‹ Eléméns d'idéologieChapitre 8 sur 43 · PARAGRAPHE I · texte numérisé non relu

PARAGRAPHE I

le tout sans cesser d'être perçnes, etparoonséqamil d^étre ées per6tf}tioju» Je crois done qoelemot/vcrception est TëHtableineiit le lerme générîqne.

Quant à la distinction mie l'on établit aussi entre les mots persepuon et tcUe , je ne la |crois pas pkia Intime y si on la fonde sur la prétendue propriété, qu'a l'idée d'être une image; car ridéejK>i>ier n'est pas plus l'image d'un arbre que la perœptieti du rapport de trois Jb quatre n'est l'image de la dîffiS^ remce de ces deux chiffres; et aucune des modifica* lions de notre sensibilité n'est l'image de rien de ce qoi se passe hors de nous. Je pense done encore que l'on peot regarder les mots j9erc#pftaa et idée comme syncmymes dans leur sens le plusétendn; et par les mêmes raisons les mots penser et sentir comme équi*ralens aussi, quand ils sont pris dans toute leur généralité. Car toutes nos pensées sont des choses senties^ et si elles n'étaient pas senties e|les^ne seraient rien; et la sensibiiiiâ est le phénomène général qui constitue et comprend toute l'existence de l'être auimé, do moins pour lui-même,, en tant qu'^^ animée seule condition qui puis^ le rendre être pensant

Quoi qu'il en soit, aucun des êtres animés que nous connaissons, ni même, de eeux que nous ima^ ginons, n'eft indififéreut à toutes ses,percej>tioDs; il est toujoura compris dans leur sensibilité, dapsleur faculté d'être affectés, de l'être d'une manière telli que certaines perceptions leur. paraissent ce que l'on appelle agriablee, et certaines autres, ce que l'on appelle déeagréaUes» Qt c'est là ce qui constitue la faculté dt Youltiir. Actuellement que nous nous

en soDMpes fait une idée bien nette, nous pouyons voii:, facilement comment cette faculté produit 'les idées de personnalité et de propriétém ^

JÙé la fatfLÎiè de' vouloir naissent Us idées de personnalité «/ <fe propriété.

Tout'hbmtté' c^i prononcé le' mot Trtoi,' sans être métSpfaysiden^ etiténd Irès-bîen ce qu'il reut dire;" et néânmdînsjttiéme étant métaphysicien , il riéus*sit ëOuvent fort mal à s*en retfdre compte et à Texpliquer. Noué allons tàchet A*f "parvenir à Taide de quelqitèli) réflexions très-simplet.

O n^est pas notre corps tel qu'il est ponr les autres', et tel qu'il leur app^raf t , que nous appelons notre moi, La prcuire en est que nous savons' fort bien dire comment sera notre corps quand nous n'exislèroris'plus, c'est-à-dire quand notre moi ne sera plus. Ce sont donc là deux êtres bien distincts.

Ce n'est pas nbn'pliis aucune des facultés particu* lières que nou3 possédons qui est pour nous la tnëmë chose que notre moi; car nous disons : J'ai la faculté de marcher, j'ai celle de manger, de dormir, dé respirer. Ainsi, je' on moi qui possède est une chose distincte de la chose possédée. )

En est-il de même dé la fÂcuIté générale de sentir? Au premier conpd'œil îl paratt que oui, puisque fe diîs de même : J'ai la faculté de sentir. Cepcndaut ici nous trouvons une grande différence, pour pôu

PARAOAiLPHE 11. II

qae nous pénétrions plus avant. Gar, si {e me demande comment je sais que f ai la faoaké de marcher, je réponds : Je le sais parée que je h- sens, ou parce que je réprouve, parce que je le vois, ce qui est encore le sentir* Mais si je me demande corn*ment je sais que je sens , je suis obligé de répondre : Je le sais parce que je le sens. La faculté de sentir est donc celle qui nous manifeste toutes les autres , sans laquelle aucune d'elles n'existerait pour nous , tandis qu'elle se manifeste elle-même , qu'elle est celle an delài de laquelle nous ne saurions remanter et qui constitue notre existence , qu'elle est tout ponr noits , qn'elle est la même chose que nous, Jt aens parce que je sens, je sens parce que j'existe, et je n'existe que parce qne je sens. Donc mon existence et ma sensibilité sont une seule et même chose ; ou , si Ton veut , l'existence de moi et la sen* stbilîté de moi sont deux êtres identiques.

Si nous faisions attention que, dans le discourt, jn?

on moi signifie toujours l'être ou la personne moraîe

^ui parle, ndus trouverions que, pouxnous exprimer

avec exactitude, an Iren de dire : /'ai îa faculté de

-^archer, je devrais dire : La faculté de sentir , qui

constitue la personne morale qui vous parle, a la

propriété de réagir sur ses jambes de manière que

son corps marche 5 et au lieu de dire : JT ai la faculté

de sentir, je devrais dire : La faculté de sentir , qui

constitue la personne morale qui vous parle , exiète

dans le corps par lequel elle vous parle. Ces locutions

sont bizarres et peu usuelles , j'en conviens; mais,.

à mon avis, elles peignent le fait avec beaucoup de

vérité : car, dans totts nos' entretiens comme dans tontes nos relations, c'est toujours une faculté de sentir qui s'adresse à une autre.

Le moi de chacun de nous est donc pour lai sa propre sensibilité^ quelle que soit la nature de cette sensibilité, ou ce qu'il appelle son âme, s'il a une opinion arrêtée sur la nature du principe de cette même sensibilité. H est si vrai que c'est là' ce^ que nous entendons tous par notre moi, que nous regardons tous la mort apparente comme la fin de notre être y ou comme un passage à une antre existence, uivant que nous pensons qu'elle éteint ou qu'elle n'éteint pas tout sentiment. C'est donc le fait seul de la sensibilité qui nous donne l'idée de lApersonncdiU, c'est-à-dire qui nous fait apercevoir que nous sommes un être, et qui constitue pour nous notre moi, notre être.

Il y a pourtant, et nous en avons déjà fait la remarque ailleurs (i), une autre de nos facultés avec laquelle nous identifions souvent notre moi : c'est notre volonté. Nous disons indifféremment : Il dépend de moi, ou il dépend de ma volonté, de faire telle ou telle chose. Mais cette observation , bien loin de contredire l'analyse précédente, la confirme : car la faculté de vouîoit' n'est qu'un mode de la faculté de sentir \ c'est notre faculté de sentir modifiée de la manière qui la rend capable de jouir ou de souffrir, et de réagir sur nos organes. Ainsi , prendre sa

^i; igi9& ivr, clA>ift>. ii U«vi i^l^tatsw d'idéoiogio.

. FilUGRAFRB ,If . f ^

. /volonliS pcwr fii^iTaleiit âe ton moi, c'est picndre la partie pour le tout j c'est regarder comme réq^ivalent de ce mot la portion de sa sensibilité qui en

constitue toute Péncrgie, celle dont nous ne pouvona guère la concevoir séparée , et sans laquelle éiïe serait presque nulle, si même elle n'était pas

^ toutl-a-fait anéantie. II n'y a donc là rien de contraire à ce que nous venons d'établir.

U cËemeure donc bien entendu et convenu que le tnoi ou la personne morale de tout être aninijE^, conçue comme distincte des organes qu'elle fait mouvoir, est ou simplement Têtre abstrait que nous appelons la sensiiiîiU de cet individu , lequel résulte de son organisation, ou une monade sans étendue^ qui est supposée posséder' éminemment œtte sensibilité, et qui est bien aussi un être abstrait (si toutefois Ton comprend cette supposition), ou un petit corps subtil, éthéré, imperceptible, impalpable, doué de cette sensibilité, et qui est bien encore à peu près une abstraction* G^s trois mippositions sont indifférentes pour tout ce qui va suivre; dans toutes tirois la sensibilité se retrouve, et dans toutes trois aussi elle seule constitue le moi ou la personne morale de Findividû, soit qu'elle ke soit qu'un phénomène résultant de son organisation^ soit qu'elle soit une propriété d*une âme spirituelle oa corporelle résidante en lui. ■ /

U ùe reste donc plus qu'une question : c'est de savoir si cette idée àe personnalité, cette conscience de mûif naîtrait en noui de noirs âênêibiiité, daps ]« cas OÙ elle ne serait pM «uivie de vvionté, dans

|X INTRODVCTIoif.

le cas où elle serait dëpouhme deç^'mode/qtiî ait qn'ene 'jouit ou souffre, et qu'elle rdagit fur ikm

' organes', qui en un mdt U Vehâ capable inaction et de passion, Ccttfe question né peut pas être résolue par les faitar; car nous ne connaissons aucmie sensibilité de ce genre , ' et s'il en existait ui|e qni fût telle, elle, ne pourrait pas se nianiréster'à nos moyens de connaître^ Par la même raison/ la' quîes-tioa câi plus curieuse qu'utile: mais tout ce aui est Curieux a' une utilité indirecte, surtout dans ces matière», qu'on ne saurait jamais envisager de trop

' ' de' côtéiVdiff<^rêns : il ne faut doiic pas le' négliger. Ôur lé point dont îlVagit, nous ne pouvons certàiiîènïcnt^pâs prononcer avec assurance , qu'un

jièrsoTikàfm ' me pafaTt: même vraisemblable qu'il aurait l^îclée

dé l'ealisten.ce de ce moi. Car enfin , sentir qucK .que

• ce soit, c'est sentir son moi sentant", c'est se cion— * uatïrc éoi-mêm'è sentant; c'est avoir la possibilité : "de cpstlriguer soi de ce que soi kc4t',"dés niodifica- ** lions d'e soi. Maïs en même temps il' est hors 'de

Hpute 4"^ l'clire qui connaîtrait ainsi son' ttim ne

(i)' V6ye« t.* 3; ckap. t , p. ajS des EÙmem d^déologie»-

pinAGnipHÉ ir. i5

in^iim j^d^^l^ sans tenneets^ns liiqite d'aucnn gçnre,, rie connaissant rien autre chose. Il ne se connaîtrait donc pas proprement, dans le sens que n^'ps attachons a çe| mot connaître j qui emporte toujours Tidj^e de circonscription et de spécialité, et par conséquent Ji n'aurait pas l'idée! A'indiui--, . dualité et oç personnalité , par opposition et dis- • tipctioa ayec d'i|uj^rc8 êtres, comme nous l'avons^ On peut dpnc déjà ^isûrer que cette idée, telle, qu'elle est en nous et' pour nous , est une création et. un effet, de notre faculté de youloir*} et celi^ expliqpe très-bieji pourquoi, encore que la seule faculté de fiontir simplement constitue et établisse notre existence, cependant nous confondons et identifions de. préférence notre moi ayèc notre polonté.YoÙh , \ç crois f un premier point éclairci.

tJne chose èqcor|B plus certaine., peut-^'tre, et. «jui va nous faire faire un pas de plus, c'est que s'il est possiye que l'idée d'individuah'téetde per- Bonnalité ex.iste de la manière que nous l'avons dit, dans un être conçu doué de sensibilité sans volonté, au moins , il est impossible qu'elle y fasse naître ridée de propriétt^, telle que nous l'avons; car notre idée de propriété est privative et exclusive; elle emporte l'idpe que la chose possédée appartient à un étxie sensible, et n'appartient qu'à lui, à l'exclusion de tout autre. Or# H,nc se peut pas, qu'elle existe ainsi d^^is la pensée d'un étixi^qui ne connaît que lui, qui ne sait pas qu'il existe d'autjqés êtres qae lui. Quand donc on supposerait que cet être connaît son moi assez nettement 4)oar le distinguer

l6 llfTftOZ>UCTIO«. ^

de Ml mode», el poor vegar^aal ftiodifieétfûat diverses comme des attributs de oe moi, commlBdeft choses que ce moi possède,^ cet être n'aurait pa* entcore cônkplètement ootre idée de propriété. U fout pour cela avoir Fidée de penonnaM iMen complète y et telle <{iie nous venons dé Voir que noua lalformoàs q^uand nous sommes susceptibles depa** 9iùn et faction. U est done prouva que cette idé0 de propviëtë est un effet çt un pjroduit de notre £n culte de voidoir.

"Mais ce qu'il faut bien fcmarquer, car cela n bien des conséquences,, ç'ast que, s'il est cçrtaln qoe ridée de propriété ne peut naître que dans un étro doué de volonté, VL^ est tout aussi certain qu'elle f nait nécessairement et inévitablcmeiat dans tenta sa plénitude ; car dé$ que cet individu oonpiâit net- ' tement son moi ou sa personne morale, et sa capa^cité de jouir ou de souffrir et d'agir, nécessan«ment il voit nettement aussi que ce moi est propriétaire eacclusif du corps qu'il anime^ des organes qu'il meut , de toutes leurs facultés, de toutes leui^s £b«<^ ces, de tous les effets qu'ils prodtiisent^ de toutes leurs passions et leurs actions j car tout cela finit et commence avec ce moi, n'existe que par lui, n'^t mi» que par ses actes ; et nulle autre personne morala ne peut employer ces mêmes instrumens^ ni être affectée de même de ImMsélléts. L'idée de propriété * et de propriétç caLdusive naft donc nécessairement^ dans Têtre sensible, par cela seul .qu'il est suscep* Uble de passion et d'^ion, et elle ynatt parce que

PlRiGRAPBC If. 17

la nature l'a doWi dTaiie propriété inéTitsbie et inaliénable, celle de ion indiTidu.

U fallait bien qu'il j eût ainsi nne propriété naturelle et nécessaire « puisqu'il en existe d'artificidles et conventionnelles ) car il ne pent jamais y ayoir rien dans Fart qui n'ait pas son principe radical dans la naiune : nous en avons d^à fait l'ob- •enration ailleurs (1). Si nos gestes et nos cris n'avaient pas Teffet naturel et inévitable de déboter les idées qui nous affectent , ils n'en seraient jamait devenus les signes artificiels et conventionnels. S'il n'était pas dans la nature que tout corps, solide soutenu au-dessus de nos têtes nous fasse nécessairement un abri, nous .n'aurions jamais eu de maison faite exprès pour nous abriter. De même, s'il n'y avait pas de propriété naturelle et inévitable , il n'y en aurait jamais eu d'artificielle et conventionnelle. II en est de même dans tous les genres , et on ne saurait trop le redire, Thomme ne crée rien , il ne fait rien d'absolument nouveau et d'extiu-naturel, si l'on peut s'exprimer ainsi; il ne fait jamais que tirer des conséquences et faire des combinaisons de ce qui est; il lui est aussi impossible de ^réer nne idée ou une relation qui n'ait pas sa MÀirce dans la nature , que de se donner un sens qui n'ait aucun rapport avec ses sens naturels. Il suit de là aussi que , dans toute recherche qui con-

( i) Voyc» , ««r c« sniet, 1« tome l*', chap. i6 , et divers en- ^oiH dos»- tft do 3* lo'n«ï d«illtéin«iik d^déoWgie.

î8 INTRODUCTION.

eeme Thomme , il faut a(rriv«r îiadqa'à.oer premier type ; car tant que l'on ne voit pas le modèle naturel d-une institution artificielle qu'on examine, oa peut être sur qu'on n'a pas découvert sa géndra-ration, et que par consëqueiit on ne la connaît pas complètement.

Cette observation trouvera bien des applica-.' tioQS ; i\ me semble qu'on n^y a pas toujours assez pris ^arde, et que c'est ce qui fait qu'on a souvent discouru sur le sujet qui nous occupe , d'une manière fort inutile et fort vague. On a instruit solennellement le procès de la. propriété ^ et apporté les raisons pour et coptre, comme s'il dépendait de nous de faire qu'il y eût ou qu'il n'y eût pas de propriété 43ns ce monde; mais c'est là méconnaître tout-à-fait notre nature. Il semble, à entendre cer-^ ^aius philosophes et certains législateurs ^ qu'à un instant précis, on a imaginé, spontanément et sans cause, de dire tien et mien, et que l'on aurait même pu et même dû s'en dispenser. Mais le tien et le mien n'ont jamais été inventés ; ils ont été reconnus le jour où on a pu dire toi et mai, et l'idée de moi et toi , ou plutôt de moi et autre que moi , est né, sinon le jour même où un être sentant 4 éprouvé des impressions, du moinsceluioùencon* stkjuence de ces impressions il a éprouvé le sentiment de vouloir, la possibilité d'agir, qui en est I9, suite, et une résistance à ce sentiment et à cet acte. Quand ensuite, {>armi ces êtres résistons, par conséquent autres que lui, l'être sentant et voulant 4 reconnu c|u'il j en javiât do sentons comme lui ^

PAmAORAPHE II. 14^

îl a hien.fiiUa qu'il leur accçixjUt imeper^onfuUité autre 'que la. sienne/ un moi autre que le sien et difiRérent du sien, et iia toujours <ité impossible , comme cela le sera toujours, que ce qui est sien ne soit pas différent pour lui de ce qui est leur. H ne s'agissait donc pas de discuter d'abord s'il est bon ou mauvais qu'il existe telle ou telle espèce de propriété ^ dont nous Terrons par la suite les avantages et les inconTéniens; mais.il fallait^ avant tout, re* connaitre qu'il y a une propriété fondamentale, antérieure et supérieure à toute institution, de laquelle naîtront ' toujours tous les sentimens et les disaenitimens qui dérivent de toutes les autres,* car il y a propriété , sinon précisément .partout où ij y a individu sentant, du moins paitout on il y a indi- Tida voulant en conséquence de son sentiment, et agissant en conséquence .dû sa volonté. Ce sont là, •OU je m'abuse beaucoup, d'étemelles vérités contre lesquelles viendront toujours échouer toutes Içs dédan^itions qui n'ont pour base que l'ignorance de notre véritable ^stence, et qui n'ont dû qu'à cette ignorance le grand crédit c^ont elles ont joui dans dififërens temps et dins diGT^rens pays.

Comme aucune autorité ne saumic m'en iipposer qnand elle est contraire à l'évidence, je dirai naïvement que le même oubli des vraies conditions de notre être se retrouve dans ce fameux précepte tant vanté ! Aimez votre prochain comme tfous-^méme. ^11 nous exhorte SI un sentiment qui est oertainement très-^n et très-utile 'à propager , mais qui certaincfncnt aiuii eit tfès-OMd exprin^é $ car, à prcn-

tfO IKTnODlTCTIOK.

dre wtle expression à la rigueur, t'injunetloii est incxëcntable. C'est comme si on nous disait : <Avec posjreuXf îeU qu* ils sont f voyeit i^otrei^Uagecoi»me pouê pqyes celui de^ autres. Cela ne se peut pas. Sans doute on peut aimer un antre autant et même plus que soi*«méme| en ee sens qu'on peut aimer mieux mourir en emportant l'espërance de lui conserver la yle , que vivre en souffrant la douleur de le perdre ; mais l'aimer exactement cocnme soi et autrement que relativement à soi, eneore une fois cela est impossible ; il faudrait pour cela ▼ivre de sa vie comme de la nMre (i). Cela n'a point de sens pour des êtres constitués comme nous le sommes; cela est contraire à l'œuvre de notre création , de quelque manière qu'elle ait été opérée.

Je suis bien éloigné de dire les mêmes choses de cet autre précepte» que Ton regarde comme presque s^onyme du premier : Aîmez-pous le$ Uns les autres y et la loi est accomplie» Celui4à est vraiment admirable , pour la forme comme pour le fond ; il est aussi conforme à notre nature que l'autre y est contraire ^ et il énonce parfaitement une vérité très-profonde. Effectivement , les sentimens bienveillans étant pour nous ^ sous tous les rapports imaginables, la source de toua les biens

f t) (Test en cdnvéqaence du «entiment confus d« e«ne t«t\Vê, que Pon ft^a point imagine d*expre«sion pItB tendre qve d*appcter quelqu^no mon cœnr^ ma vie , mon &me ; e'est comme si on l'appelait moi. 1\ y a fou|OWfl qnelqaa d'hyperboK^M- drai «ei feseutiom.

)PiRA6tlAPHË tté ât

^ ioM^enfWj çt lo mojeQ onlTersel <J9 diioinuer tout nofmaax et (l'j remédier autant que p(M&ibIe« tant que nou^ les entretenons entre nous^ la grande Icn de notre bonheur est accomplie autant qu'eUe peut-être.

On accusera peut-être de futîlitë cette distinction que j'établis entre d«uz maximes auxquelles on attribue communément u pe» prés le même sens. On aura tort : il est si différent de présenter aux bom^ nies, comme règle de leur conduite, un principe général pris dans leur nature intime, ou un qtii j i-épugne , et cela mène «Vdes conséquences si distinctes entre elles , qu'il faut n'y aToir pas du tout réfléchi pour n'en pas sentir toute l'importance. Pour moi, elle me parait telle, que je ne conçois pas que deux maximes si dissemblables soient émanées de la même source (i) (a} f ear l'une me mani£este la plus profonde ignorance , et l'autre la plus pro^ fonde connaissance de la nature humaine } l'une doit mener k iaire le romau de l'homme , et l'autre à en faire rhisloircj l'une consacre l'existence de

<t) l*ea cobcUm çve V^xprutAe/ti 0* Vim ou d« Vautre ém CM précApUf , «t penWiU-e <te toiM de«z • a é^é «Itérée pat de< gens qui n^cntendaient réellement ni Tun ni l^autre. J^anni souTcnt o«cafk>ii de faire des réflexioM de ce genre , car cttece^appUqpiest è beaucoup de ees maziines qui passent

dNige en ftg«.

\%) Le preniier eit du Léritique , chap. 19 ; le second est de rérangile Sûnt-Jean , cliap. i3. Voyea^eu la remarque daAtilea Questions sur les miracles , Voltaire , t. Ix , p. 18S. Vous serea étonné q^ VollMte re^rdu ces Aon- «Miaaea Idealiqpieth

251 IWTROOUCTfOPf.

la propriétë patnrelle rësultaote 4e Fîndiyldualiié ^ et Taiitre semble là méconnaître. .'*' '^* - ' "

i'ént-élre aussi on aura été él^né'de mè Voir traiter ea'flïême temps la question de là propriété de toutes nos richesses, et de celle de tous nos sentimens, .et mêler ainsi enseinl;>le l'économie et la morale. C'est que quand on pénètre jusqu'à leurs bas^s fondamentales, il ne me parait pas possible de séparer ni ces deux ordres dé choses , ni leur étude. A mesure que Ton avance , les objets s'Sàîgnent et se subdivisept, et il faut. îfes examîoçr s'éparémiént ; mais dans le principe, ils sont intîmement unis, ^ou^ n'aurions la propi:iélé d'aucun de nos biens quelconques, si nous' n'avions pas celle de -nos besoins, laquelle n'est autre chose que celle de nos sentimens ; et toutes ces propriétés 'dérivent inévitablement du sentiment de person^alité,' de la conscience de notn^ moi.

Il est donc tout aussi inn&ile, à propos de ta morale ou de l'économie ,*de discuter s'il ne vaudrait pas mieux que. rien ne fût propre k chacun de nous, qu'il léserait, a propos de la grammaire', de cher* cher s'il ne serait pas plus àtantageux que nos àc- ' tions ne fussent pat les signes ôea^ idées et des seib* timens qui jocusles font faire; -Dans tous les cas, ' c'est demander s'il ne serait pàs'désirablé que nous fussionil tout autres que nous nesommips; et même c'est çhelrcher s^il ne serait pas mieux que nous ne fussions pas du tout ; Car, ces c^onditions-^Ià changées, nojtre existence ne serait pa^ çoncey^]p]^^ elle pfi #enH^ pas «dfeérée , elle* aérait aiv^tie*

l»WAbkÂPHË III, ft?

U demeure donc constani que le tie^'et le fnieri sont établis nécessairement ciitre les tiommes^ [>ar cela seul, qu'ib sont des .indivîcUis septans^Tpulâps et agissaus dhtîuctément' les uns des aiitrcs ; qiiMls ont chacun la. propriété inaliénable, incommntable et . inë^itable d^ leur individu et de sésfacultés/et que par conséquent l'idée à&'.propriété est un)e,'sui te nécessaire , sinçn.au seul phcuomcnc de la sensibilité pui:e,,dU moins, de celui dé fa. scnsibiliié unie à la . yplpnté» iVinaivoil^ que nous avons trouve comptent le sentiment) âç persoTpnaïité., ou T'icléè dé 'moi j et ccliè de pr(^riéié^ quî*s*ènsuit héc'éssaîremerit, décrivent de Uôtrà faculté de .vouloir. Àctuè)]'emeiit nous pouvpn§ rechercher avec, succca comment cette xuéq^-fac^^e produit tous no^^ besoins eï tous nos

' « lit •

2)e, îa faculté de'pouî'oîr hàîssehi 'tous 'noà^heiioltïB

ei tous nos moyens.

Si nous

n avions pas Lidee de personnaltté et celle depropt-ipiè ,. ç*esl-à-dire la conscience dé notre moi et celle, de la possessiàji de ses modifications , nous n'aurions certainement iamais ni besoins. .ni Wfiyens f car à qui app9.rtlçntlrait cette souffrance et cette p^is^onca;, nous n'exist^rious.. pas pour nous-mêmes. Mais dès que nops nous. reconnaissons possesseurs de notre existence et de ses modes , lions fommes nccessairement , par cela même /un

24 Hf»ROPUqTI0ïf.

conipoi^ deiiiblefse H de force» âe bénins «fc de moyens, de soaffrance et de puissance , de passion et d^actîon, et, par snîte, de droits et de devoirs. C'est œ qu'il s*agit maintenant d'explîfpier.

Je commencerai par prévenir qtié, lûonformétiieDt à ridëe que f ai donnée ci-dessus de la faculté de vouloir, Je donnerai indifféremment Id nom de déêir ou de polonU à tous liés actes de cette £iealtd , depub la propension, la plus instinctive jusqu'à la détermination la plus réfléchie \ et je denUlide en- . suite qu'on se rappelle que c'est uniquement parce que nous faisons de tels actes ^ que nous avons les idées de personnaliié et de propriéiê» Or» tout dé* sir est un besoin ^ et tous nos' besoins consistent dans un désir quelconque. Ainsi If s mêmes actes intellectuels, émanés de la fêcUlté de vouloir, qai nous font acquérir l'idée distincte et cotapléte de notre ptrfonTtciitét de notre moi et de la propriété exclusive de tous ses modes, sont aussi ceux qui nous rendent susceptibles de ^esoin*^ et qui oonstîtuent tous nos besoins. Cest ce qui va se voir trèsclairement

D'abord tout désir est un besoin. Gela n'est, pas douteux, puisqu'un être sensible qui désire une cbose quelconque a» par cela même, le besoin de posséder la chose désirée; ou plutât et plus générakraent on peut dire qu'il éprouvé le besoin de la cessation de son désir ( car tout désir est en luimême une souffrance tsi)t qu'il dore; il ne dévient jouissjince que quand il est satisfait , €'é8t4-dii!d quand il cessé.

tput dilsir^t.uiie souffrance ^ pirçe qu'il y à certains difsira dont la naissance, dans Fétre anime, e&t tonjoars ou presque toujours accompagnée d'un sentiment de bien-être. Le désir de manger, par exemple, celui 4ç jouir du. plaisir physique de l'amour, sont; en général,; dans, un individu^ les vésij^tats d'un état, de san^, dont il a une conscience qui lui est agréable. Beaucoup d'antres sont dans le .même cas. Mais il ne faut pas que cette circonstance nous fasse illusion. Ce sont là àe ces manières d'être simultanées dont nous ayons parlé dans la Logi*que, (i), qui se mêlent aux idées qui viennent en

. même temps qu'elles, et qui les altèrent, mais qu'il ne faut pas confondre avec elles , et que par conséquent il faut bien distinguer du désir en lui-même ; car, premièrement, elles ne coexistent pas toujour»

. avec lui. On a souv^t le besoin de manger, et même un penchant violent à l'acte de la reproduction, en vertu de dispositions maladives, et sans aucun sentiment de bien-être ; et il en est de même des autres exemplesqu'on voudra choisir.Secondement, quand cela n'arriverait pas, il n'en serait pas moins vrai que le sentiment de bien-être est distinct et différent de cdui du désir^ et que celui du désir est tpujours en lui-même un tourment, un sentiment pé^ nible tant qu'il dure; La preuve en est qu'il est

I ,mm » < ■ ■■* <■ I ■ ■ ■■ ■ ■ ■ * i-.i ■ .

(i) VojM tt 3 , elMp. 6 , > 3i$ «t fiiiT.aateà dM EWmejit d'Idtfologi«.

tbajdtin le difrir éê éôrtir (Të réat <|[talBle«bJqtile où ' l^on est aciaelleinent^'feqijél, pàr'^Qnté<faeiit , pa- ' ratt dctu^ement un 'était de malàfhé pins ou 'moins ' déplaisant. Or^ dans ce sens, une btanidre é'ètrkést ^toujours en effet telle qu'eHe paratt, pu^^squ'^lë ne " consiste que dans èe ' qu'elté^'pafttif étW à cétéi qu i

f ëpfoùVe.TJtt d^sÎT'est dottctoujottrstinesôuflfr^èe, ' ou légère ou pfofertdt^f, sûiranféa forcé, et pat' suite "ttU besoin quelconque. H li'est'pas néce^irë'^ -pô>lir '' '^ue cela sbît vrai, que ce désir soit fonHcisurtui '' 'besoin réel > t'éstHâ-dîte sur un sentiment lustè lie "'iaôs rraîs iiitérétsfj car,' bien ou -mal mettre,- tant '- ^u'ii exnleii est uhe mailière d'être > sentie et in-

cémmode'y et dont paf {conséquent ion tte'lsèédiik'^c • se déKvfen Ain^i tout désir ert' un besoin. '■ " ' ' ''Mais il-y apltisîtoUsf nos 1Ws(rîtis, depuis lë'Jflus

•puremenb liiachiriàl jilkpi'att plus s()iritualisé; ne • sont JâHiaié qWelfe fttsdfti de Satisfaire un'désir: La ' faim n'est qiie lé désir ^def manger-, ou du moine de

sortir de l'^at' detànguein- que nous éf^ràvtroù»;

comme le besdiii', k V)if deë richesses ou -celle de la

gîolte/ii'cst c^fùéVdéslr 'dé posséder ces biens » 'et

d'éviter nndijgeïicé VîMfi i'dbseêrrîté. • '

' Il 'est yrai èepèri(îiftt''qtrè si fieus'éproui^mides

'•* ûé^ts sans Besoin^ réé^s,' nous aVons souvent 'aHasi

•de vrais' 'besoliis''«aos* éprouver de* 'désfcs," en. ce

" KM f que bien dà choses sdnf èoii Véttt tl^néoe^ëai-

res à notre plus grand bien-être et mcme à notre

Conservation , sans que nous nous en apercevions, et ' par conséquent sans qûe^ous : les désirions. Ainsi ^

par exemple, il est constant que j'ai le pliis itFànd

pAnAGRAPHE. ly. 27

intërét, et, ri l'on yeiit j le besoin qv'il ne s'opère pas en moi certaines combinaisons dont je ne me . doute pas, et dont il résultera que j'aurai la fièvre ce sçir. Mais , à parler exactement , je n'ai pas pré* . sentement le besoin effectif de déranger jces combi-? naîsons funestes | puisque je ne m'aperçois pas de leur existence; au lieu que j'aurai réellemeiït le . besoin actuel d'être débarrassé de la fièvre quand . j'en sentirai les angpissea, et parce que j'en sentirai les angoisses. Car, si la fièvre n'était pas de nature à faire naître en 'moi, par une raison ou par une autre, le désir de sa cessation, quand f$ m'aperçois de ses effets prochains ou éloignés, je n'aurais en au • cnue manière le besoin de la faire cesser. On peut dire absolumenl; les menées choses de toutes leji fcombinajsons qui s'opèrent, soit dans l'ordre physique, soit dans Tordre mors^, sans que nous nous (sn. apercevions^ ou sans que nons en prévoyions les conséquences, Si donc il est yrai, comme nous {'fiTons vu, que tout désir est unbespin, il ne l'est pas moins que tou| besoin actuel est un désir. Ain4 l'on peut dire, en thèse générale, que nos désirs ^ni la source.de tous no& besoins^ dont aucun n'existerait sans eux.. Car, on ne saurait trop le répéter, nous s^ons véritablement impassibles si nous n'avions nuls désirs; et si nous étions impassibles) nous n'aurions aucuns besoins. Il nç faut pas j|ae l'on me reproche de m'élre arrêté à cette explieation. On ne saurait marcher trop lentement d'abpitl I ^t là \p ne m>^ iiuçan intennédlafre « \^

?.8 IfcrRODUCTIOPf'.

n^fige encore bien des accessoires , du roolns tous ceux qui ne sont pas indispensables.

Toilà donc une première propriété de nos désirs bienëclaircîe) et c^est la seule quMls aient, tant que notre système sensitif n'agit et ne réagit que sur lai'^méme; mais à Tinstant où il réagît sur notre système musculaire, le sentiment de vouloir acquiert une seconde propriété bien différente de la première, et qui n'est pas moins importante : c'est dé diriger toutes nos actions, et par-là d'être la source de tous nos moyen?.

Quand je dis que nos désifs dirigent toutes nos actions, ce n'est pas qu'il ne s'opère en nous beau- ^conp de mouvemens que le sentiment de vouloir ne précède en aucune manière, et qui par conséquent ne sont l'effet d'aucun désir. De ce nombre sont nommément tous ceux qui sont nécessaires au commencement, au maintien et à la continuité de notre vie. Mais premièrement , il est permis de douter si d'abord et dans l'origine, ils n^ont pas eu lien en vertu de certaine» déterminations ou ten dances senties réellement par le» molécules vivantes, ce qui les ramènerait encore h être les effets d'une volonté plus ou moins obscure; «i ce n'est pas par l'effet tout- puissant de l'habitude^ ou par la prépondérance de certains sentimens plus généraux et prédominans, qu'ils deviennent insensiUes là l'invidu animé, c'est-à-dire au tout résultant des combinaisons qu'ils opèrent I et s! enfin ce n'est pas par cette raison qu'ils se trouvent entièrement sous-

pAniOAipns ut, 29

tirftiU à rempila de ta Tolooté te&tîe, où àe mld sentiment de désirer et de roûloir. Ce «ont là det eboKs «fir lesquelles il nous est impossible dVoir certitude complète. D'ailleurs ces momreBiens nommes vulgairement ^ et avec raison, invoUmlaireê ^ «ont bien la cause et la base de iiotr« existence tI-* vante ; mais ils ne nous feurnissent ancuns secours pour la modifier, la varier, la secourir, la dëfendre^ l'amëliorer. Us ne peuvent donc pas être mis proprement au rang de nos moyens, & inoki» que l'on ne veuille dire que notre existence elle-même est notre premier moyen , ce qui est trêi-vraî, mais très-insîgnifiant ; car elle est ki donnée sans laquelle^ nous A'aurtons rien à dire et ne dirions certainement rien. Ainsi, cette première observation n'empêche ps qu'il oe soit vrai qu&notre volonté dirige toutes celles de nos actions qui peuvent être regardée» comme des moyens de pourvoir à nas^beseins,. Les mouvemens dont nous venons de parier ne sont pas. les seirfs en nous qui soient InvaDlontaives.^ Ha sont tous continus on du moins tKS-fiéqnjcns,, et en général véguliers. Mai» il en est d'aa-jtrea invo-^ lontaires au3si, qui sont plus saoesv moînjkvéglés,, et cpi tiennent plus oumoins de Fétatconvulslf 01» maladif. Les. mouvcmcnS' involontaires^ de eette seconde espèce ne peucvent ^ paa plus qiie )es.autres>. être regardée comme faisant partie de kt pnissance de nos individus. La plnpavt du ten^ih'n^ont au^ eun but détenmin^; àoavonft aaêoi^ lAsont^deseffists. flcbeaz el pesnideux pavr noua,, et qu»< sot. liei«

5o ItlffS'AODVCVlOir» ,

|4Bvr inj^pen^nge de notre T«lontë a*f mpècbe donc pas encore, que. no^ie obs^iration gén^iale ne soit jufite. Ainsi, mettant à part ces deuii espèces de monvemens iavolontan^s » pn peut dire avec yéritë qaà no^ désirs ont Teffet ë^iinemment re> mUrquable de diriger toutes nos aetions, du moins toutes celles qui; laécitent réellement ce nom, et qui sont pour npus des mo^ns de nous procuter des îpuissauçes ou des. connaissances} lesquelles con^ i^lssanf^s iioDt\ euçore des jouissances^ puisque oe sont deschoses'dësirées et utiles j et iliaut^omprendre «u npipbre de, ces actions nçs opératioiDs inteliectudles; car «lies sont aussi pour nous, des moi^^/i^j ^etniémeJes |4us importans. de tous, puisqu'elles dirâgent L'emploi de. toijs les ^utrest

Maintenant, pour acheyer -de prouver que les 9ctes.de notre .vtJontë sont la. source de tous nos moyens, <sans e^icception , iJ ne reste qu'à monties qnelés.aftipns soumises à notre volonté sont abso* lumènt les seuls moyens que nens^ayons pou^pou^ voir à. nos besoins, ou , autrement , pour satisfaire nos désirs; c'est- à-^ire qiie nos force* physiques et niorales, et l'usage que nous en disons, composenl (izactement toute notre richesse,

Pour reconnaître cette. véritié dans tous tes dé* tails , il faudrait déjà avpir suivi toutes les conav: qaences des divers emplois que npus faisons de nos facultés, et. avoir vu leurs effets dans la formation fie ce que nous appelons nos richâésss d$ tou* gen^ fe^ ^, c'est ce que noua n'avpUs p4« pi» fftil^ QB« eore^ et ça.çjue nous, ferp^^s jf^ )a «»ite| P> m%

PARAGRAPHE III. 5l '

piÉ&me lanie partie considérable de notre étqde.rMai9 dès ce moment nous pouyons bien voir que la na-> ture, eii jetant Thomme dans un coin de ce vaste univers, où il ne parait qu'un insecte iniperceptible et ëphëmêre, ne lui a rien donné en propre quQ ses facultés individuelles et personnelles, tant physiques qu'intellectuelles. C'est là sa seule dot , sa seule richesse originaire , et l'unique source de tou^ ♦es celles qu'il se procure. En effet, quand même pn voudrait admettre que tous les êtres dont nous sommes environnés ont été créés pour nous, et assurément il faut une grande dose de vanité pour l'imaginer, et même pour le crçirej quand, di*-je^ cela serait, il n'en serait pas moins vrai que nous ne pouvons nous, approprier un seul de ces êtres, ni en convertir la moindre parcelle à notre usage , que par notre action sur lui et par l'emploi de nos facultés à cet effet*

Pour ne prendre 4es eiLemples que dans l'ordre physique, un champ n'est un moyen de subsistance qu'autant qu'pn le cultive. Le gibier ne nous est utile qne quand on lui donne la citasse. Un lac, une rivière, ne fournissent à notre nourriture que parce qu'on y péchc. Le bois ou .tout aiitre produit spontané de la nature ne nous sert à quoi que ce soit, que lorsque nous l'avons façonné ou du moins recueilli. Pour pousser les c(ioscs jusqu'à l'extrême , , miand oi^ supposerait qu/une matière alimentaire est tombée dans notre bouche, tpute préparée, en-r cprç faudrj(it4l> ppur l'assimiler à nojrc substance, ^flewïusUmâiçhions, ç|uc^o^s Valions, ^uçiio^»

?!I tlfTAOfttfCTtûN.

la digàlooft. Or« toutes cet opératloiii tmtl àuUtit d'empiou de noc foroet individiidlcs. Gertev , si )amais rhomme a été condamiM^ aa trayaîl, c'est à dater du jour où $ ^^ ^té créé être sensible et ayant des membres et de» organes; car il n'est pas même possible deconcevoH* qu'un élie quelconque lui devienne utile, sans quelque action de sa part } et Foo peut dire non<seulemen^ comme le bon et admirable La Fontaine ^qtuU travail est un trésor, mais même que le travail est notre seul trésor. Au reste, ce trésor est bien grand, car il surpasse tous nos besoins. La preuve en est que, semblat>le à la fortune d'un homme riche dont le revenu est plus grand que la dépense, le fonds de jouissance et de puissance de Fespcce humaine, prise en masse, s'accrott tous les /jours, quinque souvent et même toujonn Hen mal ménagé.

Nous verrons tout cela bient^avec plus de développement; et nous verrons en même temps que l'application de nos forces à différens êtres est la seule cause de la valeur de tous ceux qui en ont une pour nous, et par aonséquent est la source de toute valeur, comme fa propriété de ces mêmes forces, qui appartient néoessaiteme^t à Findividu qui en est doué et qui les dirige par sa volonté, est la source de toute pi^priété. Mais dès à présent nous pouvons bien conclure^ je crois, que dans l'emploi de nos facultés , dans nos actions Volontaires, consiste tout ce que nous avons de pouvoir; et' que par conséquent les acte* de notre volonté qui dirigent ces ^tioitf sont U 4QvM de tooiraoi mtyreHs^eoma^

PAM.à0hAPnE-fr^ 5%'-'

neot'Vtao^ jv è^à quHb courtHiieiil tant 9ik Ivêoinê^ Ainsi cette iàcvMéy quatrième. efei domieir mode de noCiesensibilitë, à (jjui noii8.deT08f tet > idées complètes de pemonnalité et àe.ipràpriit4, est / celle qtti nous rend propriétaires. èeybêÂùrls tt do] mofetUf de passion et d* action ^ de soB^Ton^^:;; de puissance^ De -ces idées naissent celles de ricfu^am 7 et de dénuement, Avant d'allée plus loin^ToyonieiK , quoi consbtent ces dernières.

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