CHAPITRE X. ao
ciu-e les mesures les plus exactes et les rapports les plus précis ; mais il aurait du ajouter que cela n'est vrai que lorsqu'il est employé à la connaissance de l'étendue ; car les sensations des piqûres, des brûlures, du froid, du chaud, des frotteraens, des chatouilleraens, et bien d'autres sont aussi des perceptions que nous devons au sens du toucher ; et il n'est pas plus aisé d'évaluer l'intensité de ces sensations, et d'établir des rapports exacts entr'elles , que lorsqu'il est question des sensations de couleurs, de saveurs, ou d'odeurs, que nous
à celles des afRnités vaincues ; et à force de tâtonnemens ils sont parvenus à ce que les nombres assignés aux difFérens acides ne représentassent pas mal, au moins dans beaucoup de cas , les degrés de puissance de ces acides. Mais dans le fait, faute de trouver des mesures exactes de ces degrés de puissance, ils ne peuvent pas se servir de ces nombres pour les calculer rigoureusement ; et ils sont trop éclairés pour l'entreprendre , et pour croire que l'emploi de ces chiffres donne un nouveau degré de justesse à leurs belles observations, et de sûreté à leurs excellens raisonneluens.
Une quantité quelconque est donc calculable à pfoportion qu'elle est réductible directement ou indirectement en mesures de l'étendue, car c est-là la pro- 5priété des êtres la plus éminemment mesurable.
devons à d'autres sens. Ce métaphysicien aurait donc bien fait de remarquer, si toutefois il s'en est aperçu , que ce n'est pas le toucher qui est un sens vraiment géométrique, mais bien l'étendue qui est une propriété éminemment métrique, c'est-à-dire mesurable : cela aurait eu un sens plus clair et plus instructif. J'observerai à cette occasion que, si les mots étaient bien faits, la science de l'étendue ne s'appellerait pas géométrie, qui veut dire mesure de la terre, ce qui ne convient qu'à l'arpentage, mais bien cosmométrie , puisqu'elle sert à mesurer le monde entier, ou mieux encore métrie tout simplement, puisque de toutes les sciences, c'est celle qui jouit le plus complètement de l'avantage de posséder des mesures parfaites, et d'en fournir aux autres.
J'ai beaucoup insisté sur cette propriété de l'étendue, parce qu'elle n'a pas été assez remarquée jusqu'à présent 5 qu'on n'a pas encore fait voir nettement en quoi elle consiste- qu'on n'a pas imaginé d'en déduire la cause du degré de certitude des diverses sciences, et qu'en général on a été porté à attribuer ce plus ou moins de certitude à