‹ Élémens d'idéologie. [electronic resource]Chapitre 37 sur 192 · CHAPITRE V-r · texte numérisé non relu

CHAPITRE V-r

genres et d'espèces , et toutes celles qui dérivent de celles-là.

Rappelez-vous que dans le chapitre du Jugement, lorsque je voulais vous prouver que dans tout jugement quelconque vous ne comparez jamais ensemble que deux idées, je vous citai cette proposition, Lfhomjne qui découvre une vérité est utile à T humanité toute entière, et je vous montrai que le sujet et l'attribut, quoique composés tous deux de beaucoup d'idées différentes , n'enformaient pourtant chacun qu'une seule^ qui était la résultante de toutes les autres. Si vous aviez donné un nom unique à chacune de ces deux idées, elles seraient restées fixées à jamais dans vos têtes, vous n'auriez plus besoin de les refaire 5 et toutes les fois que l'occasion d'employer l'idée d'homme qui découvre une vérité^ou celle à^être utile à l'humanité toute entière, se représenterait à vous, vous vous serviriez de ces deux noms comme de tous les autres termes de la langue. Eh bien ! c'est ainsi que de toutes les sensations que vous cause un objet, et de toutes les propriétés que vous lui découvrez, vous faites un seul groupe, une idée unique , qui est l'idée de cet être ,

8a IDÉOLOGIE,

et que son nom vous rappelle. Reprenons l'exemple de la pêche : supposons que vous la voyez pour la première fois, et que vous n'en ayez pas vu d'autres; elle vous donne la sensation d'une certaine couleur, d'un certain goût; vous reconnaissez qu'elle a une certaine forme, qu'elle présente une certaine résistance molle quand on la presse, ju'elle est portée sur un arbre fait d'une certaine manière, et situé dans tel endroit. De toutes ces idées, vous formez une idée unique, qui est l'idée de cette pèche, et qai n'est d'abord que l'idée de celle-là, et non de toute autre pêche que vous ne connaissez pas encore. Dans cet état, cette idée est individuelle et particulière : si vous n'avez l'usage d'aucune langue, le signe de cette idée est l'individu lui-même. Si vous vous faites à vous même un langage qui vous soit propre, vous donnez à votre idée le nom ou le signe que vous voulez ; mais ce nom ne représente que l'individu observé. Si vous êtes avec des gens qui parlent français, et c'est le cas où vous vous êtes trouvés dans votre enfance , ils vous disent que cela s' a^ip^We une pèche .-mais çe mot pêche, qu'ils ont déjà généralisé, et qui est pour

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