‹ Élémens d'idéologie. [electronic resource]Chapitre 112 sur 192 · CHAPITRE XITT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XITT

précédente est pour nous bonne ou mauvaise à éprouver, désirable ou non; et ce jugenaent, que comme la suite inévitable de la manière dont nous a affecté cette perception quand nous l'avons éprouvée. Si, au contraire, nous regardons nos désirs, ainsi qu'ils sont en effet, comme les résultats de certains mouvemens inconnus qui se passent dans les organes de l'être animé , et qui lui font éprouver une manière d'être qu'il appelle désirer, il est certain que tout désir suit nécessairement du mouvement des organes qui a la propriété de le produire , et que ce mouvement des organes n'est pas un acte de la volonté, mais est lui-même occasionné par d'autres mouvemens antérieurs- Ainsi, ni sous le rapport idéologique , ni sous le rapport physiologique, il n'est possible de concevoir le désir autrement que comme une suite nécessaire de faits antérieurs; et en général il ne nous est pas possible de comprendre un acte quelconque qui soit son principe et sa cause à lui-même. Ainsi, ceux de notre volonté sont forcés et nécessaires comme ceux de toutes nos autres facultés, et comme ceux de tous les autres êtres animés ou inanimés qui existent dans la nature»

Cette vérité , au reste , ne fait pas que nous ayons tort d'attribuer à la faculté de vouloir l'extrême importance que nous y attachons dans nous et dans les autres, d'en porter les jugemens que nous en portons et de nous conduire comme nous le faisons à son égard.

Nous n'avons pas tort de nous identifier à notre propre volonté, et de dire indifféremment, il dépend de moi ou il dépend de ma volonté de faire telle ou telle chose, je ne suis pas le maître de cela, ou cela ne dépend pas de ma volonté, car comme souffrir et jouir est tout pour nous, et que nous ne souffrons et jouissons jamais qu'autant que notre volonté est accomplie ou contrariée , elle est bien un être identique avec notre moi.

Nous n'avons pas tort d'attacher une extrême importance à la volonté dans les autres êtres sentans et voulans,et de l'identifier avec leur moi; et eux, à leur tour,n'ont pas tort d'y attacher une extrême importance en nous et de l'identifier avec notre moi; car notre volonté a la puissance de di-^ riger presque toutes nos actions, et sur-tout toutes celles par lesquelles nous influons sur eux. Ainsi. , pour eux, notre volonté ou nous .

Page 1