‹ Élémens d'idéologie. [electronic resource]Chapitre 72 sur 192 · CHAPITRE IX. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. l

point, qu'une vertu résistante, je me suis servi de deux mois abstraits que nous sommes habiles à employer comme des êtres réels, afin de rendre ma pensée presque sensible. J'ai voulu rendre manifeste que nous sentions uniquement que nous avions une volonté et que quelque chose lui résistait, et que nous ne savions rien de plus j mais je n'ai pas prétendu établir que nous crussions être un point mathématique, ni que nous nous fissions une idée d'une vertu quelconque existante sans appartenir à aucun être : cela est impossible. C'est pourquoi, en même -temps que nous découvrons la propriété d'être étendu dans ce qui résiste à notre volonté, nous la découvrons dans notre moi qui sent ; il s'étend et se répand, pour ainsi dire, dans toutes les parties par lesquelles il sent et qui se meuvent à son gré. Nous apprenons Tétendue de notre corps comme celle des autres corps, et nous la circonscrivons par les mêmes moyens. Il est même vraisemblable que c'est la premiire dont nous nous apercevons; car le corps qui nous appartient ne difiere des autres, à notre égard, qu'en ce que c'est par lui que nous sentons j du reste , il fait comme

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eux résistance à nos moûvemens 5 et il paraît bien que quand un de nos membres s'appuie et frotte contre un autre, la double sensation que nous recevons dans la partie qui se meut et dans celle qui résiste, doit nom donner plus d'avantage pour reconnaître ce qui arrive dans cette occasion, que quand il s'agit d'un corps étranger quine nous rend rien. Cette conjecture tirerait une nouvelle force de l'examen physiologique de la manière dont s'opère nos sensations, et de la correspondance qui existe entre les divers organes de la sensibilité ; mais ce n^est pas ce dont il est question actuellement : nous y reviendrons quand il en sera temps. Poui^ le moment, il suffit d'avoir expliqué ce que' c'est que l'étendue dé notre corps et des autres, et montré que nous ne la connaissons que par l'effet combiné de la mobilité et de l'inertie des corps.

L'étendue, dans ce sens, est une propriété des corps; mais nous donnons souvent une autre signification au mot étendue. Lorsque ïious en faisons le synonyme du mot espace, il exprime uiie autre idée; il semble alors que ces deux termes, étendue, espace, représentent un être réellement existant. Ce

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