‹ Élemens de chimie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 17 sur 118 · II. ACIDE SULFUREUX · texte numérisé non relu

II. ACIDE SULFUREUX

Lorsque le soufre brûle dans le gaz oxigène ou dans l'air libre, il se combine avec le gaz oxigène et produit un gaz incolore, caractérisé par une saveur désagréable et par l'odeur particulière et suffisamment connue du soufre en combustion. L'acide sulfureux excite à tousser et suffoque les animaux qui le respirent en grande quantité; pris à plus petite dose il est d'une parfaite innocuité. Lorsqu'on fait chauffer l'acide sulfurique avec différens métaux, par exemple avec le cuire, le mer-

ïçure ou l'argent, une moitié de l'acide cède le tiers de -son oxigène aux métaux, et l'acide sulfureux qui en résulte se dégage à l'état gazeux.

, 100 mercure. /. cc t .„„ AmM„ f 39, 6 ac. suif, dont l'oxig. a'S,7.

5 1,8 souf.

. 97 ac. sulfj47,4 mig^=hitj acide sulfureux dont l'oxigène \5,8.

(17,8 eau.

^i 7,8 eau.

La manière la plus commode de préparer l'acide sul- : fureux consiste à verser un excès d'acide sulfurique i dans un matras contenant du cuivre ou du mercure et i à échauffer le mélange au-dessus de la lampe à esprit-de- • vin. On commence par faire entrer l'acide sulfureux dans un récipient et de là on le dirige sur du chlorure i de calcium pour le dessécher. L'appareil qu'on emploie i est semblable à celui qui sert à préparer le chlorure de soufre (p. 67, 1. 1). L'acide sulfureux contenant néanmoins toujours un peu d'acide sulfurique, on ne peut appliquer 1 ce procédé que dans les cas où l'on n'a pas besoin d'un acide sulfureux chimiquement pur. On l'obtient dans cet état en faisant chauffer un mélange de soufre et de peroxide de manganèse. Suivant que l'on prend pour une partie de soufre, 5 V2 parties ou i 1/5 partie de peroxide de manganèse, il reste du protoxide ou du sulfure de manganèse.

i oo soufre ( i 99,4 ac. suif, dont l'oxigène 99,4.

554,4 perox. de mang.=J355>7 manS-=) 6 {198,80x1g. '|

' 455,1 pr. dem. » D9>4-

100 soufre (■ (5o souf.

i„ \ go, 7 acides sulfur. =<,

89,1 mang.^J ™" 49,7 0x1g.

49'7 0Ï,8- AsS^sulf.demang.^g.imang.

v. ? 0 5o souf.

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L'acide sulfureux préparé de cette manière entraîne un peu de soufre qu'il dépose cependant sans difficulté; comme il est absorbé par l'eau, il faut le recueillir sur le mercure. Refroidi jusqu'à environ — 200, il se liquéfie, comme on peut s'en convaincre facilement en faisant passer le gaz, à mesure qu'il se développe, à travers un tube entouré de neige et le dirigeant dans un vaisseau placé au milieu d'un mélange de chlorure de calcium et déneige. L'acide sulfureux liquide qu'on obtient ainsi, est très fluide et parfaitement incolore, sa pesanteur spécifique est de 1,-^2 et son point d'ébullition à — io°. Si l'on veut le conserver en plus grande quantité , il faut après en avoir opéré la condensation dans un verre épais, boucher celui ci avec soin, tandis qu'il plonge encore dans le mélange réfrigérant, et ficeler le bouchon,* car à i5° la pression de sa vapeur équivaut déjà à trois atmosphères. La manière la plus commode de le conserver consiste à refroidir le gaz dans une boule e (Jig. 9) soufflée au milieu d'un tube, et à fermer les deux bouts du tube au moyen du chalumeau ou d'une lampe à esprit-de-vin, pendant que la boule e se trouve encore dans le mélange. Gomme l'éther qui bout à 32° développe déjà un froid très intense en s'évaporant, il est évident que l'acide sulfureux liquide doit produire ce phénomène d'une manière beaucoup plus saillante. Lorsqu'après avoir entouré de coton la boule d'un thermomètre, on y verse l'acide goutte à goutte, le mercure se solidifie. Un thermomètre à alcool indique — 570 lorsqu'on y laisse tomber de la même manière des gouttes d'acide sulfureux , et descend même jusqu'à — 68°, si l'on opère sous la cloche de la machine pneumatique et qu'on fasse constamment le vide. Il va sans dire que

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pour ces expériences la température de l'air doit être • également basse.

On obtient l'acide sulfureux dissous dans l'eau (p. 4°4i t. i) en conduisant dans ce liquide le tube d'où il se déi gage. L'acide sulfureux sec mis en contact avec du chlore , idu brome ou de l'iode, n'éprouve pas de changement; s si l'on ajoute de l'eau, celle-ci se décompose à l'instant : ?son hydrogène se porte sur les substances et son oxi- . gène transforme l'acide sulfureux en acide sulfurique. 1 L'oxigène et l'acide sulfureux n'agissent pas non plus l'un sur l'autre par la voie sèche, mais se combinent i ensemble quoique lentement , si on les conserve sur I l'eau. L'acide sulfureux décolore plusieurs substances végétales et animales, soit qu'il détruise la couleur en enlevant de l'oxigène à la matière colorante , soit qu'il donne des combinaisons incolores en s'unissant avec la même matière tout comme la couleur rouge de Torseille , par exemple , donne des combinaisons bleues avec les alcalis. Ce dernier cas paraît se présenter pour la rose; en effet, si l'on traite par l'acide sulfurique une rose blanchie par l'acide sulfureux, cet acide se trouve expulsé et la rose reprend sa couleur primitive. Le premier cas a lieu dans le blanchiment des étoffes de laine.

Le blanchiment au moyen de l'acide sulfureux se fait dans des chambres particulières , dans lesquelles on place des vases avec du soufre allumé, après y avoir suspendu les étoffes mouillées sur des bâtons , et dont on ferme ensuite avec soin toutes les ouvertures : l'eau avec laquelle on a imbibé les étoffes absorbe l'acide sulfureux produit par la combustion et en favorise l'action sur les étoffes. On emploie des fumigations d'acide sulfureux contre la gale et d'autres maladies de la peau

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en arrangeant les appareils de manière que la tête du malade sorte librement et qu'il ne soit pas obligé de respirer de l'acide sulfureux.

L'acide sulfureux n'a qu'une très faible affinité pour les bases. La plupart des acides, par exemple, les acides sulfurique, nitrique, hydrochlorique, le chassent de ses combinaisons; en revanche il expulse l'acide carbonique, de manière qu'on se procure les sulfites par la décomposition des carbonates. Comme on a besoin de beaucoup d'acide sulfureux pour obtenir les sulfites en quantités suffisantes, on décompose l'acide sulfurique avec du bois , dont l'oxigène et l'hydrogène forment de l'eau et dont le carbone prend à l'acide sulfurique un tiers de son oxigène, de manière que tout l'acide sulfurique se décompose et qu'il en résulte de l'acide carboniqne, de l'acide sulfureux et de l'eau. On peut employer le même moyen pour préparer l'acide hyposulfurique. On remplit à moitié de petits copeaux de bois un matras a Ç/îg. 10) placé dans un bain de sable, et après y avoir versé de l'acide sulfurique, on le ferme avec un bouchon percé de deux trous. Par l'un des trous on fait passer un tube qui conduit les gaz dans un flacon i avec de l'eau , d'où ceux-ci se rendent dans un vase plus grand II au moyen d'un second tube^. Par l'autre trou du bouchon passe un tube / recourbé deux fois et terminé en entonnoir, au moyen duquel on introduit l'acide sulfurique qui intercepte la communication avec l'air extérieur. Si par quelque hasard le tube de conduite venait à se boucher, le gaz pourrait sortir par le tube à entonnoir; et si un refroidissement s'opérait dans l'appareil, la liqueur dans laquelle plonge le tube de décharge ne saurait rentrer dans le matras, supposé que la hauteur de ce tube à

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apartir du niveau du liquide h , c'est-à-dire , de u en fy ,soit deux fois aussi grande que la distance de la cour- Ibure inférieure du tube / à la courbure supérieure : en oeffet, dès que l'eau s'est élevée assez dans le tube de ddécharge pour balancer l'acide sulfurique, si la pression vient à diminuer encore dans le matras, l'air extérrieur pousse l'acide sulfurique dans le matras et entre j par le tube à entonnoir. Comme le succès de l'opération est assuré au moyen d'un tube pareil, on a coutume de l'appeler un tube de sûreté. Sur le bouchon on verse Ide la bouillie de gypse (du gypse anhydre gâché avec Jde l'eau) qui, après quelque temps, se solidifie et produit une fermeture parfaitement hermétique. Pour pou- \ voir verser cette bouillie facilement et en une couche : très épaisse autour du bouchon , on roule autour du col du matras une bande de papier qu'on lie solidei ment , et l'on fait couler la bouillie dans le cornet (fig. n) formé ainsi au-dessus du bouchon; on retire le papier dès que le gypse est devenu solide. Quand le matras a atteint la température convenable, il se développe d'une manière très régulière un mélange d'acide carbonique et d'acide sulfureux. En conduisant ce mélange [ gazeux dans une dissolution de carbonate de potasse, de carbonate de soude ou de carbonate d'ammoniaque, on détermine la formation de carbonates acides et de ■ sulfites 5 l'acide sulfureux finit cependant par expulser i complètement l'acide carbonique. Comme il en résulte une vive effervescence , on doit conduire le tube de décharge dans un vase en verre spacieux, pour le mettre en contact avec la dissolution des carbonates. Le sulfite i de soude cristallisant très bien , peut s'obtenir le plus i facilement exempt d'acide sulfurique et s'applique le

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mieux à la préparation des combinaisons insolubles dans l'eau.

L'acide sulfureux se combine avec la potasse en deux proportions pour former un sel neutre et un sel acide ; mais avec les autres bases il ne produit que des sels neutres. Les sulfites alcalins neutres bleuissent les couleurs végétales rouges. Les sulfites de potasse, de soude et d'ammoniaque sont facilement solubles; les sulfites de baryte , de strontiane et de chaux , comme la plupart des autres sulfites , sont insolubles dans l'eau , mais solubles dans une dissolution aqueuse d'acide sulfureux ; le sulfite de baryte est même un peu soluble dans l'eau. Quelques oxides métalliques, par exemple l'oxide d'or , se réduisent déjà à la température ordinaire au moyen de l'acide sulfureux, qu'ils transforment en acide sulfurique; d'autres, tels que ceux d'argent et de mercure, le font lorsqu'on les échauffe avec cet acide; d'autres, tels que les deutoxides de fer et de cuivre, ne perdent qu'une partie de leur oxigène et se changent en protoxides de fer et de cuivre. Les sulfites n'offrant que peu d'intérêt, il se présentera rarement dans la suite une occasion d'en parler.

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