‹ Élémens d'idéologie. [electronic resource]Chapitre 157 sur 192 · CHAPITRE 5CVr. 5iî · texte numérisé non relu

CHAPITRE 5CVr. 5iî

des signes comme instrumens de la pensée ; actuellement il faudrait tâcher de trouver les causes de cet effet. Malheureusement

qui est lui-même une idée de quantité et en a toutes les précieuses propriétés.

Par ce moyen, il n'y a jamais ni incertitude, ni obscurité, ni variation dans la valeur des élémens du discours de cette langue, et il. en résulte un elFet tout particulier, c'est qu'on n'a jamais besoin de songer a la signification de ces signes pendant tout le temps qu'on les combine : on est toujours sûr de la reti'ouver quand on voudra ; elle n'aura souffert de changemens qu'en plus ou en moins , et ils auront tous été marqués par les changemens de formes ou de positions qu'auront éprouvés les signes. Pourvu qu'on ait observe ■scrupuleusement, les règles de la syntaxe de cette langue, qui ne sont autre chose que les règles du calcul , on est certain d'arriver à une conclusion juste , c'est-à-dire exactement qu'on n'a eu nul besoin de savoir ce qu'on disait pendant tout le temps qu'on a raisonné : aussi ne le sait-on jamais. Un calcul algébrique ressemble parfaitement et rigoureusement au discours d'un homme qui commencerait par une proposition vraie et finirait par une autre proposition vraie , et aurait toujours parlé dans l'intervalle d'une manière inintelligible pour les autres et pour luimême, et sans faire de faute de langue ; mais la conclusion d'un tel personnage , bien qpe vraie par hasard^

cela n'est pas très -facile; il semble même au premier coup-d'œil que cet effet n'a point de cause , ou, en d'autres termes, qu'il ne

jie serait pas prouvée, au lieu que celle de l'algébriste Test-, et voici pourquoi.

Les mots sont bien, comme nous l'avons dit, des formules qui peignent d'une manière abrégée les résultats de combinaisons antérieurement faites , et qui dispensent la mémoire de l'obligation d'avoir ces combinaisons incessamment présentes dans tous leurs détails. Ainsi, nous les combinons bien jusqu'à un certain point indépendamment des idées dont ils sont les signes, çt même cet effet a lieu beaucoup plus que nous ne croyons , comme nous venons de le voir ; mais les résultats que ces mots expriment ne sont pas d'une nature aussi simple ni aussi précise que ceux que représentent les caractères algébriques ; et les modifications que nous leur faisons épro^:ver dans discours, soit en joignant un adjectif à un substantif,, soit en donnant un attribut à un sujet, sont bien plus variées et bien moins mesurables que celles que font éprouver aux caractères algébriques les signes multi-^ plié par, ou divisé par, ou le signe égale, qui équivaut à l'attribut verbal, ou les coefficiens , op les exposans y ou les signes radicaux. Ces modifications des caractères algébriques sont toutes appréciables en nombres ; celles des mots ne le sont pas , et c'est-là une différence immense.

D'ailleurs , nous modifions nos substantifs , nonseulement dans leur compréhension , c'est-à-dire dans

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