‹ Élémens d'idéologie. [electronic resource]Chapitre 81 sur 192 · CHAPITRE X. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. l

se mesure-t-il? voilà la question qu'il s'agil de résoudre.

On voit d'abord que cet effet des corps appelé mouvement, est parfaitement représenté par cet autre effet des corps appelé étendue; car puisque la propriété d'être étendu n'est pour nous que la propriété d'être parcouru par le mouvement, les parties de rétendue répondent très-bien et trés-^ exactement aux parties du mouvement fait pour les parcourir. Ainsi la quantité d'étendue parcourue constate rigoureusement la quantité de mouvement fait.

Je dis que l'étendue constate et représente très-bien lesmouvemens faits, mais non pas qu'elle mesure le mouvement; car, il ne faut jamais l'oublier, mesurer une chose quelconque, c'est la rapporter à une quantité de cette même chose qui est connue et déterminée, et qui sert de terme de comparaison, de mesure. Le mouvement ne saurait être excepté de cette règle générale 5 on ne peut pas plus, quoiqu'on en dise, mesurer du mouvement avec de l'étendue ou de la durée, que celles-ci avec des valeurs ou des poids. Mesurer le mouvement, évaluer son intensité, n'est et ne peut être que le rap-

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porter à un mouvement dont l'énergie soit connue : c'est ce qu'on appelle déterminer sa vitesse.

Les mathématiciens disent cependant que la vitesse d'un mouvement est le rapport entre l'espace parcouru et le temps employé ; mais on devrait leur demander d'expliquer quel rapport ils peuvent découvrir entre deux choses d'une nature aussi différente, et par conséquent aussi incommensurables que l'étendue et la durée, et comment il se fait que ce rapport soit l'expression e:^acte de la mesure d'une troisième chose totalement difFérenle des deux premières. Ils prétendent qu'ils trouvent l'expression de cette vitesse en divisant l'espace par le temps 5 mais je leur demanderai comment ils s'y prennent pour diviser l'une par l'autre deux, quantités concrètes d'espèces différentes, et trouver au quotient une quantité d'une troisième espèce - car ils savent bien qu'on ne peut diviser une quantité concrète quelconque que de deux manières, ou par une quantité de même espèce, ce qui donne pour quotient un nombre abstraifqui exprime combien de fois le diviseur est contenu dans le dividende; ou par un nombre

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