‹ Élémens d'idéologie. [electronic resource]Chapitre 109 sur 192 · CHAPITRE XTÏI. â4l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XTÏI. â4l

souvent même ils ont lieu malgré notre volonté expresse de les empêcher.

II en est encore que nous faisons toujours volontairement et d'autres toujours malgré nous. Enfin, il en est que notre organisation nous rend constamment impossibles , même lorsque nous desirons le plus de les faire.

L'empire de notre volonté sur notre faculté de nous mouvoir, est donc très - différent dans les différens cas, et souvent resserré dans des bornes très-étroites. Remarquons encore, en terminant cette énumération de nos mouvemens , que ceux qui sont le plus soumis à notre volonté, tels que ceux qui consistent dans l'usage ordinaire de nos membres, sont eux-mêmes le produit d'une foule d'autres mouvemens internes qui ont lieu sans notre volonté expresse, ou même sans que nous le sachions; ensorte que ce n'est proprement que les résultats qui s'opèrent parce que nous le voulons, mais que les mouvemens qui y préparent s'exécutent d'eux-mêmes, à quelques nuances près, suivant les cas.

• Si de la faculté de nous mouvoir nous passons à nos facultés intellectuelles, la réflexion précédente y trouve encore bien plus d'ap^

.a4a IDÉOLOGIE, plications. Sans doute, comme notis l'avons déjà dit, toutes nos perceptions sont des produits de mouvemens opérés au- dedans de nous 5 mais aucuns d'eux ne se laissent apercevoir ; et quand nous desirons réveiller en nous telle ou telle perception, nous sommes assurément bien incapables de faire avec attention aucun des mouvemens internes nécessaires pour la produire. Ils nous sont même si complètement incon- . nus, que nous n'en ferons aucune mention ici. Nous allons seulement indiquer en peu de mots jusqu'à quel point et dans quel sens on peut dire qu'il dépend de nous d'éprouver telle ou telle impression, d'exercer telle ou telle de nos facultés intellectuelles. Commençons par la sensibilité proprement dite.

Il ne dépend pas de nous de ne pas percevoir les sensations, c'est-à-dire de ne pas sentir les ébrankmens que les corps extérieurs causent dans les organes de nos sens, ou ceux que les parties mêmes de notre corps excitent les unes dans les autres par leur action mutuelle. Il ne dépend pas de nous davantage de modifier les Impressions qu'elles nous font, c'est-à-dire de trouver agréables ou désagréables celles qui ne le

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