CHAPITRE IX
nus sont poreux; ainsi la porosité est encore une propriété générale des corps ; elle est une conséquence de l'étendue , mais elle n'ea est pas une conséquence nécessaire ; car oa peut très-bien concevoir un corps dont les parties ne laisseraient aucun intervalle entre elles. Si cela n'arrive jamais, il faut sans doute qu'il y ait quelque raison 3 mais elle nous est inconnue.
Les corps son t donc poreux ; mais ils pourraient ne pas l'être , au moins suivant nos moyens de les connaître. Au contraire, il faut absolument qu'ils soient étendus pour .que nous les connaissions, puisque nous ne les connaissons que parle mouvement. Dès qu'ils sont étendus , il est nécessaire qu'ils soient impénétrables ,; et c'est cette impénétrabilité qui fait que l'un résiste au mouvement de l'autre, ce qui constitue l'inertie, et que irauti"^ icommunique de son mouv<e^ ment à celui-là , ce qui constitue l'impulsioa. Tel est renchainement des propriétés prin-^ çipales que nous découvrons daias les corps, à partir du premier moment où nous sommes conduits nécessairement à juger qu'ils existent. Je vais maintenant expliquer comment nous apprécions et mesurons ks uns par les
autres les effets sensibles de ces propriétés, et cette explication me fournira de nouvelles preuves que c'est bien ainsi que nous apprenons à les connaître, et que j'ai bien démêlé ce qu'elles sont pour nous.
Auparavant, observons que ce que j'ai dit de l'inertie de la matière ne signifie pas du tout qu'elle soit essentiellement passive et qu'elle ait besoin, pour être mue, d'un principe d'action étranger à elle, ni même qu'elle ait plus de tendance au repos qu'au mouvement. Je trouve, au contraire, que les faits conduisent à une conclusion opposée; car, quand même on ne regarderait pas la production des êtres animés comme une démonstration suffisante que l'activité est propre à la matière et inhérente à sa nature , et qu'elle ne fait que se manifester par l'organisation, on ne peut au moins nier que l'attraction ne soit une tendance au mouvement existante à tous le^ instans dans toutes les particules de la matière. J'entends ici par le terme général d'attraction, non-seulement la force de gravitation en vertu de laquelle tous les corps célestes pèsent les uns sur les autres, et tous les corps terrestres pèsent vers le centre du globe , mais encore toutes