‹ Élémens d'idéologie. [electronic resource]Chapitre 26 sur 192 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

il n'y a que deux idées ou deux groupes d'idées qui soient opposés l'un à l'autre.

Par exemple, quand je dis, /Vio/n/ne çwi découvre une vérité, est utile à Vhumanité toute entière, je prononce beaucoup de mots, mais je n'exprime qu'un jugement: l'homme qui découvre une vérité,, est le sujet j est utile à Vhumanité toute entière,, est l'attribut-Cependant , Vhomme, exprime l'idée d'un individu ; qui, une idée de relation; découvre, l'idée d'une action; une,. une idée de nombre; vérité, l'idée d'un produit de notre intelligence. Voilà cinq idées bien distinctes, et chacune d'elles est composée de bien d'autres ; mais à elles toutes elles n'en font plus qu'une; car je ne parle pas seulement de l'homme, ou de l'homme qui découvre, mais de l'homme qui découvre une vérité : c'est-là l'idée complète et unique, quoique très - composée , dont je vais en rapprocher une autre. Il en est de même dé l'attribut : est, exprime l'idée de l'existence; utile, une idée de qualité; à, une idée de relation; V humanité, l'idée d'une collection d'hommes; tout, une idée de qualité; entière, une autre idée de qualité. Cela fait bien six idées , et toutes aussi

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composées que les premières. Mais, à elles toutes, elles ne font encore qu'une seule idée; car je ne juge pas seulement du sujet qu'îl est, qu'il existe , ou qu'il est utile , ou qu'il est utile simplement à l'humanité , mais qu'il est utile à l'humanité toute entière ; ce n'est qu'alors seulement que mon sens est complet, et ce n'est qu'un seul fait que j'affirme en prononçant tant de mots. Ainsi, comme je l'ai annoncé, cette phrase si longue n'exprime qu'un seul jugement.

Dans celle-ci , au- contraire , Pierre et Paul existent; quoiqu'elle soit bien courte, il j a deux jugemens ; car il y a trois termes. Je rapproche l'idée d'exister de celle de Pierre et de celle de Paul, qui sont deux idées distinctes et séparées j ce n'est qu'une manière abrégée de dire que Pierre existe, et que Paul existe aussi; ce qui foit deux jugemens tellement distincts que l'un peut être juste et l'autre faux.

Il est si vrai que le nombre des jugemens lient au nombre des termes, c'est-à-dire au nombre des groupes d'idées, et non au nombre des idées composant chaque groupe, que qi\imà]Qà\?>, le genre humain existe j, }c n'exprime qu'un seul jugement, quoiqu'il

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