‹ Élémens d'idéologie. [electronic resource]Chapitre 5 sur 192 · PRÉFACE» XV · texte numérisé non relu

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melde la théorie, et n'imagine pas même que l'on puisse aller plus loin. Ce n'est que long-temps après qu'il s'avise de soupçonner que ces trois opérations , juger, parler, et vouloir, ont une source commune; que, pour les bien diriger, il ne faut pas s'arrêter à leurs résultats, mais remonter à leur origine ; qu'en examinant avec soin cette origine, il y trouvera aussi les principes de l'éducation et de la législation; et que ce centre unique de toutes les vérités est la connaissance de ses facultés intellectuelles.

Locke est, je crois, le premier des hommes qui ait tenté d'observer et de décrire l'intelligence humaine, comme l'on observe et l'on décrit une propriété d'un minéral ou d'un végétal, ou une circonstance remarquable de la vie d'un animal : aussi a-t-il fait de cette étude une partie de la Physique. Ce n'est pas qu'avant lui on n'eût fait beaucoup

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d'hypothèses sur ce sujet, qu'on n'eût même dogmatisé avec une grande hardiesse sur la nature de notre ame; mais c'était toujours en vue, non de découvrir la source de nos connaissances , leur certitude et leurs limites, mais de déterminer le principe et la fin de toutes choses, de deviner l'origine et la destination du monde. C'est-là l'objet de la Métaphysique. Nous la rangerons au nombre des arts d'imagination destinés à nous satisfaire, et neri à nous

instruire.

Quelques bons esprits ont suivi et continué Locke : Condillac a plus qu'aucun autre accru le nombre de leurs observations, et il a réellement créé l'Idéologie. Mais, malgré l'excellence de sa méthode et la sûreté de son jugement , il ne paraît pas avoir été exempt d'erreurs. C'est sur-tout dans cette science que l'on éprouve, ce que nous aurons lieu d'observer dans la suite, que nos

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j)erceptipns purement intellectuelles sont bien fugitives , et que moins J^ob'jet de nos recherches nous ramène souvent au témoignage direct de nos sens î plus nous sommes sujets à nous mé4 prendre et à nous .égarer. D'ailleurs les ouvrages théoriques de Condillac ne 3ont presque que des morceaux détachés, des monumiens de ses recherches; Il s'est pressé d'appliquer ses décou-^ Vîertes aux arts ide parfer,! de raisonner^ d'enseigner : mais ii) ne i-est point ocr^; cupé de les réunir, et ne nous a donné nulle part un corps de doctrine compilet qui puisse .servir de texte aux leçons d'un ciokjiîs.: 3 w ■ ' ' m ^ Jie me suis proposé d'y suppléer. J'ai «efssayé ; de faire une description exacte et circonstanciée de nos facultés intel^ lectuellès,:de leurs principaux phéno^ mènea^ et de leurs circonstances lespliis remarquables, en un iùot de véritables

élémens d'IfCbéoiogiej et sans m'arrêter

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aux difficultés de l'entreprise, je n'ai envisagé que son utilité. Je n'ignore pas cependant que, même dans les sciences les plus avancées et les plus connues, ' les livres élémentaires sont de tous les plus difficiles à faire. Dans un ouvrage de recherches, pourvu que l'on dise des vérités, on a rempli son but. Dans des élémenscela ne suffit pas : il faut encore disposer ces vérités dans un ordre convenable, n'oublier aucune de celles qui sont essentielles > écarter toutes celles qui sont surabondantes, faire que toutes s'enchaînent et s'appuient réciproquement; enfin ^ les présenter assez clairement pour qu'elles soient entendues par les -personnes les moins instruites^ et certes c'est-là une assez grande tâche remplir. Les difficultés sont bien plus grandes .encore quand on traite ùiïé science comme celle-ci , qui n'a pas été'^ suffisamment cultivée. Souvent, en rendant compte d'un f^it, oii s'aperçoit qu'il

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exige de nouvelles observations, et, mieux examiné, il se présente sous un tout autre aspect : d'autres fois , ce sont les principes eux-mêmes qui sont à refaire, ou, pour les lier entr'eux, il y a beaucoup de lacunes à remplir; en un mot, il ne s'agit pas seulement d'exposer la vérité, mais de la découvrir. C'est ce que j'ai tâché de faire, sans me flatter d'y avoir toujours réussi.

Cependant il est arrivé de là premièrement, qu'il y a dans cet écrit beaucoup plus d'idées nouvelles que je n'aurais voulu; je désirerais bien que toutes celles qui m'ont paru justes fussent anciennes, je serais bien plus sûr de ne m'être pas trompé, et j'aurais bien plus d'espérance de les voir accueillies : secondement, que n'ayant pas toujours à énoncer des vérités déjà connues, j'ai souvent été obligé de quitter le ton de la narration pour prendre celui de la discussion, et de donner à certains prio-

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