‹ Élémens d'idéologie. [electronic resource]Chapitre 114 sur 192 · CHAPITRE Xlir. £25i · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlir. £25i

Ce sont sans doute les motifs que je viens de développer qui, aperçus confusément par tous les hommes , les ont conduits à porter tous, sur leur volonté et celle de leurs semblables, des jugemens qui sont très-justes au fond, quoiqu'ensuite l'ignorance des causes qui déterminent invinciblement cette volonté , et l'envie de ne pas se croire les instrumens passifs des circonstances environnantes, les aient portés à imaginer que leur volonté est une création qui se produit spontanément en eux, et à ne jamais remonter à une cause antérieure de leurs actions que quand celle-là n'a pas lieu. Concluons donc que notre volonté n'a pas le pouvoir de former tel ou tel désir sans motif et par un acte purement émané d'elle j mais qu'ayant, jusqu'à un certain point (quelle que soit la Cause qui la mette en action) , le pouvoir d'appliquer notre attention à une perception plutôt qu'à une autre, de nous faire retrouver un souvenir plutôt qu'un autre, de nous faire examiner tel rapport d'une chose plutôt que tel autre, tous actes qui sont les élémens de ses déterminations, elle influe, non immédiatement, mais médiatement sur sa direction ultérieure.

Je ne traiterai point ici à la manière des soholastiques la question tant débattue de la nécessité et de la liberté; je pense, avec Locke, qu'être libre c'est avoir le pouvoir d'exécuter sa volonté, et que toutes les fois qu'on donne un autre sens à ce mot on ne s'entend plus. Il ne peut donc pas y avoir de liberté avant la naissance de la volonté j et il ne pouvait être question que d'examiner ce qui fait naître notre volonté. Je pense que c'est ce que nous avons fait suffisamment.

Je terminerai là ce chapitre , dans lequel , comme dans le précédent, je me suis borné à recueillir des faits sans me permettre de remonter à leurs causes, qui me sont in-connues, ni d'en tirer des conséquences qui auraient été prématurées.

Je sens qu'à la suite de ces observations je devrais indiquer les moyens de perfec> tionner notre faculté de nous mouvoir , et ceux de bien diriger notre faculté de vouloir, et d'augmenter son influence sur toutes les autres; mais il faut auparavant nous être munis des observations dont nous allons nous occuper dans le chapitre suivant.

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