‹ Eléméns d'idéologieChapitre 25 sur 43 · CHAI». X. CONSEQUENCE · texte numérisé non relu

CHAI». X. CONSEQUENCE

fetincsse et de Ticillesse des nations , et par ee qu'ils appellent.leur vertn première, leur pureté primitive; puis leur dqgënératien , leur corruption , leur amollissement. Mais ces expressions vagues, contre lesquelles j*ai déjà réclame peigtient bîûn mal les faits , et égarent souvent ceux même qui les emploient. On nous parle toujours de la veitu des nations pauvres. Certainement là oà l'égalité rend l'injustice et l'oppression plas difficiles et plus rares, on est plus vertueux par lefiiit, |fftiisqu'il y a moins de fautes commises ; mais c'est l'égalité et non la pauvreté qui en préserva Da ivste , les passions sont les mêmes qu'ailleurs. Pourquoi nous représenter incessamment les nation? commerçantes comme avides , et les peuples agricoles comme des modèles de modération ? Partout les hommes tiennent à leurs intérêts et en sont occupés. Les Carthaginois n'étaient pas plus avides que les Romains ; et les Romains , dans ce que Von appelle leurs beaux temps, qui étaient chez eux les usuriers les plus cruels , et au dehors les spoliateurs les plus insatiables, étaient tont aussi avides que sous les empereurs. L'état de la société seul était différent. Il en est de même da mot dégénération. Certainement quand une partie des hommes s'est accoutumée à se résigner à l'oppression, et l'autre à abuser de son pouvoir, on peut bien dire qu'ils sont dégénérés. Mais à la manière^ dont on emploie souvent cette expression, on croirait qu'ils ne naissent plus les mêmes, que leur nature est changée, que ûur race rat altéreti

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«fii'ik n'oul plu» ni force ni courago ; tout cela c^t tïrèa-f^uji» On a encore plusabnsé des mots mol" lesae et amoUissement, Montesquieu lui-inéflieyou4 dit gravement qpe la fertilité de la terre amollit les hommes (i). Elle le^nourrit, et voilà tout. A. entendre certains auteurs, on dirait qu'il arrive vu jour, oà tous les individus d'un^nation vivent dans les délices comme ces fabuleux Sibarites dout on nous a tant parlé. Gela serait fort heureux , mais cela est impossible. Quand on vous dit qu!une nation est énervée par la mollesse, comprenez qu'il y en .a un jcentième tout au plus de gâté par Tbabi-tude du pouvoir et la facilité des jouissances, et que tout le reste est abattu par F oppression et dévoré par la misère (2]. On ne se trompe pas moins sur le sens de ces expressions, les nations pauvres j c'est là où le peuple est à son aise; et les nations riches, c'est là où il est ordinairement pauvre. Voilà pourquoi les unes sont fortes, et les auti'es sont souvent faibles. On pourrai!^ multiplier ces

(0 11 en (lit bien d'autres \ioyez son Livre i8" des Lois, dans le rapport qa^elles ont ayec U nature du terrain.

(a) Et ces fameuses délices de Gapone ! et toutes ces armées •moitiés tout ft coup pour s''être trouv<$es dans T abondance! Demandez &tons les généraux si leurs soldats en valent moins liprès avoir eu largement de quoi vivre pendant quelque temps , à moins qu'ils ne les aient laissés devenir pillards et indisciplinés, en leur en donnant Pexemple , ou que les cbefs, ayant fait fortune, niaient plus d* ambition. Si c*est là ce qîii^st arrivé anx Cai'thaginoit ou à d*autres, c^est là ce qu^U fallait DOiu dire , aft non pas de Taiues phrases de rhélew.

!?.^3l CTUP. XI. DK L* EMPLOI

iVHlrxioiis à l'infini. Mais tout ae rôduit m cette ▼ériU^ y qui u'a pas t<«u)Ours 'ëië assez sentie : la multiplication èe nos moyens de jouissance est «ne très-bonne chose ; leur trop inégale répart itinn. en est une très-mauvaise^ et la source de tous no* maui. Sur ce point encore, l'intërèt du paii^«« est le même ^e. celui de la société* le crcw <a avoir asseï dit sur la distribution de nos richesses 9 il est temps de parler de l'usage que noas^oi laissons.

De VEmploi de nos richesses, ou de la Ctmsom-'

matian,

ATKts avoir vu comment se forment nos richesses et comment cUdi se distribuent, nous voici arrivés an iDomcnt d'examiner coiunient nous nous en servons, el quilles sont les conséquences des différons usages que nous eu faisons. C'est là ce qui doit achever de nous dévoiler toute la marche de la société, et de nous montrer quelles sont les choses réellemeut utiles ou nuisibles, tant au public qu'aux ])arfc>cu tiers. Si dans les deux premières parties nous avons bien connu et exposé la vérité, celle-ci se débro.uillet'a d'elle-même, et tout y sera clair et in -« contestable. Si au contraire nous avons mal vu les premiers laits, si nous ne sommes pas remontéi

DE nos BrcsressES. a"5

jcilqa'aDX proroiâvs Causes, si nos recherdifè ont été superficielles oa épatées par Tesprittle système « mous allons rencontrer <tifficnltés sur difficultés, et il- restent dan» tout ce que nous dirons beaucoup de cfa«)ses obscures et douteuses, comme il est arrWë à lieaucoop d'antres , et même des plus capables et des ^ns sayans. C'est ce do^t lejecteur jugera. Y

Noos ne créom rien, nous n'anéantissons rien; mais nous opérons des changemens productifs ou destructifs d'utilité. Nous ne nous procurons dep moyens de jouissance que pour pourvoir à nos be* M^ins, et nous ne pouvons les employer à la satisfâc-r tion dé ces besoin^) qu'en les diminuant , ou n%âine en les détruisant. Nous ne feisons des étoffes^ et aYec ces étoffes des habits, que pour nous vêtir, et eti les portant nous les «sons. Avec des graines, de ratr, de la terre, de Peau et des fumiers, nouspro*dvÎBons des matières alimentaires pour nous nourrir, et en nfius en nourrissant nous les convertissons «n gaz et en fnmiors qui en produiront d'autres. C'est là ce que nous appelons consommer. La con-t- ^ommation est le But de la production ; mais elle en est le contraire. Ainsi toute production augmente notre richesse, et toute consommation la diminue. Telle e^ la loi générale.

Cependant il y a des consommations de bien des genres. U y en a qui ne sont qu'apparentes; il yen a qui sont très-réelles et même très-destructives; if y en a qui sont fructueuses. Elles varient suivant Tespcce de consommateurs et suivant la nature des chose» copsonmices. GiMont toutes ces différencca

5t^4 r.nAVr Xt. I>« L*RMPLOf

qu'il faut démêler et dî&ttnguer, pour bien rvix^ effets de la consommation ^nërale sur la masse totale des richesses. Commençons par disciiter les consommateurs : je liasarde cetttc ex^^ession, parce qu'elle exprime tort bien le but q je je ine propose. Il est convenu que nous sommes tous coDsonmateiirs, car nous avons tens^cs besoins auxquels nous ne pouvons pourvoir que par une consommation quelconque; et que de même nous sommes toQs propriétaires, car nous possédons tous quelques moyens de pourvoir à nos besoins, ne fût-ce que nos forces et notre capacité individuelles. Mais nous avons vo ausiii que par la manière inégale dont les richesses se distribuent à mesure qu'elless'accumulent, beaucoup d'entre nous n'ont aucune part à ces richesses accumulées , et ne possèdent en eBet que leurs forces Individuelles. Ceux-là n'ont d'autre trésor que leur travail de tous les jours. Ce ti'availleur procure des «alaires: c'est pourquoi nous les avons appelés spécialement salariés; et c'est avec ces salirircs «pi'ils font kce à leur consommation.

• Mais sur quoi sont pris ces salaires? U est évident que c'est sur les propriétés de ceux à qui les salariés vendent letir travail , c'est-à-dire sur des fonds qui sont d'avance en leur possession, et qui ne stmt nutre chose que les produits accumulés de travaiuL antérieurement exécutés. U suit de là que la consommation que paient ces richesses est bien la coih> sommation des salariés, en ce sens que ce sont eux qu'elle substantc ; mais qu'au fond ce ne sont pas eux ^i la paient, ou du moin^M^'ils ne la paient qu'aTCC

DS NOS RiCBESSRft. 3*5

Condt-exUUn» d'avance entre les mains éo oeujt qui les emploient. Ils ui& font que recevoir d'une znain et nendre de l'autre. Leur consommation doit donc être regardée comme faite par ceu^ qui les sou- 42oient. Si même ils ne dépensent pas tout ce qu'ils reçoivent, ces épargnes, les élevant £|u rang de capitalistes, les mettent à même défaire ensuite des dépensés sur leurs propres fonds; mais comme elles leur viennent des mêmes mains, elles doivent êtra regardées d'abord comme des dépenses des mêmes personnes. Ainsi, sous peine de faire des doubles emplois dans les calculs économiques, il faut compter absolument pour rien toute la consommation immédiate des salariés, en tant que salariés , et considéi:c'r non-seulement tout, ce qu'ils dépensent, mais même la totalité de ce qu'ils reçoivent, comme la dépense iréelle et la consommation propre de ceux qui achètent leur travail. Celaestsi vrai, que, pour voir si cette consommation est plus ou moins destructive de la richesse acquise , ou même si elle tend à l'augmenter, comme cela arrive souvent, tout dépend de . savoir quel usage font les capitalistes du travail qu'ils achètent. Ceci nous amène à examiner la consommation de ces capitalistes.

Nous avons dit qu'ils sont de deux espèces : les nns oisifs, les autres actifs. Les premiei:s ont un revenu fixe indépendamment de toute action de leur part, puisqu'ils sont suppposés oisifs. Ce revenu consiste dans lé loyer de leurs capitaux, soit meubles, soit argent, soit biens-fonds, qu'ils louent à feux ^i les içmt valoir par l'effet de leur industrie*

2^6 CHIP'. XT. BK ti'tUfPtOf

Ce revfmi n*e$t donc qft'im |ii¥iè¥mi»C!»€ q«R ii^â^ sur les produits de l'activité de» cttory*éiis indus- Irieux; mais ce nWt pas là ce qifi Doafi occape ac* tueileuient. Ce qae noos voulons ▼olTyC'e^^fidfest remploi de ce revenu. Puisque ks hommes à'q»i ii appartient sent oisifs, il est manifeste qu'ife' ne di* rigent auctm travail productif. Tons les travalAéon qn'iU soldent sont uniquement destinas à leur pfO~ curer des jouissances. Sans doote ces jouiss^ticesM&f de difTérens genres. Pour les moins riches elles se i)ornei»t à ta satisfaction des be^iiis les plus ui^cds!; pour les autres elles s'ëtendent pardegrc^, sufrant leurs goûts et leurs moyens-, jusqu'aux rechercbfs du luxe le plus raffiné et le film effrétié. Mais enfia les dépenses de toute cette classe d'hommes se res^ semblent toutes, en ce point qu'elles n'ont poirir objet que leur satisfaction personnelle , et qu'efle) alimentent une nombreuse population qu'elles font subsister^ mais dont le travail est complètement sti^ rile. H est vrai cependant que, parmi ces dépenses, il peut s'en trouver quelques-unes qu«<soieeitpfD90ii ïnofns fructueuses, comtoe, par exemple, la cons^ tructiott d'une maison ou FaméHoration d'un fotadi de terre; mais ce sont des cas particuliers qni feflt que les consommateurs de ce genre rentrent motneiK tanément dans la classe de éeux qui dirigent Ôëk entreprises utiles et soudoient du travail productif^ A ces légères exception.s->-là près, toute la coDsom* matibn de cette espèce de capitalistes est absolufflotl en pure perte seus le rapport de la repiodnction, ei autant de diminué sur \c$ richesses acquiseï Au^

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