‹ Élémens d'idéologie. [electronic resource]Chapitre 111 sur 192 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

moire à l'action de noire volonté, que celle-cidevient maîtresse des opérations de notre jugement.

Enfin, on peut demander, et on demande souvent, si notre volonté elle-même est libre, si elle dépend de nous, c'est-à-dire, à parler exactement, si elle dépend uniquement d'elle-même. Il est bon de commencer par éclaircir cette expression, et par voir pourquoi nous mettons ainsi notre moi à la; place de notre volonté, et pourquoi nous nous identifions davantage avec cette faculté qu'avec toute autre, comme si celles de percevoir des sensations, des souvenirs, des rapports , celle de faire des mouvemens, n'étaient pas nous , ne nous appartenaient pas, ne faisaient pas partie de notre moi comme celle de former des désirs. La raison en est simple. Jouir et souffrir est tout pour nous ; c'est notre existence toute entière, et nous ne jouissons et souffrons jamais qu'autant que nous avons des désirs et qu'ils sont accomplis ou non. Nous n'existons donc que par eux et par la faculté d'en former. Quand quelque chose se fait contre notre désir, nous voyons bien que ce n'est pas nous qui l'opérons. Nos désirs et toutes

les actions qui en sont les conséquences, sont donc toujours la même chose que nous; et tout ce qui n'est pas eux ou n'en dérive pas, est étranger à nous, ne fait pas partie de notre moi. La question proposée se réduit donc à celle-ci : Notre volonté dépendelle uniquement d'elle-même? ce qui est la même chose que de demander , pouvonsnous vouloir sans cause , et uniquement parce que nous voulons vouloir? Ainsi présentée , cette question n'est pas difficile à résoudre, comme il arrive toujours quand les questions sont bien posées, c'est-à-dire que leurs vrais élémens sont bien énoncés; car pour résoudre une question, il ne s'agit jamais que de porter un jugement; et quand les deux idées à comparer sont connues et présentes, le jugement est tout de suite porté. Pans le cas actuel, il ne s'agit que de voir s'il est dans la nature de notre volonté d'entrer en action sans être mue par rien, si un desir peut naître en nous sans cause : il est bien clair que non. En effet, si nous considérons le désir abstraitement, , si. nous n'y voyons qu'une perception^ nous ne pouvons le concevoir que comme une conséquence uécessaire du jugement qu'une perception

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