CHAPITRÉ X
ïrttervallè est toujours le même; c'est k temps que la terre met à tourner siir son axe; c'est, par conséquent, le temps qu'un point de son équateur emploie à parcourir la totalité de ce grand cercle de la sphère. Ainsi voilà une durée, un mouvement et une étendue qui sont toujours les mêmes et qui se correspondent toujours exactement. Voilà la véritable unité qui peut servir et qui sert de terme commun de comparaison pour la mesure de ces trois espèces de quan^ tité. Il ne reste plus qu'à voir comment nous l'employons pour évaluer chacune d'elles. [ Pour l'étendue, nulle difficulté, nous l'avons déjà vu. Cette propriété des corps a exclusivement à toute autre le précieux avantage d'être suscepiible de la division la plus commode, la plus durable, la plus précise, la plus distincte, la plus constante, la plus inaltérable , en un mot , la plus inaccessible à toute cause d'erreur. Aussi rien n'est-il plus aisé que de la mesurer : on en |ïrend une portion quelconque et ion y rapporte toutes les autres. Il est avantageux et satisfaisant que cette portion soit une frac^ lion connue de la circoriféreoce ûu globe -terrestre ; cela sert à pouvoir la retrouver
i8ô idéologte;
toujours si rétalon en était perdu; maïs quand elle serait de pure convention , elle pourrait toujours servir de mesure.
Pour la durée , c'est, comme nous l'avons dit , par l'intermédiaire du mouvement qu'on rapporte ses parties aux parties de l'étendue; et , dans tous les mouvemens possibles , c'est celui de la terre sur son axe qui sert de type. Ainsi une heure, un siècle, une minute, ne sont autre chose que tant de milliers de lieues parcourues par un point de l'équateur de la terre dans sa révolution diurne. Que les mouvemens plus ou moins accélérés de toutes nos machines à mesurer le temps ne vous fassent donc pas illusion; l'étendue qd^ils parcourent sert, comme nous l'avons dit, à constater qu'ils sont faits; mais qu'elle soit plus ou moins grande , cela est fort indifférent, parce qu'elle ne sert pas directementde mesure, mais seulement à rapporter le mouvement qu'elle constate à la mesure commune de toute durée, le mouvement de la terre sur son axe. C'est pour cela qu'une heure est également représentée et mesurée et par l'aiguille qui fait le tour du cadran pendant ce temps , et par celle qui n'en fait que la douzième partie, et par celle qui le par-
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court soixante fois tout entier; car qu'est-ce qu'une heure? c'est la vingt-quatrième partie de la révolution de la terre , c'est la vingtquatrième partie de sa circonférence parcourue par an des points de sa surface; ainsi tout mouvement qui s'opère vingt- quatre fois pendant la durée d'un jour, marque exactement une heure, quel que soit l'espace qu'il parcoure. Peu importe la grandeur du cadran de ma montre ; elle n'est destinée qu'à m'apprendre que chaque fois que telle aiguille en a fait le tour, la terre a effectué la vingt-quatrième partie de sa révolution ^ un point de l'équateur a parcouru tant de millions de mètres. Nous voyons donc comment la durée est mesurée par le mouvement, et comment il la rend appréciable avec exactitude , parce qu'il rapporte à une quantité invariable d'étendue le temps qui sert de terme de comparaison à tous les autres. Cela nous fait déjà apercevoir aussi comment nous mesurons parfaitement le mouvement lui-même malgré ses innombrables variétés. C'est ce qui nous reste à développer.
lia mobilité est une propriété des être& qui diffère essentiellement de la durée, en.
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ce point qne, parmi les êtres possibles , elle ne peut appartenir qu'à ceux que nous appelons corps, c'est-à-dire à ceux qui sont étendus ; car des êtres qui n'auraient aucune étendue, s'il nous était possible d'en concevoir de tels, n'occupant aucun lieu^ ne pourraient en changer.
Le mouvement est l'exercice de la prd-' priété appelée mobilité; c'est un effet des corps comme la couleur ou la saveur ; je ne dis pas comme l'attraction (i), l'inertie ou l'impulsion; car de ces trois choses, les deux premières ne consistent qu'en tendance ou en résistance au mouvement, et la troisième n'est que sa communication; ainsi elles ne soiit que des dépendances du mouvement, et leur intensité ne s'évalue que parle moyen du mouvement qu'elles produisent ou empêchent : ce sont donc des sujets de considérations secondaires. Mais ici c'est le mouvement lui-même qui nous occupe. Comment
(i) Je comprends toujours sous ce mot générique, non-seulement la gravitation céleste et la pesanteur terrestre, mais encore toutes les attractions et affinités particulières, en un mot, toutes les tendances quelconques d'un corps vers un autre.