‹ Élémens d'idéologie. [electronic resource]Chapitre 113 sur 192 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

c'est bien exactement la même chose , excepté dans certains cas qui forment des exceptions assez rares.

Ils n'ont pas tort non plus d'attacher une idée de mérite ou de démérite, un sentiment d'amour ou de haine à notre volonté éclairée ou stupide, bienveillante ou malveillante à leur égard ; car si nous n'avons pas le pouvoir de vouloir uniquement parce que nous voulons vouloir, nous avons jusqu'à un certain point, comme nous l'avons dit, celui d'attacher notre attention à telle ou telle perception , de multiplier et de rectifier les jugemens que nous en portons et en vertu desquels nous avons des volontés. Or, que nous soyons portés à ces recherches par le ridicule pouvoir de les désirer sans motifs ou par des circonstances inconnues, peu importe à ceux qui ne sont affectés que des résultats , et qui ne peuvent accorder leur estime qu'à la justesse qui y brille et leur amour qu'au bien qui en résulte pour eux. En effet, une chose quelconque n'est ni estimable ni aimable par la cause qui la produit, mais par l'effet qui en résulte ; et si nous disons communément que c'est l'intention seule (c'est-à-dire la volonté) qui fait tout le

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mérite d'une action, et que c'est l'intention seule dont on peut savoir bon ou mauvais gré, c'est uniquement parce que, comme nous l'avons déjà remarqué , nous identifions avec raison les autres avec leur volonté, comme nous nous identifions nous-mêmes avec la nôtre ; et cette expression ne signifie autre chose si ce n'est qu'un individu n'est estimable et aimable qu'à proportion que sa volonté est éclairée et bienveillante. Or, cela est tout aussi vrai dans l'hypothèse que sa volonté est l'effet nécessaire de causes inaperçues, que dans la supposition absurde qu'elle est un effet sans cause.

Par la même raison , notre principe ne détruit point la justice des punitions et des récompenses; au contraire, il l'établit plus solidement; car si notre volonté est déterminée nécessairemer^t par des jugemens antécédens, il est justp et raisonnable de lui fournir des motifs di^ se porter au bien; au lieu que si elle naissait sans cause, les punitions et les récompenses n'auraient aucune influence~&uF-s^s déterminations futures, et les unes ne seraient qu'une vengeance puérile , et les autres que l'expression d'uno reconnaissance inutile.

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