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cipes un développement proportionné, non pas à leur importance ou à leur difficulté réelle, mais à la crainte de les voir combattus et repoussés, ce qui nécessairement nuit à FefFet de l'ensemble : troisièmement, qu'assuré de trouver des préventions dans l'esprit de mes lecteurs, j'ai quelquefois été obligé d'aller au-devant, et, pour cela, de déranger l'ordre naturel des idées. Car, quoique Condillac soutienne avefc raison qu'un auteur doit énoncer clairement sa pensée, ne dire que ce qui est nécessaire pour la prouver, et n'avoir aucun égard aux préjugés dominans, et qu'il viendra un temps où on ne lui reprochera pas d'avoir .bien écrit, il est pourtant vrai qu'on ne peut pas toujours construire, sans auparavant nétoyer le terrain : peut-être même ai-je trop négligé cette précaution; du moms est-il sûr que je l'aurais prise plus souvent,, si je ne m'étais pas décidé à écrire ^
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principalement pour les jeunes gens, que je crois encore en général les meilleurs juges en ces matières.
Cet état de la science est encore cause que^ pour bien éclaircir une difficulté^ j'ai quelquefois été obligé de suivre une idée plus loin qu'il n'aurait été convenable dans des élémens; et cela m'a engagé dans des considérations qui paraîtront trop fines et trop étendues pour les jeunes gens à qui je m'adresse. Au reste, je regarde ce dernier inconvénient comme plus apparent que réel ; car, je lé répète, je crois les jeunes gens en général très-capables de comprendre ces matières, et beaucoup plus disposés à les saisir sous leur vrai jour que bien des hommes instruits qui ont des opinions toutes faites, et des habitudes acquises.
De tout cela il résulte que je ne peux pas avoir fait de bons élémens d'Idéologie. Quand je considère à q^uel degré de
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perfection sont parvenues les sciences matliématiques , combien il existe de livres élémentaires dans cette partie , et que j'entends tous les jours se plaindre qu'il n'y en a aucun qui satisfasse pleinement les connaisseurs, je ne saurais me flatter d'avoir atteint ce but dès le premier coup dans la science que j'ai traitée. Mais il fallait bien commencer par quelque cbose. Mon ouvrage est une ébauche à perfectionner, un cadre que l'on peut étendre et resserrer, ou même remplir différemment, enfin un point de départ pour ceux qui courront la même carrière à l'avenir : c'estcomme tel que je le présente au public. Tout ce que j'en espère, c'est que ceux qui écriront après moi se croiront obligés de me discuter; ce qui fera que bientôt ils auront une langue commune, au moyen de laquelle on pourra les entendre tous; tandis que jusqu'à présent chaque au-
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teur a la sienne, qui n'est bien familière qu'à lui.
J'avais encore un autre motif quand j'ai commencé à écrire ce petit Traité. Je voyais que les auteurs de la loi du 5 brumaire an 4, qui ont rendu àlaFrance une instruction publique dès qu'ils lui ont eu donné une constitution, avaient établi une chaire de grammaire générale dans chaque école centrale : je comprenais par là qu'ils avaient senti que toutes les langues ont des règles communes qui dérivent de la nature de nos facultés intellectuelles, et d'où découlent les principes du raisonnement ^ qu'ils pensaient qu'il faut avoir envisagé ces règles sous le triple rapport de la formation , de l'expression, et de la déduction des idées , pour connaître réellement la marche de l'intelligence humaine, et que cette connaissance non-seulement est nécessaire à l'étude des langues, mais encore est Içi seule base solide des
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sciences morales et politiques dbnt ils voulaient avec raison que tous ks citoyens eussent des idées saines^ /^inon pîro fondes; qu'en conséquence leur intention était que, sous ce nom de grammaire générale, on fît réellement un èoUrè d'idéologie, de grammaire, et de logique, qui, en enseignant la pkilosophie dii langage, servît d'introduction au cours de morale privée et publique.
Mais la loi ne pouvait ni ne devait entrer dans ces détails. Les règleiAené d'exécution n'étaient point faits ; et je croyais que la plupart des citoyens ne savaient pas ce que l'on voulait faire apprendre à leurs enfans, que beaucoup 4e professeurs mêmes ne se faisaient pas line idée êomplète de l'enseignement qu'on attendait de leur zèle. D'ailleurs^ quand ils ^a:u^raient vu nettement, ïh n'avaient aucun livre qui pût leur servir çonstamhierit de guidé. Je crus donc que jèfeais uhe clioae utile de leur of-