CHAPITRE XI
aux détails, je vois d'abord V attention à la tête des facultés qui composent ïentendement: mais l'attention est-elle donc une faculté particulière? consiste-t-elle dans une opération de l'esprit distincte de toutes les autres ? je ne le crois pas. Être attentif à ' quoi que ce soit, c'est apporter à une chose quelconque le sôin nécessaire au succès. L'attention est l'état de l'homme qui veu-t surmonter une difficulté j c'est une manière d'être, produite par l'énergie de la volonté; c'est un efïèt et non pas une cause ; et je ne vois là aucune action spéciale : j'aimerais autant faire une faculté de la tristesse ou de la fatigue. Mais, dit-on, quand je fais attention à une sensation, j'en ai la conscience , et toutes lés autres disparaissent. Hé bien ! les autres sont nulles , et vous avez une sensation : voilà tout. Vous auriez de même la perception d'un souvenir, d'un rapport, ou d'un désir. Aussi, dit-on, l'attention devient successivement tout cela. Dans ce cas-là elle n'est rien par elle - même , et il est
de la seconde, que je n'ai pu terminer , et qui devrait aussi former trois volumes , comme o'n peut le yoir à la fm de ma Logique.
220 IDEOLOGIE.
inutile d'en parler ; c'est aussi à quoi je conclus.
Vient ensuite la comparaison : c'est, nous dit -on, une double attention, une attention qui se porte sur deux objets à la fois; soit. J'ai déjà dit ce que je pense de l'attention. iVEais comment comprendre la comparaison séparée du jugement? Juger n'est-ce pas sentir un rapport entre deux objets? et sentir un rapport entr'eux n'est-ce pas les comparer? aussi ajoute-t-on que nous ne pouvons comparer deux objets sans les juger. Pourquoi donc séparer deux choses inséparables? Je ne vois toujours là que deux actions, sentir et juger. La comparaison est jugement, ou n'est que sensation ; ell^ n'est donc rien en elle-même. Passons à la réflexion.
Nous avons déjà vu, chapitre VI, p. 76, ce que c'est que réfléchir; il est inutile de le répéter ici : il suffit de remarquer que la réflexion n'étant qu'un certain usage que nous faisons de nos facultés intellectuelles , elle n'est point elle-même une faculté particulière.
J'en dirai autant de l'imagination , qu'on fait consister à rassembler dans un seul objet