‹ Eléméns d'idéologieChapitre 24 sur 43 · ET DÉVELOPPEMENS · texte numérisé non relu

ET DÉVELOPPEMENS

inégalité. Mais cela est beaucoup pins difficile dans «x*r<ains temps et dans certaines positions que dans «l'autf-es. Un peuple méditerranc^, agricole^ ayant peu de relations, vivant sur un sol peu fertile , lie pouvant augmenter ses moyens de jouissance €\v\€'. par les pr<^i*ès lents de sa culture, et Ms pro* ^rtVs plus lents encore de ses manufactures, évitera facilement et long-teinps qu'il s'établisse une grande inégalité entre ses concitoyens. Si le sol est plus riche ^ et surtout s'il produit dans quelques endroits des denrées très-recherchées, il se fera plus aisément de grandes fortunes. S'il renferme cU>s mines de métaux précieux, beaucoup de parti- «Miliers certainement se raineront à les exploiter , mais quelques-uns y acquerront des richesses'immenses j ou si le gouvernement se réserve ce profit, il sera bientôt en état de procurer à ses créatures une opulence exagérée, et il est bien vraisemblable qu'il n'y manquera pas. Trop de causes concourent à produire cet e£Pet. Enfin, si vous supposez que ce premier peuple encbre pauvre devienne conque* rant , s'empare d'un pays riche et s'y établisse en vainqueur, voilà tout d'un coup la plus grande inégalité introduite d'abord entre la nation victorieuse et la nation subjuguée, et ensuite parmi les vainqueurs eux-mêmes. Car là où la force décide , il est bien difficile que les partages soient équitables. Les loti des divers individus sont aussi différens que leurs degrés d'autorité dans l'armée ou de faveur auprès du chef. Encore sont-ils exposés à de fréquentes usurpations.

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La ftHrtune des Bfitioos maritimes est en f^ml plat rapide ; cepipndant on y ivinarque les m^oies Tariëtés .Des navigateurs peuvent étro réduits à des bénéfices médiocres, au cabotage, à la pèche, an commerce avec des nations avec lesquelles il d'j ait pas de grands gains à faire, ftors il leur est aisé de rester long-temps à peu prés ^auz entre eux* Us peuvent au contraire pénétrer dans de* régions inconnues, avoir à profusion les denrées les plus rares , établir des relations af ec des peapies sur lesquels on puisse faire des profits immenses, 8*attribuer de grands monopoles, fonder de riches colonies sur lesquelles ils conservent qq empire tyrannique, ou même devenir conquérans, et importer dans leur patrie les produits de pajs très-«tendu8 soumis par leurs armes , comme les Anghis dans l'Inde , et les Espagnols dans TAmériqiie méridionale. Dans chacun de ces cas il y a plus ou moins de chances , mais dans tous il y en a beaucoup y pour que ces énormes ridiesses se dis* tribnent trcs-inégalemcnt.

I Beaucoup d'autres circonstances sans doute se joignent à celles-là et en modifient les efiFets. Les différens caractères des peuples, la nature de leun gouvememens , le plus ou moins d'étendue de leun lumières , et surtout de leur connaissance de l'art social, dans les momens qui décident de leur sort, font que des événemens semblables ont des conséquences très-difféf^ntes. Si Vasco di Gama et ses contemporains avaient eu les nHHBcs vues et les mêmes mœurs que Cook cmi La Peyrouse, nos rck-^

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tàcm avec-Ies Indes serjûeat tout autres qu'elle» ne •VOQt. xl est 8Uiioul remarqiiable combien i'épocjue il laquelle un coi^s politique commence à se for-mer influe sur toute la duri^e de son existences Certainement des empires fondés par Clovis ou par Onrtez, ou des sociétés recevant leurs premières 'Jois de Locke ou de Franklin, doivent prendre des diredions ti^s -différentes, et l'on s'en aperçoit bien dans toutes les périodes de leur histoire, (i) '

Ce sont ces causes si diverses^ et surtout la 'delrmêre> qui produisent l'ifffinie variété que Vàn l<nftrqiie dans les destinées des nation s$ mais enfin le ^d est partout le même. La société , procurant à chacun la sûreté de sa personne et de ses propriétés, cause le développement de nos*facultés; ce dieVeloppemeiit produit Faccroissement de nos riebcpses ; leur accroissement amène plus ou moins vite leur très -inégale répartition j et/cette inégale Tjépairtition, ramenant Tinégaliié de pouvoir, que la ^9odété avait commencé par contenir et était destinée à détruire , produit son aBàiblissement et quelquefois sa dissolution totale.

C'est sans doute ce cercle vicieux que les histo^ riens -ont voulu nous représenter par les mots de

(i) Cela est si froippant, qa'il n^y a personne , je pense , qui PC regrette que Ton ait découvert ^Amérique trois cents ans trop tôt , et qui ne doute même &*i\ serait temps encore de In <iécou"vrir. Il est vrai «jne ces évéuetneiis-là même , bien qtre «lé^toraMcs , out .'ervi à nos progrès ukérieùrs. Mais c'c&t tes «riwler bien cher. Il parut que telle est noire deslmce.

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