se réduit à çmpjoyer nos adultes intellectuelles, d'abord 9 bien apprécier nos besoins , ensuite à étendre nos moyens autant que possible , et enûn à' nous sou •»
/îG IIÏTRODUCTIOIV.
mettre à là nA(»seit<5 cfe notre nature, à la condition ■ invincible de notre existence.
Mais je m^aperçois que j'ai prononcé le mot de devoir, L*iclée que ce mot exprime mérite bien un chapitre à part. Il tue suffit, clans celui-ci,* d'avoir terminé l'examen «le tofus nos biens, en montrant que, puisque dans l'emploi volontaire de nos facultés consistent tous nos moyens de bonheur, la liberté, la puissance d'agir suivant notre volonté,* renrfërrae tous nos biens, est notre bien unique, et ïjiïe notre devoir unique est d'accroître cette puissance et d'en bien user, c'est-ià-dire encore d'en user de lïianicre à ne la géncr ni ne la restreinclfe ultérieurement. Vondrait-on encore , avant de quitter ce strjet, appliquer à ce premier de tcin* lesbie<is,la liberté, l'idée de valeur qiie nous avons rue naître nécessairement de l'idée de bien7 et demanderait-on quelle est la valeur de la liberté? Il est évident que, la liberté totale d'un être sentant et voulant n'étant autre chose que la puissance d'user à son gré àa facultés qu'il a, la valeur entière de cette liberté est égale à la valeur entit^re de Tcmploi des facultés de cet être; que si de cette liberté totale on ne lui en rétranche qu'une portion, la valeur de cette portion retranchée est égale à la valcui* des facultés dont on lui interdit l'exercice, et que la valeur de ce qui lui en reste est la mC'me que celle des facultés dont il conserve l'usagé; et enfin il est manifeste encore que, quelque faibles que soient^ Jes facultés d'un être animé, la perte absolue de sa liberté est une perte vraiment infinie pour lui , et à laquelle